25 novembre 2017

Andreï Makine : L'archipel d'une autre vie

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Comme je lis en décalage les romans de la rentrée littéraire 2016 (ce que j'expliquais il y a peu), j'ai donc retrouvé dans ma bibliothèque ce roman qu'on m'avait offert à Noël et que je n'avais pas encore lu. 

J'ai eu du mal à entrer dedans. Peut-être à cause du récit enchâssé ; le roman s'ouvre avec un premier narrateur dont je n'ai toujours pas saisi exactement ni l'âge (vraisemblablement plutôt jeune, étudiant peut-être), ni la nationalité (même si je suppose qu'il est russe), à peine l'activité (il apprend la géodésie en Extrême-Orient russe, au bord de la mer d'Okhotsk). Il se lance en exploration dans la taïga, seul, sur les traces d'un intrigant voyageur croisé au hasard à la descente d'un hélicoptère. Finalement ce voyageur, sachant très bien qu'il est suivi, finit par provoquer la rencontre avec le jeune géodésiste, et un long récit commence alors. Pavel, le voyageur, est un ancien soldat qui s'est lui aussi, il y a de longues années, retrouvé dans la peau du traqueur : avec quatre compagnons, il est chargé de retrouver dans la taïga un criminel qui s'est échappé de l'une des prisons du Parti.

A partir du moment où le récit de cette traque-là se met en place, j'ai été captée. On comprend vite que les sentiments des cinq soldats à l'égard du fugitif sont partagés ; certains sont en quête de succès, de mérite, de récompense, voire sont excités par cette chasse à l'homme, tandis que d'autres commencent à prendre en pitié cet évadé qui semble à certains moments plus misérable que dangereux. Pavel, lui, est traversé par ces différentes pensées. C'est lui seul qui ira jusqu'au bout, ses compagnons étant contraints d'abandonner les uns après les autres, pour cause de blessures. Au cours de cette traque, il ira de découvertes en découvertes : sur sa proie, mais aussi sur lui-même, voire sur la vie. La vie dans ses bons moments, qui tire à Pavel cette réflexion, suite à une veillée avec ses compagnons : "Cette nuit-là - je le comprendrais plus tard - nous étions au plus près de ce qu'il y avait en nous de meilleur." Et dans les pires aussi, comme en parle Vassine, le soldat dont Pavel se sent le plus proche, qui a été emprisonné, après avoir perdu sa femme et son fils pendant la guerre : "Libéré, j'ai compris que le plus simple était de me tuer. Je ne l'ai pas fait, car il m'arrivait de faire des rêves où je voyais ma femme et notre garçon. Je n'étais pas sûr de garder cette chance après la mort."

Un roman que je n'aurais pas choisi de moi-même, mais qui m'a plongée, l'espace de quelques deux cent cinquante pages, dans un univers qui m'était méconnu, dur et intense à la fois, et qui fait réfléchir sur la vie et ses choix.

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01 novembre 2017

Lois Lowry : Le fils

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Je parlais du Passeur il y a peu, pour "Science-fiction et contre-utopies en dix romans". Et j'avais plumé sur ce roman il y a longtemps

J'ai dorénavant lu ce que je croyais être le deuxième tome (erreur signalétique de ma médiathèque). En fait, il s'agit de la fin d'une tétralogie, commencée donc avec Le passeur en 1994, prolongée avec L'élue en 2000 et Messager en 2004. Mais, de fait, Le fils (paru en 2014) peut se lire directement après Le passeur - ce que j'ai fait donc. On y retrouve en effet, en tout cas dans la première partie du roman, la même société imaginaire dans laquelle l'auteure nous plongeait en 1994. Une société, rappelons-le, où chaque étape de la vie des habitants est réglée à l'avance, avec minutie, par un conseil de sages qui se veut bienveillant. A douze ans, chaque adolescent se voit donc attribuer son futur métier. Dans le premier tome, l'attribution de Jonas, le personnage principal, avait surpris tout le monde, car il était devenu le nouveau "passeur", un rôle joué par un seul individu, une fonction très mystérieuse. Je n'en dis pas plus évidemment, pour ceux qui ne connaissent pas encore ce best-seller de la littérature jeunesse. 

