29 avril 2016

Humeur : Laissez-nous nos livres !

laissez nous nos livres

 

Voilà, c'est un coup de gueule que je voulais pousser depuis un moment. 

Ca a commencé avec l'adaptation de Nos étoiles contraires. Je remets les choses dans leur contexte : je suis enseignante, une déformation professionnelle fait que, quand j'ai lu et aimé un livre jeunesse, j'ai envie de le faire lire à mes élèves. Voire, je dois leur faire lire des choses (se référer à mes articles sur la lecture cursive). Et ce n'est malheureusement pas un cliché de dire que la lecture n'est pas une activité spontanée, en tout cas pour les adolescents que je connais. Les images, télévisées, cinématographiques, Youtubisées, jeuxvidéosées, constituent une rude concurrence. Donc, proposer dans une liste de lectures obligatoires un titre qui a été adapté en film, c'est risqué. C'est surtout très frustrant et décevant de se dire que l'élève est passé à côté d'un roman formidable, quelle que soit d'ailleurs la qualité de l'adaptation. On sait tous que Harry Potter en films, par exemple, ce n'est pas pareil, ne serait-ce parce qu'aucun film commercialisable en salles ne peut égaler les 850 pages du tome 6. Et que, bien sûr, la psychologie des personnages prend un sacré coup avec le passage sur écran. Alors, même si je ne suis pas une inconditionnelle de Nos étoiles contraires en livre (que je trouve en dessous des autres romans de John Green, lire ici), l'écriture de John Green reste à part dans la littérature jeunesse, et elle vaut la peine d'être découverte. Si elle peut rendre les jeunes lecteurs accros et leur donner envie d'enchaîner avec Alaska ou Will and Will, c'est parfait. Mais le film n'aura pas ce pouvoir-là. Il met en avant l'histoire, les personnages, mais rien ne pourra rendre le style de l'écrivain. (Et je ne vous dis pas comment j'étais déprimée en voyant les affiches pour La face cachée de Margo.)

J'avais déjà rencontré ce problème avec les contes. Difficile d'en trouver que les élèves ne connaissent pas par le biais d'un Disney ou d'une autre production animée ; cela restait le cas du Magicien d'Oz, jusqu'à ce que Disney s'en empare aussi. Alors, là encore, même si ces adaptations dénaturent, voire revisitent entièrement le conte initial, cela n'empêche pas de donner aux élèves l'impression de connaître, et donc, de leur ôter l'envie de lire "la même chose" sans les images. (Voire, de les faire protester catégoriquement que ce qu'on leur fait lire, ce n'est "pas la vraie histoire".)

J'en étais là de mes considérations lorsque je suis tombée en librairie (c'était il y a plus d'un an) sur l'un des livres fétiches de mon adolescence, Le passeur, de Lois Lowry, avec un bandeau : Maintenant au cinéma !

Alors là, c'était trop ! Pas lui, pas ce chef-d'oeuvre de roman d'anticipation avec son univers tellement étrange ! Tout le principe repose sur les souvenirs que le passeur transmet à Jonas, le héros, pour qu'il devienne à son tour le dépositaire du passé de l'humanité. Comment peut-on mettre des images là-dessus, puisqu'il s'agit de pensées ? Comment transmettre à l'écran les souvenirs sensoriels tellement importants pour Jonas, lui qui vit dans un monde où la douleur comme le plaisir physique n'existent tout simplement pas ? Impossible ! 

Qu'on s'entende bien, je ne dis pas que ces films sont forcément mauvais. Pour être parfaitement honnête, je n'ai pas vu ces adaptations dont je parle (sauf Harry Potter, et encore, pas toutes). Parce que j'en ai fait le choix. Mais nos ados, plongés qu'ils sont dans ce monde d'images, et pris dans la pression du groupe, ils ne l'ont guère, ce choix. 

