26 août 2016

Fiona Woodcock : Heidi joue à cache-cache

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Dans sa présentation de l'ouvrage, l'éditeur parlait d'un album "sur l'amitié et l'acceptation des différences". Ce qui m'intriguait car le résumé insistait surtout sur le don de la petite Heidi pour gagner à cache-cache. Comment l'auteure et dessinatrice allait-elle associer tout ça ? 

En fait, l'idée est simple et maline. C'est l'histoire, donc, de Heidi, qui adore se cacher. Forcément, quand ses amis n'arrivent pas à se décider pour un jeu, elle s'empresse de proposer cache-cache, parce qu'elle est sûre de gagner. Jusqu'à ce fameux jour de son anniversaire, où à force de se cacher trop bien, plus personne n'a envie de la chercher : "Charlie, Katie et Rosie ne purent trouver Heidi. En revanche, ils trouvèrent de délicieuses coupes glacées." Après réflexion, Heidi décide non seulement d'essayer les jeux de ses amis, mais, surtout, de les encourager, chacun, à proposer leur jeu préféré. Ainsi, ils pourront tous, tour à tour, être le meilleur. Et, finalement, c'est nettement plus rigolo de perdre, mais avec ses amis, que de gagner, mais toute seule. 

Moi qui aime tant le jeu, et qui crois fermement à son grand pouvoir éducatif (clin d'oeil au blogueur de Méliméludes ;-) ), cette réflexion sur la manière qu'a un groupe de jouer, et, d'abord, de choisir son jeu, m'a beaucoup plu. "Que le meilleur gagne !" : belle devise, mais encore faut-il que tout le monde en ait la possibilité, et que le potentiel de chacun puisse être mis en avant. 

Enfin, les illustrations ajoutent à la thématique de l'histoire, puisque le petit lecteur peut lui aussi s'amuser à chercher Heidi, toujours bien camouflée dans de très belles illustrations (crayon ? encre ? Un jour, il faudra vraiment que je prenne un cours d'arts plastiques...). Si j'en crois cet article, l'image est venue en premier, le texte en second : Fiona Woodcock aurait en effet d'abord créé la petite fille pour des cartes de voeux, ainsi que ce tableau, où l'idée de camouflage primait finalement sur celle d'une petite fille jouant à cache-cache avec des amis. 

Fiona 2

Un bien joli album sur tous les plans, donc, à découvrir très vite et à mettre entre les petites et les grandes mains. C'est le premier de Fiona Woodcock, mais attendez-vous à la retrouver bientôt ! 

Auteure et illustratrice : Fiona Woodcock
Editions Hatier jeunesse
A paraître le 27 septembre 2016

Etiquette Hatier jeunesseCe billet inaugure mon partenariat avec les éditions Hatier Jeunesse.

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24 août 2016

Des albums sur le genre

Dans les sorties d'albums jeunesse 2016, deux albums abordant la question du genre ont retenu mon attention. 

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Le premier, Emile ou la danse de boxe, fait partie d'une série écrite par Vincent Cuvellier et illustrée par Ronan Badel, et il m'a fait découvrir le personnage irrésistible d'Emile, un sacré garnement au caractère bien trempé. Quand il veut quelque chose, il ne se laisse pas détourner de son objectif. Vous voyez sa tête sur la couverture ? Eh ben, pareil tout le temps. Si les titres des autres albums de la série sont assez classiques, Emile a froid, Emile fait un cauchemar, Emile invite une copine, et ne semblent pas tellement différents des archi-classiques Max et Lili, de petites surprises se cachent quand même derrière certaines histoires : par exemple, la "copine du parc" qu'Emile fait venir chez lui n'est pas celle à laquelle ses parents (et le lecteur) s'attendent. Et, pour l'album dont il est question aujourd'hui, c'est dès le titre que le lecteur est interpellé. C'est quoi, "la danse de boxe" ?

En fait, personne ne le sait très bien, surtout pas les parents d'Emile, qui veulent "inscrire Emile à l'activité" (joli petit clin d'oeil critique à cette injonction sociétale où tout le monde, dès son plus jeune âge, doit faire "des choses", le plus possible). Sauf que dans la liste, Emile ne veut pas faire éveil au yoga, foot en salle ou découpe papier-carton. Il veut "faire de la danse, mais de la danse de boxe". Parce que "la danse de boxe, c'est pas pour les filles, c'est pas pour les garçons, c'est pour les danseurs de boxe !" Voilà, dans cette phrase, tout est dit. Ce combat d'Emile pour faire l'activité qu'il a choisie, lui, c'est un beau combat pour le droit de chacun à sortir des cases.