Dans Le fils, le personnage principal est Claire, et on lui a attribué le rôle de mère porteuse ; un métier certes indispensable car c'est la seule voie de procréation acceptée dans cette société, mais considérée comme légèrement honteuse et rabaissante. Claire accouche donc de son premier "produit" - c'est ainsi qu'on appelle les bébés - mais l'accouchement ne se passe pas comme il le devrait, et on lui ôte son attribution, pour la nommer dans une usine de biologie alimentaire, où on féconde des poissons ; ainsi, son destin est toujours lié aux naissances et à la reproduction de la vie. Seulement, très vite, Claire se rend bien compte qu'elle ne vit pas les choses de la même manière que les autres habitants : ils sont détachés de tout, n'éprouvent pas de sentiments forts, alors qu'elle-même est bouleversée par le fait d'avoir été séparée de son bébé. Elle cherche alors à le revoir, dans le centre où il est élevé avec les autres "produits". A partir de là, les événements vont s'enchaîner...

Je suis obligée de spoiler légèrement la suite : le roman est construit en trois parties. Ce que je viens de raconter ne concerne que la première. Dans les deuxième et troisième, on retrouve Claire dans des univers complètement différents : des villages qui semblent hors du temps, où les habitants vivent au rythme de la nature, bien loin de la société policée dans laquelle Claire a grandi. L'ambiance change totalement, et s'y ajoute des éléments qui touchent au merveilleux. J'ai trouvé cela un peu trop désordonné dans un premier temps ; je préférais que cette série reste dans cet univers d'anticipation, sans détail surnaturel. Et puis la narration fait son oeuvre, on s'attache bien sûr aux personnages, on suit le destin de Claire avec enthousiasme, et on ne lâche plus le livre jusqu'à la fin. 

Je dirais que ce dernier opus ne surpasse pas Le passeur, dans sa création d'un univers très particulier, mais le prolonge agréablement, et permet aussi d'en approfondir certains aspects. Et il y a bien sûr des croisements entre les deux histoires, qu'on découvre avec plaisir. On se surprend à penser "Ah, mais oui ! C'était comme ça dans Le passeur !"

Pour finir, j'ai découvert récemment (en lisant le psychothérapeute Christophe André, pour tout vous dire) que l'invention des fameuses pilules anti-sentiments (évoquées dans Le passeur, mais bien plus développées dans Le fils) est en fait l'héritage du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. L'auteur a en effet créé le soma, cette drogue qui efface les états d'âme dérangeants : 

« Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu’ils veulent, ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance des passions et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n’ont pas d’épouses, pas d’enfants, pas d’amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma. »

Un beau roman jeunesse, donc, qui conduit le lecteur vers d'autres lectures et d'autres réflexions. 

18 août 2016

Des romans sur les migrants

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J'ai déjà évoqué plusieurs fois Refuge(s), le roman d'Annelise Heurtier, que j'ai lu il y a un certain temps déjà,  ; quant à celui de Jean-Christophe Tixier, La traversée, je viens de le finir. Tous les deux sont sortis au printemps 2015, mais ils continuent bien entendu d'être "au coeur de l'actualité", comme je l'indiquais à mes élèves sur la fiche que vous pouvez voir à l'image. 

Les deux romans reposent sur une narration plutôt travaillée, qui se veut originale, avec une alternance de points de vue : il y a le personnage-narrateur principal, et d'autres personnages dont les récits s'égrènent au fil du livre. La différence, c'est que, chez Jean-Christophe Tixier, le narrateur principal, Sam, est un jeune migrant, dont le récit s'entremêle avec celui de ses compagnons de galère, alors que chez Annelise Heurtier, le personnage principal est Mila, une jeune italienne qui passe ses vacances sur l'île de Lampedusa et qui ne rencontrera jamais les migrants dont les récits croisent le sien. Seul un objet, à la toute fin du roman, servira de pont entre toutes ces histoires. Je n'en dis pas plus. 