Et puis tout ça me questionne. Les scénaristes seraient-ils arrivés à bout de souffle dans leur imagination ? Mais alors, pourquoi les romanciers ne le sont-ils pas ? N'y aurait-il pas là, plutôt, une énorme paresse intellectuelle, doublée d'une course à la rentabilité ? Pas besoin de créateur, il suffit de regarder les chiffres des ventes littéraires, on contacte l'auteur, et paf, un film. Sauf que le danger est grand : le cinéma comme la littérature sont en train de perdre leur statut d'art à part entière. Ils deviennent des formes d'expression réduites à leur fonction narrative, et à un unique rôle de divertissement. S'il y a une histoire, peu importe qu'elle soit en mots ou en images. Que devient alors le pouvoir du style ? Il existe, pourtant, que ce soit dans l'écriture ou dans la réalisation. Et on est en train de le nier complètement. Pour rester dans la problématique de la jeunesse, on est en train de faire croire à nos adolescents, encore une fois, que tout se vaut. C'est le même problème que je rencontre lorsqu'une illustration présente en marge du texte que j'étudie avec les élèves mobilise davantage leur attention que le texte en lui-même. J'ai un mal fou à leur faire comprendre qu'il s'agit de deux oeuvres différentes, chacune avec leur spécificité et leurs qualités, mais que l'une ne remplace pas l'autre. C'est aussi, j'ose aller jusque là, le même problème que le langage : un mot pour un autre, deux orthographes différentes, pour les élèves, peu importe, "c'est pareil". 

Je rêve donc qu'à l'avenir, les écrivains fassent des livres, les réalisateurs des films, les peintres des tableaux, les photographes des photos, et que l'art continue à grandir parce qu'il n'est pas un, mais multiple. 

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27 mars 2016

Que lisent Anakin, R2D2 ou Chewbacca ?

        

Eux aussi ils lisent

 

Bon, la folie Star Wars est un peu passée, on est tous - ou pas - allés voir le numéro 7, on a tous - ou pas - été déçus, je ne reviendrai pas là-dessus.

Mais je reviendrai en revanche sur cet article très rigolo de la Médiathèque Départementale de la Loire, sur le thème "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es", ou comment entrer dans la tête des héros de notre saga préférée, tout en piochant des idées d'emprunts à la bibliothèque !

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que Palpatine a puisé ses théories chez Machiavel, mais saviez-vous que le livre de chevet de Luke était Pourquoi j'ai mangé mon père ? Qu'Han Solo ne serait rien sans L'invention de la drague, de J.C. Bologne ? Ou que Padmé attendait le retour d'Anakin avec Attendre et élever des jumeaux (bon, les élever, ça a loupé, pas de chance) ?

Je vous laisse découvrir ce petit moment de marrade sur le site de la MDL : clic.

En passant, allez faire un tour du côté de leurs dossiers thématiques, variés et actuels : re-clic.

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13 août 2014

Disney/Pixar : Rebelle

Un article très mal classé, me direz-vous, et qui ne devrait même pas avoir sa place sur le blog. C'est vrai, "Du livre au film", c'est mal choisi, car ce dessin animé-là est justement l'un des rares Disney à être créé à partir d'une histoire originale. Pas la peine, donc, de chercher un conte de fées, un mythe, un quelconque récit légendaire nommé Rebelle, ni même Brave, le titre anglais. Mais il serait faux, à mon sens, de dire que ce film d'animation n'a aucune source littéraire. Cela dit, si je plume à son sujet, c'est pour deux raisons principales : la première, c'est que le personnage de Mérida devrait normalement avoir sa place dans une comédie musicale que je co-monte à la rentrée avec quelques collègues de mon établissement (spectacle sur le thème du héros au fil du temps) ; la deuxième, c'est que l'histoire parle d'ours. Et, comme vous le savez si vous avez lu mon article précédent, les ours, c'est mon nouveau kif. Particulièrement si ce sont des ours-hommes, ou des enfants-ours, ou des femmes-ourses, ou quelque chose de ce style. 

Commençons par un rapide avis sur ce film : bien mais pas top. Je suis d'accord avec la plupart des critiques ciné qu'on trouve ici et là : des images somptueuses, un graphisme irréprochable, mais un scénario plat. Pas un chef-d'oeuvre qu'on retiendrait au même titre qu'un film de Michel Ocelot, d'Hayao Miyazaki, ou tout simplement d'un Pixar comme Wall-E

Et c'est d'autant plus frustrant qu'il y avait une idée, une vraie, une belle ; en tout cas, une idée qui m'enthousiasme mais dont la mise en oeuvre me déçoit. 

Cette idée, c'était de faire un dessin animé sur la crise d'ado, se déroulant au Moyen Âge. Une idée qui paraît tout à fait anachronique mais tout à fait réjouissante. Et qu'on retrouve un peu dans le résultat final : par exemple, j'ai trouvé très naturels et réalistes les "Mamaaaan !" répétés d'une Mérida excédée, qu'on imagine très bien dans la bouche de n'importe quelle fille de dix à seize ans. Mais les producteurs et scénaristes ont surtout voulu mettre le paquet sur le côté "princesse atypique", réflexion sur la place de la fille, notamment dans le milieu seigneurial de l'époque. Sauf que, ça, pour moi, ça n'a rien d'original. Des héroïnes qui prennent le pouvoir sur les héros, on en trouve à la pelle, et ce n'est pas parce que celle-ci a des cheveux roux que ça change radicalement la donne : pour moi, Mérida ressemble à des tas d'autres héroïnes de dessins animés ou de films pour enfants. 