Ce que je salue dans cet album, c'est qu'à aucun moment l'auteur n'abandonne pour tenter de faire rentrer son héros dans un cadre plus conventionnel, même s'il fait beaucoup rire ses petites camarades de cours de danse. Jusqu'au bout, Emile "aime bien, il aime bien la danse". Certes, sur l'avant-dernière page, on peut soupçonner le jeune garçon d'aimer tout particulièrement être entouré de filles en tutus qui lui font des bisous. Mais, quand bien même ce serait sa motivation finale, ce n'était pas la première, et l'album se termine bien par une image d'Emile, tout seul, en marcel vert et caleçon rose, imperturbable dans son froncement de sourcils avec les "Hi hi hi" en arrière-plan. 

Un album court et très efficace, à lire dès 3 ans, pour dénoncer plusieurs travers de notre société et de la pression qu'elle cherche à imposer aux parents et aux enfants. 

 

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Le second est plus poétique et s'adresse, d'après les éditions du Rouergue, à un public adolescent. Moi qui suis d'habitude frileuse avec les prescriptions d'âge (j'ai tendance à très vite trouver un ouvrage complexe et déconseillé aux plus jeunes), j'inclurai pour le coup les préados dans cette cible. Parce que le texte repose sur des jeux de sons qu'un écolier de cycle 3 peut certainement comprendre, avec des phrases courtes, au vocabulaire plutôt simple, et que le propos ne doit évidemment pas être réservé aux plus grands. 

"B.B.", en quatrième de couverture, ce n'est pas Brigitte Bardot, mais Annabelle, ou Buffalo Belle, qui dès l'école maternil préfère le tractopil à la maril, et, adolescent-e, refuse le ricelle et rêve de pantalons et de bretils. Le personnage grandit au fil (pardon : au felle) des pages, et arrive l'âge adulte où la question se pose différemment, parce qu'à "l'état civelle [...], elle ou il, ce n'est plus désormais un détail futelle". La fin est très ouverte, et laisse libre cours aux interprétations, lumineuses ou sombres. La fusion avec la nature est évoquée, parce que tout y est plus facile - facelle, plus "subtelle". 

J'ai beaucoup aimé cet album qui se lit à toutes sortes de niveaux : on peut s'arrêter sur le texte ludique qui nous fait redécouvrir la langue française ; on réfléchit, forcément, aux diktats concernant le genre et l'identité sexuelle ; on s'intéresse enfin à la différence, qui prend diverses formes, à l'identité au sens large, au développement de soi. L'auteur et illustrateur, Olivier Douzou, raconte sur le site des éditions du Rouergue la genèse de cet album, fortement inspiré par ses enfants et en particulier sa fille Zélie. Je lui laisse la parole, pour conclure : 

"On peut affirmer dans notre bon français
que certaines gens sont incertains

Les accords réservent des surprises

Singulièrement l'amour est il
et plurielles les amours sont elles"

Un sacré farceur, ce bon français... 

 

Quelques liens pour prolonger la réflexion sur la thématique du genre dans les albums pour enfants :

un article chez La voix du livre, qui prend pour cible les albums Papa et Maman des éditions Sarbacane, et en profite pour nous donner tout un tas d'exemples et de contre-exemples ;
- un blog tout entier, Fille d'album, une vraie mine d'analyses et d'idées lecture ; 
- une réflexion sur le rôle de l'école et du collège, dans un article de Max Butlen intitulé "Que faire des stéréotypes que la littérature adresse à la jeunesse ?"

Et les albums : 

Emile et la danse de boxe 
Auteur : Vincent Cuvellier
Ilustrateur : Ronan Badel
Editions  Gallimard jeunesse - Giboulées

Buffalo Belle
Auteur et illustrateur : Olivier Douzou
Editions du Rouergue 
 

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20 août 2016

Axl Cendres : Dysfonctionnelle

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Une belle, belle, très belle découverte chez Sarbacane !

Le choix des tags a été difficile. J'aurais pu en ajouter une dizaine de plus tant ce roman est foisonnant et ébouriffant. Et en plus, il m'a prise par surprise. 

Fausse piste n°1 : le titre et la couverture sobre et sans présence humaine me faisaient penser à une nouvelle dystopie à la Divergente. En fait, pas du tout.

Fausse piste n°2 : le premier chapitre et la quatrième de couverture nous plongent à un moment de l'histoire où Fifi, l'héroïne, n'est déjà plus une enfant, et où elle rend visite à son père déjà en prison. On se fait une image assez dure de ce père qui n'a pas l'air franchement sympathique : il reluque les serveuses, annonce de but en blanc à sa fille qu'il n'a jamais voulu d'enfants... Et puis, après cette prolepse, on repart au début de l'histoire, et on découvre des personnages plus nuancés, plus attachants, et plus nombreux.