De fait, le roman de Jean-Christophe Tixier est moins surprenant que celui d'Annelise Heurtier. Je dirais même que, pour un lecteur adulte - voire adolescent - un tant soit peu concerné par l'actualité, il ne nous apprend pas grand-chose sur la rude odyssée des migrants. Certes, il nous plonge, au sens propre, dans une traversée à son pire moment, et il ne nous épargne aucune des difficultés présentes ou passées qui accompagnent la décision de l'exil. Mais cet aspect documentaire est limité par la nécessité de faire avancer l'histoire, et la poursuite de cette histoire est elle-même entravée par la réalité de la traversée. La fin est "abrupte", des mots mêmes de l'auteur, qui s'en excuse en postface, tout en expliquant cette volonté de "rendre hommage à ces clandestins qui ignorent de quoi la minute suivante de leur vie sera faite."

Refuge(s) est un roman plus étoffé, en partie parce qu'on suit l'histoire de Mila, qui compte elle aussi son drame personnel : la mort de son frère, Manuele, dont elle et ses parents ont bien du mal à se remettre. Le fait d'avoir cette histoire en parallèle des destins des jeunes migrants, de l'autre côté de la Méditerranée, rend la lecture agréable car on se demande quand et comment les deux vont se lier. C'est l'île qui sert en fait de liaison et ce, dès le début du roman. Elle est associée à des valeurs différentes selon les personnages : Eldorado inconnu pour les migrants, lieu d'enfance ambivalent, porteur de bons et de mauvais souvenirs pour Mila. Bien sûr, la thématique de l'adolescence et des aspects qui lui sont souvent associés - l'amour, l'amitié, la famille... - est présente. Elle est mise en valeur par les adolescences malmenées des autres récits. La fin est belle, réaliste et émouvante à la fois. 

Je reste donc beaucoup plus convaincue par ce dernier livre que par La traversée, qui s'adresse certainement à un public plus jeune, avec une volonté plus marquée de faire découvrir une réalité à des lecteurs qui ne la connaissent pas encore. Il serait donc à lire en premier, et à prolonger par d'autres lectures, celle d'Annelise Heurtier, mais pas seulement. Si vous voulez rester sur l'île, il existe un roman nommé Lampedusa, de Maryline Desbiolles, paru chez L'école des loisirs en 2012 : moins actuel, mais qui permet de voir que la situation ne date pas d'aujourd'hui. En littérature jeunesse, on peut piocher dans la liste faite par Manon Guesdon, dans Le petit journal des profs. J'y découvre une collection, "Français d'ailleurs" aux éditions Autrement, dont tous les titres sont écrits par Valentine Goby : de bonnes idées de lecture pour plus tard. Et puis, pourquoi ne pas relire l'extrait de Laurent Gaudé donné au brevet 2013 ? On y parle bien de traversée, la fameuse qui mena tant de "miséreux d'Europe" vers le rêve de l'Amérique : 

Une thématique riche, qui interroge l'actualité et ouvre de beaux questionnements pour les jeunes et les moins jeunes. 

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16 août 2016

Top Ten Tuesday #1 : Les 10 récits de voyage (ou livres sur le thème des voyages) lus ou à lire

TTT 1 pour récap

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire qui consiste à présenter chaque mardi 10 titres répondant à un thème littéraire précis. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog Frogzine. (Et découvert par la petite Mu chez Forty-five weeks). 

Je ne suis pas certaine de tenir le rythme d'une chronique chaque mardi, mais cela faisait longtemps, finalement, que je n'avais pas pratiqué la liste sur ce blog, alors allons-y pour un premier TTT, et on verra bien la suite. 

Surtout, le thème du jour est évidemment idéal en ce milieu du mois d'août, et prolonge mon article de départ en vacances. D'abord, il y a mes chouchous, dont je vous ai déjà parlés : 

1°) L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Reif Larsen, parce que c'est LE livre idéal pour partir en voyage : en un seul volume (certes, épais), vous avez une histoire pour s'évader, des annotations dans les marges pour se cultiver, et beaucoup de fantaisie pour rêver. 

2°) Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson, parce que c'est le plus beau livre que j'aie lu (peut-être le seul, d'ailleurs) sur l'alliance de la nature et de la culture. Le tout dans un paysage glacial mais somptueux. Si vous aimez le froid, vous adorerez ; si vous aimez la chaleur, ça vous rafraîchira sans clim ni glaçons. 