Donc le début du film, malgré les paysages magnifiques et la technique impeccable utilisée pour faire danser la chevelure de feu de notre jeune rebelle, m'a laissée de marbre. Mais - attention, spoiler - la suite m'a séduite. Ce que je ne savais pas, parce qu'aucune critique n'en parle (pour ne pas spoiler, justement), c'est que, pour tenter de faire changer d'avis sa mère sur le mariage forcé, Mérida demande un sortilège à une sorcière ; mais ce sortilège possède un effet secondaire, qui n'est rien moins que la métamorphose de la mère en ourse. Donc, oui, elle a changé, mais pas comme ce que Mérida attendait ! La mère et la fille doivent s'enfuir du château, pour échapper au roi et à ses compagnons, car l'ours est un animal redouté et chassé, et pour tenter de retrouver la sorcière et d'annuler le sort. Bien sûr, cela est plus long que prévu. Fille et mère doivent donc cohabiter dans la nature, en pleine forêt. C'est donc la fille, qui a toujours aimé la nature et dont le côté sauvage a toujours déplu à la reine, qui va donc [ça fait beaucoup de "donc", non ?...] apprendre la survie à sa mère, fervente adepte des bonnes manières et des comportements civilisés. Il y a des moments plutôt drôles où le personnage de la mère-ourse semble ne pas savoir sur quel pied danser : elle se sent encore reine dans sa tête mais des réflexes bestiaux la prennent quand elle s'y attend le moins... Et il y a aussi des moments plus dramatiques, où ces réflexes bestiaux lui font oublier qui elle est et menacent la vie de sa propre fille. Mais, évidemment, ces pulsions seront finalement utilisées dans la bonne direction, par exemple pour protéger Mérida d'un autre ours vraiment sauvage qui rôde dans la forêt.

A la fin, la reine retrouve apparence humaine, et accepte que sa fille n'épouse un homme que quand elle y sera elle-même fermement décidée. Donc la reine a bel et bien changé : sa vie animale lui a fait comprendre tout un pan de la personnalité de Mérida, auquel elle ne voulait pas s'intéresser auparavant. En outre, Mérida a compris à quel point l'égoïsme et les coups de sang d'une adolescente pouvaient nuire à son entourage, du genre transformer sa mère en ourse. 

La belle idée dont je parlais, c'était donc d'utiliser un univers très riche en images et en symboles (on est dans une Ecosse médiévale où l'on peut trouver des ours, des sorcières, des pierres sacrées, des feux follets...) pour traiter d'un double thème : le premier, résolument moderne, celui de la relation entre mère et adolescente, et le second, intemporel, des interactions entre sauvage et civilisation dans la vie de l'homme. 

Ce que je trouve dommage, c'est d'avoir "gâché" cette belle idée, qui était certainement beaucoup trop riche pour ce que les studios voulaient en faire. On pourrait, je pense, en faire un très bon roman jeunesse, les images de synthèse en moins. J'invente donc une catégorie "Du film au livre" et propose aux écrivains de passage sur ce blog de relever le défi !...

Pour le plaisir des yeux, quelques images, quand même, parce que ça reste beau : 

 

Disney/Pixar "REBELLE" Clip "Fergus Shares A Legend" - VF - French Dubbed Version

 

 

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25 avril 2014

L'écume des jours

 

Un film à couper en deux : une première moitié qui ne m'a absolument pas touchée, puis une deuxième qui m'a beaucoup accrochée. 

A noter qu'on entend beaucoup moins Audrey Tautou dans cette deuxième partie, nécessairement : cela a certainement joué sur mon appréciation... Désolée, mais, après l'avoir aimée dans Amélie Poulain et adorée dans A la folie, pas du tout, là, je ne peux plus. 