En effet, autour de Fidèle, dite Fifi ou Bouboule, gravitent un nombre impressionnant de personnages : son père, donc, sa mère, son oncle qui vit avec eux au "Bout du monde", le bar qui appartient à la famille, à Belleville, et six frères et soeurs, tous plus différents les uns que les autres. On a un Jésus qui se prend vraiment pour Jésus, une Maryline qui se prend pour Simone Weil, une Dalida qui se prend pour quelqu'un qui ne serait pas de cette famille, quelqu'un qui pourrait se construire une vie "sans cris, sans bagarre, sans alcool, sans folie". Oui, c'est comme ça que la soeur aînée voit cette famille que Fifi qualifie elle-même de "dysfonctionnelle". Elle explique ce terme ainsi à son petit frère Grégo : "Ca veut dire une famille qui ne marche pas bien, enfin pas comme il faudrait... mais qui tient debout quand même, pigé ?". Et en fait, oui, malgré les allers-retours en prison du père, ceux en hôpital psychiatrique de la mère (traumatisée par sa déportation pendant la guerre), les caractères difficiles de certains frères et soeurs et le cadre de vie atypique du "Bout du monde"... elle tient quand même debout, cette famille. 

J'ai aimé cette phrase de Jean-Michel du blog éponyme : "M’est avis que c’est un roman qui est capable de remettre en place la personne la plus étroite d’esprit qui soit : une pensée raciste ? une intolérance aux gays ? à Johnny ? au football ? pas de problème, Axl Cendres est là pour poutrer tes préjugés moisis avec autant de talent que Barbra Streisand se déchaînant en duo avec Sinatra [...]". C'est exactement ça : j'ai rarement lu un livre (qui plus est en littérature jeunesse) qui aborde tant de situations de discriminations ou, du moins, de confrontation des différences, mais surtout, surtout, avec un naturel désarmant. L'accent est mis sur le choc des cultures, c'est ce qui pèse le plus dans la relation entre Fidèle et Sarah, son premier amour. Mais il y a tellement d'autres questions qui y sont liées ; par exemple, le passé douloureux de Fidèle dans une famille d'accueil revient tout au long de l'histoire, toujours en filigrane, à travers cette cicatrice au dos qu'elle ne montre qu'en cas de nécessité absolue et dont on ne saura jamais (non, non, j'insiste : jamais) dans quelles circonstances elle est apparue.

Par ailleurs, si j'avais lu ce livre avant le 17 juillet, il aurait trouvé sa place, proche des premières positions, dans la liste des plus belles histoires d'amour découvertes en littérature jeunesse. L'amour passion entre Fidèle et Sarah et les nombreux rebondissements au sein de leur relation m'ont fortement émue. C'est surtout cette histoire-là qui a provoqué chez moi "le cafard de la fin", selon l'expression de ClaireD de la super librairie Les Croquelinottes (elle, c'est à propos du nouveau roman de Clémentine Beauvais, Songe à la douceur).

Il va sans dire que, désormais, le nom d'Axl Cendres fera partie de ma veille littéraire : j'attends de pied ferme son prochain roman. Vivement !

17 juillet 2016

Rainbow Rowell : Eleanor Park

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Allez, un dernier post avant la trêve estivale. Mais non des moindres. Ce roman est sorti depuis 2012 déjà, je ne l'ai lu qu'il y a quelques semaines cependant. Si vous ne le connaissez pas encore, vous allez, comme moi et comme beaucoup d'autres, en prendre plein les mirettes. 

Il est de moins en moins rare, aujourd'hui, que les protagonistes d'une histoire d'amour soient des personnages atypiques, loin des stéréotypes du beau gosse et de la belle nana aussi rayonnants l'un que l'autre. John Green, notamment, s'est engagé sur cette voie, même si, dans Nos étoiles contraires, j'avais trouvé Hazel et Augustus un peu trop "tout" pour être honnêtes. Enrevanche, dans le roman de Rainbow Rowell, Eleanor est vraiment trop ronde pour les standards de la beauté, ne s'habille vraiment pas comme les autres, et, pour couronner le tout, elle a une vie vraiment difficile, du genre à devoir partir de sa maison parce que son beau-père ne veut pas d'elle. Park, lui, pourrait davantage se fondre dans la masse, s'il n'avait pas les traits coréens de sa mère, ce qui, pour la brute épaisse qui fréquente son lycée, est censé faire de lui un spécialiste de kung-fu. Eleanor est aussi tape-à-l'oeil que Park est discret. Mais, et ça n'a rien de particulièrement original d'ailleurs, ils vont quand même tomber amoureux l'un de l'autre, et pas qu'un peu. 