3°) Lettres des Isles Girafines, d'Albert Lemant, parce que c'est le plus beau livre sur les girafes que j'aie jamais lu !! Si, comme moi, vous adorez ces grandes bestioles, vous en aurez à toutes les pages, à toutes les sauces, et vous n'aurez qu'une envie : visiter, vous aussi, le Girafawaland. 

4°) Vendredi ou la vie sauvage, de Michel Tournier parce qu'après avoir longtemps boudé cette lecture, j'ai appris à l'apprécier et je la trouve maintenant d'une très grande richesse. Un vrai dépaysement, et une réflexion sobre mais très efficace sur les rapports entre l'homme et la nature, le sauvage et le civilisé. 

5°) Refuge(s), d'Annelise Heurtier, parce que ce roman jeunesse publié en 2015 s'est emparé avec intelligence de "la question des migrants", et que, malheureusement, il est toujours d'actualité en 2016. 

 

Et puis il y en a quelques autres : 

6°) L'Odyssée, d'Homère, parce que c'est quand même le récit de voyage fondateur et incontournable, et que, déjà, tout y était : l'amour, la tentation, le conflit entre monde sauvage et monde civilisé, l'hommage à la nature, la peur des dieux, et des créatures toutes plus merveilleuses (au sens premier, c'est-à-dire extraordinaires, mais pas toujours amicales) les unes que les autres. 

7°) Les aventures de Télémaque, de Fénelon, parce que ce fut l'une de mes lectures préférées d'agrégative : assez éprouvant à lire, mais tellement passionnant à étudier. Un roman d'apprentissage qui se paye le luxe de réécrire l'un des plus grands textes fondateurs tout en faisant la satire du Roi Soleil. Le "livre divin de ce siècle", aurait dit Montesquieu. Rien que ça. 

8°) Le Magicien d'Oz, de Franck L. Baum, parce que, y'a pas, ce voyage du réel à l'imaginaire reste l'un de mes récits merveilleux préférés, et ce n'est pas pour rien que je l'ai inscrit six années de suite à ma progression de 6e. Je n'ai pas de 6e l'an prochain, snif, Dorothée et ses amis vont me manquer. 

9°) Mardi, d'Herman Melville, parce qu'il fait partie d'un programme d'agrégation que je n'ai jamais eu à travailler puisque j'ai eu le concours avant :-) Du coup, je n'ai jamais terminé ce gros pavé dont j'aimais le titre, mais qui m'a noyée avant même la moitié. 

10°) Construire un feu, de Jack London, parce que je suis obligée de finir avec de la neige, et que j'ai aimé cette nouvelle dont le héros et son orgueil souvent mal placé m'ont plu, dans leur lutte pour la survie. Une entrée dans l'univers de London plus simple que ses romans, car plus brève, et en même temps, tout aussi efficace. 

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10 août 2016

Semaine de la BD, #2 : Ms. Marvel

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D'un Fauve à l'autre (voir l'article sur L'arabe du futur), d'un genre à l'autre, la petite Mu plonge à présent dans l'univers des comics et des histoires de superhéros. 

J'étais tombée une première fois sur une référence à cette nouvelle série de chez Marvel ; considérant, justement, que ce n'était pas mon domaine de prédilection, je n'avais pas donné suite. Puis j'en ai entendu parler une nouvelle fois, dans un magazine professionnel, en des termes élogieux. La curiosité l'a alors emporté : une superhéroïne musulmane, à mes yeux, ce n'était pas banal ! Bon, en fait, après quelques recherches, ce n'est pas la première : dans l'univers des X-men existent en effet déjà M, depuis 1994, et Dust, depuis 2002. En outre, une série d'animation a été lancée en 2013 au Pakistan met en scène "Burka Avenger" (si, si), enseignante de jour, justicière au nom de l'éducation pour les filles de nuit. (Quelques détails à lire ici et à écouter là.)