Mais je vais tout de même proposer une explication un peu plus cinématographique et nuancée de cette différence, pour moi, entre les deux parties. 
La première tente de porter à l'écran l'univers archi-fantaisiste de Boris Vian. Pour cela, le réalisateur a utilisé toutes les possibilités du septième art : couleurs, sons, effets spéciaux, montage, mélange des genres. Mais... pffff. Comment rendre en image mobile les mots et les phrases de Vian, dont la poésie n'a d'égale que l'absurdité ? Comment tenir le rythme trépidant de cet humour hors du commun ? Michel Gondry a voulu, pour l'imiter, accumuler les images et les effets. Mais on frise l'indigestion : c'est trop, l'écran est saturé. Seules trois choses m'ont fait sourire (quand même) : la souris (plutôt sympathique), la tête d'Alain Chabat dans le frigo, et la scène du pompon à la patinoire. Bon. Ca ne fait grand-chose pour un début (je dis début, mais on en a bien pour une bonne heure en fin de compte). 
Autre phénomène de saturation : les acteurs. Alors, oui, on a un casting "de rêve" : du Romain Duris, du Audrey Tautou, du Omar Sy, du Gad Elmaleh... Mais, là encore : pffff. Ces acteurs portent trop de choses avec eux pour se fondre dans un univers lui-même déjà très intense. Dans cette première partie qui se veut clinquante et drôle, cela tourne à la compétition de gueules, à qui crèvera le plus l'écran. 
Puis le nénuphar arrive, et là... Tout change. Bizarrement, tout ce qui me semblait too much au début me paraît désormais fin et juste. Les acteurs gagnent à baigner dans un univers terne et oppressant. Audrey Tautou gagne à parler moins. Romain Duris gagne à sourire moins, tout comme Omar Sy. Le rythme gagne à être plus lent. La sensibilité entre enfin en scène. 
Et c'est dans les scènes finales de carnage, à la fois terribles et jouissives, que le talent du réalisateur me parle enfin. L'arrière-plan satirique est clair, mais en équilibre avec l'émotion. Autant j'avais du mal à ressentir la beauté et la gaieté dans lesquelles sont censées vivre Colin et Chloé au début, autant j'ai vécu en osmose avec le rétrécissement et l'enlaidissement de leur vie marquée par la maladie. 

Finalement, ce film valait le coup d'être vu, mais en oubliant, pendant la première heure, qu'il s'agit d'une adaptation. En ne cherchant pas à retrouver dans le film ce qu'on a pu éprouver à la lecture. Et en espérant secrètement qu'aucune autre oeuvre de Vian ne sera adaptée à l'écran, car une seconde expérience pourrait être fatale... 

Bande-annonce finale pour L'Ecume des Jours de Michel Gondry :

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09 décembre 2013

Du vent dans mes mollets : le film de Carine Tardieu (2012)

affiche Du vent dans mes mollets

Je vous avais promis un petit topo comparatif "livre/film" sur cette bande dessinée que j'ai découverte il y a peu (si, si, souvenez-vous). Eh bien, le voici ! 

J'ai été fort agréablement surprise de ce film dont je n'attendais pas grand-chose : la bande dessinée est si courte et d'une structure si particulière que je voyais mal comment on pouvait en tirer quelque chose de valable pour un long métrage. Mais le pari est remporté haut la main. La réalisatrice a su se frayer un chemin avec habileté dans les pages du texte d'origine. Ce n'est pas une transposition, mais bien une relecture, parfaitement adaptée aux acteurs, de sacrées pointures : Podalydès, qui ne vient pas de la Comédie française pour rien, Isabelle Carré, qui colle tout à fait à son rôle de maman solo un peu déjantée, et Agnès Jaoui, tout simplement parfaite, très juste, très émouvante surtout. Et bien sûr, les deux petits : Rachel, l'héroïne, et sa meilleure amie Valérie, débordantes d'une vitalité qui transperce vraiment l'écran. 

La thématique des séances de psy est un peu mise à distance, au profit d'incursions plus fouillées dans la vie familiale de Rachel, mais aussi de Valérie. Je me demandais comment il allait être possible de "mettre" dans le film le discours intérieur de Rachel qu'on lit dans la BD, avec tout ce qu'il a de corrosif, de mordant, de provoquant. Eh bien, le choix a été simple mais efficace : c'est sur les parents qu'a été reporté ce discours, et c'est avant tout sur eux que repose l'humour, bien présent, du film. D'autres thèmes, non traités (ou très peu) dans la BD, apparaissent alors : le mal-être du couple constitué par les parents de Rachel, le jeu de séduction entre son père et la mère de Valérie. A l'histoire d'une enfant mal dans sa vie et dans sa peau s'ajoute alors celle d'adultes tout aussi paumés et en quête de bonheur. L'ensemble est très beau, on passe sans problème du rire aux larmes (heureusement que je connaissais la fin, sinon je me serais noyée...).