A partir de là, vous allez voir se dérouler tout au long de votre lecture les ingrédients assez habituels d'une romance adolescente : les déboires du lycée (la brute épaisse étant un incontournable du genre), les relations pas toujours simples avec les parents, les frères et les soeurs, la naissance des émotions, des émois, des sensations. Le style non plus ne semble avoir rien d'absolument différent, inimitable (moins percutant que celui de John Green, par exemple). Mais c'est l'équilibre parfait de tout, les portraits, les dialogues, le récit, qui crée l'alchimie et fait qu'on n'arrive pas à lâcher le roman d'un bout à l'autre. Je dis bien d'un bout à l'autre, car, contrairement à Plume de Cajou, j'ai aussi aimé la fin (le genre à vous faire éteindre la lumière à trois heures du matin parce qu'il est impensable de s'endormir sans l'avoir lue). 

Ce que j'ai retenu par-dessus tout, c'est la peinture très juste des sensations physiques, de tout ordre, provoquées par la rencontre puis l'histoire d'amour. Ca commence de manière anodine, avec ce genre de phrases : "Ce matin-là, en cours de littérature, Park a remarqué que les cheveux d'Eleanor étaient d'une nuance de rouge plus douce au creux de sa nuque." Il n'y a absolument rien d'explicite dans cette phrase, mais l'adjectif "douce" envahit tout le propos, et on ressent à la fois la fascination de Park pour Eleanor et sa volonté de ne pas se laisser embarquer dans des sentiments qu'il ne contrôlerait pas. Mais ces sentiments les envahissent, l'un comme l'autre : "Alors il a laissé glisser la soie et ses doigts dans la paume ouverte d'Eleanor. Et Eleanor s'est désintégrée." Arrivé vers la fin du roman, il y a des pages magnifiques sur le désir qui naît entre les deux corps. Magnifiques car précises et subtiles à la fois, naïves et réalistes en même temps. C'est ce qui, à mes yeux, a rendu l'histoire d'amour crédible, car ce désir transcende toutes les différences et toutes les difficultés qui se placent entre Park et Eleanor. 

C'est donc peu de dire qu'il s'agit là d'un roman fort : des personnages forts, dont la flamboyance, assumée ou non, se révèle au fur et mesure de l'histoire, des évènements non moins forts, car le quotidien d'Eleanor est dur, et l'histoire ne cherche pas à nous le cacher. Au contraire, cela devient partie prenante de l'intrigue amoureuse. Fort aussi comme les sentiments qui transpirent entre les mots, comme la musique que Park et Eleanor s'échangent, et dont l'auteure a eu le bon goût de nous fournir la playlist sur son site. Je suis fan de cette tendance (depuis quelques années déjà) à créer de véritables bandes-sons à l'intérieur des romans : Jean-Noël Sciarini, pour ne citer que lui, le fait aussi. Ah, et Marion Brunet, aussi (je savais bien que j'avais vu ça ailleurs aussi). Bref, un vrai beau livre qu'il faut lire et faire lire autour de vous. 

C'est l'occasion de vous glisser une petite check-list des romans d'amour "Young adults" à mettre dans votre valise ou dans celle de vos ados, s'ils n'ont pas été déjà lus. De John green, plutôt que Nos étoiles contraires, jetez-vous plutôt sur Qui es-tu, Alaska ? ou bien sur Will and Will, co-écrit avec David Levithan. Pensez aussi à Marie-Aude Murail et ses 3000 façons de dire je t'aime ou à La face cachée de Luna de Julie Anne Peters. Pour les amateurs de dystopie, Hunger Games possède bien sûr de belles pages sur les sentiments amoureux complexes de Katniss, mais on peut en trouver aussi dans la série Uglies de Scott Westerfeld, ou, côté français, dans les romans de Jean-Claude Mourlevat, Le combat d'hiver ou Terrienne. Enfin, pour les passionnés de Moyen Âge, il y a ma découverte de Meg Cabot, Avalon High

Ainsi, vous ne manquerez pas d'amour pour cet été ! 

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07 juillet 2016

Elisa Géhin : Il était plusieurs fois une forêt

Coup de coeur pour cet album sorti des cartons (il est sorti en 2009), et, en même temps, pour Elisa Géhin, son auteure-illustratrice.