Ms Marvel, c'est donc l'histoire de Khamala Khan, une jeune pakistaine, musulmane pratiquante, vivant aux Etats-Unis, qui écrit une fanfic sur les Avengers et qui voudrait être (pas ressembler à, vraiment être) Captain Marvel, la superhéroïne blonde qui accompagne Captain America et Ironman dans certaines de leurs aventures. Et, bim ! Un soir où elle se retrouve à une fête pour essayer d'être une ado comme les autres, et où elle boit par accident une gorgée d'alcool, un étrange brouillard se lève dans la ville, et elle se réveille face à son idole, puis, encore mieux, elle se transforme en superhéroïne ! Dans la foulée, elle sauve une de ses camarades de la noyade : ce ne sera que le début de ses aventures, évidemment. 

Au final, le premier volume de cette série prometteuse m'a laissée quelque peu sur ma faim. J'ai aimé toutes les pages où l'héroïne se pose des questions, que ce soit sur son mode de vie différent de certains de ses camarades américains, sur les limites que lui imposent ses parents et qu'elle aimerait franchir, sur sa relation avec son ami Bruno, qu'elle trouve trop protecteur avec elle mais qu'elle est quand même bien contente d'avoir à ses côtés... En revanche, dès que les superaventures se mettent en marche, ça me laisse plutôt froide. Les pouvoirs de Miss Marvel sont tellement variés qu'ils en deviennent extravagants, même pour des superpouvoirs : elle peut changer de forme, rapetisser, grandir, cicatriser ses blessures mais seulement quand elle change d'apparence... Elle trouve un méchant presque par hasard, quand le frère de Bruno se retrouve mêlé à de sales embrouilles avec un homme nommé "L'inventeur" qui a des chats électroniques dans son sous-sol. Bref, autant de choses qui peuvent certainement réjouir les fans de Marvel mais auxquelles j'aurais préféré des aventures plus réalistes. 

Ms Marvel, c'est donc bien un comic, peut-être un peu plus actuel et original que d'autres, mais j'avoue si peu m'y connaître que je ne peux même pas l'affirmer. Cette lecture confirme que ce n'est pas mon genre de prédilection ; cependant, j'avoue m'être attachée à l'héroïne et avoir envie de savoir comment elle se débrouille avec ses nouveaux pouvoirs. Ca tombe bien, il y a un tome 2 : "Génération Y". Et certainement une ribambelle de suites qui s'annoncent. 

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18 juillet 2016

Les vacances de la petite Mu

NorSu pour post vacances

Parce qu'il faut bien prendre des vacances de temps en temps !

L'occasion pour la petite Mu de se ressourcer, et certainement de revenir avec plein de choses dans ses bagages. 

Et l'occasion pour vous de flâner tranquillement dans les pages de ce blog, à la (re)découverte des lectures qui vous accompagneront pendant cet été ! 

Allez, comme je ne veux pas vous laisser démunis, je vous ai préparés quelques titres, plumés il y a plus ou moins longtemps, qui évoquent, à mes yeux, les vacances, l'été, la chaleur, l'évasion, l'aventure : 

- envie de se retrouver sur une île ? Rendez hommage à Michel Tournier, mort cette année, en lisant ou relisant Vendredi ou la vie sauvage (lecture utile pour les professeurs de français souhaitant travailler le programme de 5e, "L'homme est-il maître de la nature ?") (nooooon, j'avais dit que je ne pensais plus au boulot !!)

 Si les îles désertes vous effraient, visitez les Isles girafines dans le superbe album d'Albert Lemant : aventure et surprises vous attendent au fil des pages. 

- envie de traverser les Etats-Unis, dans l'espace et dans le temps ? Suivez L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet, ce formidable et foisonnant roman d'apprentissage de Reif Larsen, déjà vieux de sept ans. Dans la foulée, vous pourrez vous lancer dans Je m'appelle Radar, du même auteur, qui vient de sortir : si vous en venez à bout, vous aurez été plus courageux que moi car, bien qu'étant conquise par le style de l'auteur et sa fantaisie, la longueur et les innombrables digressions de ce dernier ouvrage sont venues à bout de mon enthousiasme. 