DU VENT DANS MES MOLLETS - Bande-annonce VF

 

Bref, une très belle réussite, qui n'enlève rien au livre mais ajoute beaucoup au cinéma. 

14 février 2013

(Hélo) Ernest et Célestine

[Les lecteurs qui plument : seront signalés par cette mention les billets rédigés par mes lecteurs. C'est donc Hélo qui a la parole aujourd'hui.]

A la demande de La Petite Mu (qui plume), je vous gribouille quelques lignes sur deux héros de mon enfance, Ernest et Célestine. Quel plaisir quand je les ai vu réapparaitre dans mon rayon jeunesse ! Avec en plus un roman, et un film !

J'ai retrouvé avec bonheur les dessins de Gabrielle Vincent, chez Casterman. Des dessins tout doux, et des histoires itou.
J'étais un peu réticente sur le roman, puisque je n'accroche pas sur Pennac (crime de lèse -majesté parait-il !)
Et pourtant... l'histoire d'un ours et d'une souris qui deviennent amis, alors que non, non et non, ce n'est pas possible.
"Un ours et une souris ? Jamais ! Scandaleux !
Absolument interdit !"
Et pourquoi pas... ?

Voici la base de l'histoire ; Ernest l'ours, et Célestine la souris, chacun aux prises avec leurs congénères, se rencontrent, s'entraident, et deviennent même amis, envers et contre tout, et surtout tous. Emprisonnés et jugés, ils deviendront des héros malgré eux, et, ainsi graciés, se retrouveront enfin.

A lire à partir de 8 ans, mais pour de bons lecteurs quand même. A coup sûr, l'invasion du récit par l'Auteur, Ernest, Célestine, mais aussi le Lecteur amusera petits et grands ! Les explications de mots compliqués par l'Auteur et dans le texte, également.

Enfin le film, où l'on retrouve la patte de Gabrielle Vincent. Voici un dessin animé comme on n'a pas l'habitude d'en voir. De grands aplats de couleurs et de paysages, et les personnages qui s'animent sur ces fonds immobiles, et malgré tout terriblement vivants !
Et l'on retrouve, aux détours de l'histoire, quelques scènes qui évoquent bel et bien les albums premiers.

Pas de points négatifs me direz-vous. Et pour cause, je suis redevenue une vraie gosse, tant dans ma lecture que lorsque je suis allée voir le dessin animé. Un chouette cadeau de fin d'année !

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24 janvier 2013

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet : le film (1)

Si vous n'avez jamais entendu ce titre, dépêchez-vous d'aller lire la chronique de la petite Mu, et puis surtout de lire ce roman de Reif Larsen, car ce livre est un trésor. 

Un trésor tellement précieux et inépuisable que, comme je viens de l'apprendre, une adaptation cinématographique sortira dans nos salles en octobre 2013. Allociné en parle, ainsi que le site officiel de Jean-Pierre Jeunet, puisque c'est lui qui en est le réalisateur. 

J'attends de voir. Je suis très curieuse de voir ce que peut donner une adaptation filmique, donc forcément linéaire, d'une oeuvre qui, certes, raconte une histoire, mais fonctionne également beaucoup de manière statique. Plus clairement, je me demande bien comment Jeunet va pouvoir "rendre" à l'écran les nombreuses informations, scientifiques mais aussi narratives, contenues dans les marges du livre. Ma curiosité étant plus grande que mon scepticisme, j'irai sûrement voir ce film en salles. La présence d'Helena Bonham Carter, bien connue pour ses rôles loufoques, l'une des actrices fétiches de Burton, est un autre argument qui me touche. 

Pas de bande-annonce pour l'instant, puisque le tournage n'a même pas commencé... Rendez-vous sur ce blog en octobre !

(l'image que j'ai choisie vient du site de Jeunet, c'est une photo de l'un des décors, prise lors d'un repérage au Canada. L'endroit correspond bien à ce que j'avais en tête à la lecture.)

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22 janvier 2013

Le magicien d'Oz

Pourquoi, aujourd'hui, un message sur Le magicien d'Oz ? Parce que : 

1) je suis actuellement en train de l'étudier avec ma classe de sixième, et ce pour la troisième année consécutive. Et le plaisir que j'ai à le faire étudier semble, pour la troisième année consécutive, être partagé par mes élèves. 