- envie de s'ouvrir à l'Histoire et de partager ces découvertes avec les ados qui vous entourent ? Plongez dans l'histoire des migrations, anciennes et actuelles, avec un roman de 2013 signé Jean-Paul Nozière, Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ?, et un roman de 2015 signé Annelise Heurtier, Refuge(s). Une auteure qui se fait de plus en plus connaître, après le succès de Sweet Sixteen, et une nouveauté, Le complexe du papillon. La petite Mu ne manquera pas de vous en reparler. 

     

- et si la chaleur vous pèse décidément, ne manquez pas de mettre dans vos valises les précieuses réflexions de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie.

Dans les forêts de Sibérie

 

Vous pouvez peut-être encore découvrir aussi le film de Safy Nebbou, avec une magnifique musique d'Ibrahim Maalouf. 

Bande annonce Dans les forêts de Sibérie VF

Et si vous n'en avez pas assez dans votre musette, vous pouvez toujours faire un tour dans les archives de la petite Mu, et piocher au hasard des titres. 

Bon été, et bonnes lectures ! 

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19 juin 2016

François-Henri Désérable : Evariste

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Evariste. Evariste Galois. Oui, ça me parle. Mais pourquoi ? C'est le nom d'un collège de mon académie. Bon, alors, ça doit être le nom de quelqu'un de connu, alors. Ah oui, c'est ce qu'on me dit, non pas dans l'oreillette, mais en quatrième de couverture : "A quinze ans, Evariste Galois découvre les mathématiques ; à dix-huit, il les révolutionne ; à vingt, il meurt en duel." Mieux que Rimbaud, dites donc ! Ah, je lis que je ne suis pas la première à avoir fait la comparaison : «Une magnifique biographie romancée du "Rimbaud des mathématiques", Évariste Galois. C’est superbe.», écrit Jean-Christophe Buisson dans Le Figaro Magazine à propos de ce premier roman de François-Henri Désérable. Re-ah, en fait, l'auteur a carrément mis en exergue une citation de Pierre Michon extraite de Rimbaud le fils.

Bon, alors, puisque tout a été dit, que diable suis-je allée faire dans cette lecture ? Eh bien, pour mon défi-lecture 2016, il n'a pas été si facile de trouver un auteur "né la même année que moi". Voilà, vous savez tout, j'ai le même âge que Monsieur Désérable. (Et ce n'est plus vingt-sept ans, hélas, comme l'indique encore la quatrième de couverture de l'édition originale.) Et puis, à parcourir Internet, il semblerait que, tant pour ce premier roman que pour son précédent recueil Tu montreras ma tête au peuple, l'auteur ait eu du succès, en tout cas auprès de la critique. Je suis donc alléchée. J'attaque donc ma lecture. 

Et là... 

Wahou ! Outch ! Vindidiousc ! 

Ce sont les mots qui me viennent à l'esprit en posant ce livre. Ils ne sont pas assez forts pour vous dire à quel point cette découverte (d'un livre, d'un auteur) a été formidable pour moi. Ce livre est un concentré de causticité, de mordant, d'ironie, de franche rigolade aussi parfois : qui aurait cru pouvoir dire cela à propos de la biographie d'un mathématicien ? C'est qu'Evariste, du mordant, il en avait. Il lui en fallait, en réalité, pour garder la tête haute face aux divers affronts que la vie a mis sur son chemin : son oeuvre mathématique est incomprise de son vivant, son génie est nié, de nombreuses occasions de s'illustrer (scientifiquement, historiquement) lui sont refusées, la justice manque de justesse avec lui. Même si c'est bien sûr l'auteur qui prend en charge la plupart des remarques pleines d'humour et de fiel qui parsèment les pages de ce récit, des citations du mathématicien ne laissent aucun doute sur sa plume vive et percutante. François-Henri Désérable semble avoir trouvé un personnage à la hauteur de son ambition stylistique, quelqu'un en qui il se reconnaît certainement : on sent transpirer son admiration, même légèrement distante, de part et d'autre de cette biographie. 