2) dernièrement, j'ai été poursuivie par des références à cette histoire dans plusieurs de mes lectures. Notamment, les personnages de Maupin en parlent : Gabriel Noone dans Une voix dans la nuit, Micheal des Chroniques qui en est un grand fan, Cady dans Maybe the moon (le film dans lequel ce personnage a joué fait d'ailleurs furieusement penser au Magicien)...

3) l'actualité du débat sur le mariage gay me rappelle à l'esprit l'origine (supposée) du drapeau arc-en-ciel, qui pourrait venir de la chanson "Over the rainbow", dans l'adaptation filmée du livre - Judy Garland, l'actrice principale, étant d'ailleurs considérée comme une icone de la communauté homosexuelle. 

4) et puis parce qu'au détour d'une séance de cinéma, je suis tombée sur ça, à venir prochainement sur nos écrans : 

 

Tout ça, ça fait beaucoup ; en tout cas, suffisamment pour plumer à ce sujet. Je vais maintenant répondre à plusieurs questions. Les voici : 

Pourquoi travailler ce livre avec mes élèves ? 
Les programmes de sixième nous demandent de travailler sur le récit merveilleux, et de faire lire une oeuvre intégrale à nos élèves. Parmi les titres proposés, les Contes de Perrault, les Contes de Grimm, le Petit prince, Alice au pays des merveilles... Bon. D'accord. Mais, pour moi, c'était du vu et du revu, et, surtout, ces récits ont l'inconvénient majeur d'avoir presque tous été adaptés dans des dessins animés célèbres. Du coup, les élèves connaissent déjà l'histoire et (surtout en sixième) ne comprennent pas toujours l'intérêt de travailler sur un livre dont ils croient déjà tout connaître. 
Le Magicien d'Oz, c'est en fait l'un des (très) rares récits merveilleux que les élèves ne connaissent pas encore. Et ça, pour moi, ça constitue déjà une excellente raison d'étudier ce livre-là, et pas un autre. 
En plus, on le trouve en Librio à deux euros : un achat que les familles ne rechigneront pas à faire. Dans certains établissements, cet argument entre également en jeu. 
Quant à justifier l'intérêt pédagogique de ce récit pour l'objet d'étude "Contes et récits merveilleux"... je pourrai y passer des heures. Le plus simple, c'est que je vous joigne le chapitre que je peaufine depuis trois ans : c'est cadeau (A VENIR PROCHAINEMENT). Vous y trouverez de l'étude de texte, du vocabulaire, du travail sur les notions de narratologie, du travail sur une séquence filmique. 

Que retenir du film musical de Victor Fleming ? 
Ce film, sorti en 1939, est un monument du cinéma, et un film culte pour le public américain, mais pas seulement. Il a permis de tester un nouveau procédé cinématographique, l'utilisation du Technicolor, qui sert à merveille l'histoire : lorsque Dorothée atterrit au pays d'Oz, les décors passent d'un sépia terne à une multitude de couleurs, comme si le spectateur avait lui-même chaussé des lunettes magiques. Il a également lancé une star, en la personne de Judy Garland. Mais, surtout, il a produit... ceci. 
 

Judy Garland - Over the Rainbow extrait du magicien d'Oz


Petit miracle de la chanson, titre repris mille et une fois, ce moment pourrait être l'unique raison de voir le film. Un travail très intéressant peut être mené avec les élèves sur les paroles (moyennant un petit peu de traduction de l'anglais au français), et sur la séquence filmique dans laquelle cette chanson est insérée. Et vous pouvez être certains qu'ils ressortiront de la salle de classe en fredonnant la musique...
Enfin : pourquoi ce nouveau film, à sortir en avril 2013, m'intéresse-t-il tellement ? 
Tout d'abord, laissez-moi vous montrer ces images : 
Le début de la bande annonce laisse entrevoir une séquence sur l'univers du cirque, des montreurs de phénomènes, un univers qui, si vous me connaissez un peu, me parle particulièrement. 
On peut voir par ailleurs que le jeu sur les couleurs (du noir et blanc à un monde coloré) a été conservé : je suis curieuse de voir jusqu'où l'esprit du premier film a été conservé, et dans quelle mesure l'histoire a été modifiée ou reprise. 
Et puis, bon, "par le réalisateur de la trilogie Spider-man" et "par le producteur d'Alice au pays des merveilles", avouez que ça en jette un peu. 
J'ai donc hâte d'être en avril, et j'espère bien pouvoir vous plumer quelque chose sur ce film, qu'il me réjouisse ou me déçoive. 

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