Par ailleurs, Désérable est un auteur de l'Histoire. Déjà dans le recueil Tu montreras ma tête au peuple, en racontant les dernières minutes de célèbres guillotinés, le jeune écrivain (oui, j'insiste sur "jeune"...) montrait son envie d'entrelacer Histoire et récit. Je n'ai pas lu ce recueil, mais, dans Evariste, on devrait même dire "entortiller" : cette biographie d'un homme qui n'a vécu que vingt ans est constellée de micro-portraits, de grands hommes (Nerval, Dumas) comme de plus petits, c'est-à-dire tous ces hommes qui se sont tenus sur le passage d'Evariste Galois et qui parfois, sans le vouloir (et même, en ne le voulant pas), l'ont fait accéder à l'Histoire. Je suis loin d'être une spécialiste de l'histoire de la Révolution, mais j'ai beaucoup aimé la redécouvrir à travers les ratés, les à-côtés, les scènes manquées d'un jeune homme qui a dû rédiger une partie de son oeuvre scientifique en prison, parce qu'il avait porté illégalement un costume militaire. 

Désérable est passionné d'Histoire, ça se voit ; moins de mathématiques, parce qu'il avoue franchement qu'il n'y connaît rien et qu'il ne comprend pas un traître mot des théories géniales de Galois. Cette biographie n'est donc pas un ouvrage scientifique ; il serait inexact de dire qu'elle est un ouvrage historique ; c'est surtout une formidable (j'insiste, encore plus que sur "jeune") oeuvre littéraire, un tourbillon, parfois exigeant (Désérable a la phrase longue, il aime passer du registre soutenu à la plus plate vulgarité, le mot "digression" semble avoir été inventé pour lui... et caetera), mais qui arrache plus d'une fois un sourire, voire un rire. 

M'est avis qu'il s'agit là d'un auteur à suivre, et qu'il a certainement été bien inspiré d'écrire un livre sur un jeune génie ! 

 

 Néo-défi lecture 2016 : Un livre écrit par un auteur né la même année que moi 

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01 août 2014

Béatrice Rouer : La girafe du roi. La véritable histoire de Zarafa

La Girafe Du Roi - La Véritable Histoire De Zarafa de Béatrice Rouer

 "Quoi ?!!", me direz-vous. "La petite Mu n'a jamais lu aucun récit sur le fabuleux voyage de Zarafa, ni même vu le dessin animé sorti il y a deux ans ?!!!"

Eh bien, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, non. De même que j'ai découvert très tard cet album pourtant connu, Lettres des Isles Girafines

Et c'est même totalement par hasard que je suis tombée sur ce court roman destiné à de jeunes lecteurs, et qui d'ailleurs n'est certainement pas le livre le plus connu ou reconnu à propos de cette petite histoire de l'Histoire. 

En tout cas, ce fut une lecture plutôt agréable. Evidemment, des personnages sont inventés, des faits ajoutés pour, je cite l'éditeur (Oskar éditeur), "vivre l'Histoire comme une aventure". Mais l'ensemble est réussi, il n'y a pas de longueurs inutiles, le personnage principal (une petite servante qui profite du convoi qui emmène la girafe à Paris, parce qu'elle veut parler au roi pour demander la grâce de son père, emprisonné à tort) attachant. Un court dossier documentaire en fin d'ouvrage fait le point sur ce que le lecteur est censé avoir appris : pourquoi ce cadeau du pacha d'Egypte aux rois d'Angleterre et de France, comment Charles X est arrivé au pouvoir, qui était ce scientifique tellement passionné d'animaux exotiques, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire (moi je sais, moi je sais, j'en ai parlé dans mon mémoire !!), quelles sont ces nouveautés du siècle que l'on nomme "montgolfière" ou "cabinet de curiosités". 

A conseiller à de petits lecteurs pour découvrir une période historique finalement pas si connue des enfants ou adolescents, et à lire soi-même pour en savoir plus sur la belle Zarafa.

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27 janvier 2014

Sylvain Tesson : Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie

petit bac 2014: un lieu pour "Opération liste à lire"

Sylvain Tesson, je n'en avais jamais entendu parler avant de regarder une émission spéciale de "La Grande Librairie" sur France 5, cet été, puis, peu de temps après, d'en entendre parler par une amie, qui m'a vivement recommandé cet ouvrage. Il faut dire que je ne suis pas tellement férue de récits de voyage. Enfin, ça, c'était avant... Maintenant, je m'y mets petit à petit, et là, je dois dire que le lieu - plus, peut-être, que le sujet -, associé à cette belle photo de couverture, m'ont fait craquer. 

Et j'ai eu raison. Quelle merveille que ce journal de bord qui, sans prétention, célèbre le mariage de la nature et de la culture. Excusez du peu...

En effet, Sylvain Tesson est un amoureux de la nature, sous toutes ses formes : il aime l'animal, il aime le végétal, il se réjouit du minéral. C'est un boulimique des grands espaces et, jusqu'en 2010 du moins, un dévoreur de kilomètres. Il a fait le tour du monde à vélo, traversé l'Himalaya à pied, parcouru les steppes d'Asie centrale à cheval, et j'en passe. Puis, un jour, il décide de se transformer en "voyageur immobile" (pour reprendre l'expression de Giono). Fi des grands déplacements, il décide de passer six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal, en Sibérie.

Et il va le faire. Et il va même l'écrire. Dans les forêts de Sibérie, c'est donc le journal (très précisément jour par jour) de ces six mois d'érémitisme au pays des - 30°C. Et c'est une très belle oeuvre littéraire qui en naît. Car Sylvain Tesson est aussi un amoureux des mots. Il a lu, et il lit toujours : il n'oublie pas d'emporter dans ses bagages une malle de livres, une bibliothèque idéale dont il dresse une liste en début de journal. (Oh, un ami des listes, comme moi !) Il pense, également. Et il réfléchit : retour sur soi, son mode de vie, ses mauvaises habitudes - ou celles de l'Homme. 

C'est donc surtout une magnifique plume que j'ai découverte, qui voyage - immobile - entre poésie des croquis de Dame Nature pris sur le vif, philosophie nourrie par de nombreuses citations (ré)offertes au lecteur et augmentées de commentaires, et humour. Quelques traits mordants sur la civilisation ou sur soi-même, avec un ton pince-sans-rire qui fait mouche. 

Une pépite, donc. Que Sylvain Tesson nous ramène de "là-bas" et nous offre avec énormément de générosité. A lire, et surtout à relire. D'ailleurs, j'y retourne.  

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31 octobre 2013

Masbou-Ayroles : De cape et de crocs

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Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un objet en bande dessinée

Le challenge me donne l'occasion de plumer sur cette série dont je possède les sept premiers albums. Série ô combien louée tant par les amateurs de bande dessinée que par les "lecteurs littéraires", mais dans laquelle j'ai décidément beaucoup de mal à entrer. 

Je dois dire que je suis assez allergique au roman d'aventures, et, encore plus, à la BD d'aventures. Trop de péripéties m'ennuient tout autant que trop de descriptions pour nos jeunes lecteurs. Et, dans une BD, la difficulté est double, pour moi : à la profusion d'action racontée s'ajoute la profusion de dessins. J'ai clairement du mal à suivre et, très vite, je m'ennuie. 

Voici donc une série que j'aimerais adorer, mais que je n'arrive pas à trouver vraiment au-dessus de la moyenne. Bien entendu, j'en salue l'originalité, j'en apprécie les innombrables clins d'oeil à la littérature, je souris de temps à autre aux traits d'humour disséminés entre les rebondissement (j'ai un gros faible pour le personnage d'Eusèbe, cet anti-héros de race lapine, aux élans de bravoure très savoureux), mais, rien n'y fait, je n'arrive pas à rester captivée longtemps. Je n'ai pour l'instant toujours pas réussi à finir les sept tomes, et je dois à chaque fois recommencer du début. 

J'avais en revanche adoré cette bande annonce réalisée (je crois ?) par l'éditeur :

De Cape et de Crocs - Bande Annonce

Voir la vidéo en meilleure qualité :
http://www.editions-delcourt.fr/videos/BA_Decapeetdecrocs_medium.html" />

Voilà, n'hésitez pas, si vous êtes fans de cette oeuvre ambitieuse, à me donner des arguments, car, vraiment, je suis déçue d'avoir été déçue, et je ne demande qu'à l'aimer ! 

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