Les illustrations sont très simples, sur fond blanc épuré. Quelques traits, quelques taches de couleur suffisent à figurer un oiseau, un arbre, un chapeau. Le jeu sur la répétition, l'organisation, désordonnée ou non, sur la page, rend l'ensemble très graphique. Je suis allée voir le site d'Elisa Géhin, et l'on retrouve cette simplicité et cette vivacité dans le reste de ses travaux.

Du coup, on a envie de tourner les pages, pour découvrir l'histoire qui se cache. Il était une fois un oiseau, avec une couronne, qui vivait seul dans son arbre. Alors il partit, pour "voir du pays". Jusque là, rien de surprenant : les éléments du conte sont réunis. Mais le disque semble rayé puisqu'à la page 7, ça recommence : "Il était une fois une forêt". Mais alors, il était combien de fois, exactement ? En fait, il était plusieurs fois, comme nous l'avait promis le titre. En effet, pour notre oiseau et sa couronne, la vie semble être un éternel recommencement. A chaque fois, il arrive dans un groupe ; tous sont différents de lui ; tous l'excluent ; il doit repartir. Qu'il porte une couronne, qu'il porte un chapeau, à chaque fois, il n'est pas comme les autres. Il était donc une fois un oiseau qui n'arrivait pas à s'intégrer. Mais, heureusement, un jour, il "tira son chapeau, jeta sa couronne"... et tout le monde l'imita ! Pour finir, voici ce qu'il arriva :

Une formidable réflexion sur la différence, l'exclusion, l'originalité, l'acceptation de soi, véhiculée par une narration originale et des illustrations très efficaces, qui se suffisent parfois à elles-mêmes. Beaucoup de fantaisie, d'humour, en très peu de traits : un cocktail réussi pour un album indispensable.

Auteure : Elisa Géhin
Illustratrice : Elisa Géhin
Editions Thierry Magnier
2009 

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04 juillet 2016

Stéphane Servant : La langue des bêtes

 

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Je déteste Stéphane Servant. Il m'énerve. Mais vraiment. En fait, je vous expliquer pourquoi il m'énerve : il a écrit un livre que j'aurais voulu écrire. Déjà, France 2, avec la série Trapped, m'avait volé mon idée de thriller en huis clos sur une île scandinave... Bon, je m'égare. Mais, ce roman, La langue des bêtes, il concentre effectivement tout ce que j'aurais eu envie de mettre dans un roman : la forêt, les animaux sauvages, le cirque, les monstres, le choc des cultures. Tous les univers qui me parlent, m'attirent, que je cherche un peu partout dans mes découvertes culturelles.

Avant de vous parler de ce roman, une petite parenthèse sur Stéphane Servant : c'est un auteur que j'ai déjà rencontré deux fois, mais sans faire le lien. La dernière fois, c'était récemment, avec l'album Purée de cochons. Mais je l'avais déjà lu dans Chat par-ci, Chat par-là, un de ces formidables petits romans de la collection Boomerang, aux éditions du Rouergue : des romans qui se lisent à l'endroit, à l'envers, avec des histoires qui se répondent entre elles, dont j'ai parlé la dernière fois. Pour ce qui est de Stéphane Servant, c'est donc un auteur assez surprenant, dont on a l'impression qu'il se glisse dans plusieurs plumes, tant ses textes ne se ressemblent pas. L'album Purée de cochons joue surtout sur l'humour et le jeu avec les classiques des contes pour enfants, pour les plus jeunes. Chat par-ci, Chat par-là amène plutôt à une réflexion sur la tolérance, l'entraide, l'acceptation de l'autre, sous des airs de récit léger, adressé à des lecteurs "cycle 3" (en langage Education Nationale, ça veut dire "CM1-CM2-6e). Quant à La langue des bêtes, c'est un roman bien plus conséquent, également aux éditions du Rouergue, mais pour les plus grands.

On y raconte l'histoire d'une ancienne troupe de forains. Ancienne, car, pour une raison qui ne sera expliquée qu'à la fin, mais qu'on devine peu à peu, le cirque a dû fermer ses portes aux spectateurs. Le chapiteau semble s'être définitivement posé dans un endroit qu'on appelle le "Puits aux anges", en lisière de forêt. Mais la poésie de ce nom est rattrapée par la dure modernité : la forêt et le Puits aux anges sont en passe d'être rasés, pour laisser place à une autoroute.

Voici pour la situation initiale. Et les personnages ? Leurs noms sont une histoire à eux seuls : il y a Belle, la mère ; Petite, la petite ; le Père, le père ; Major Tom, le nain ; Pipo et son lion Franco ; Colodi le marionnettiste. Beaucoup d'adultes, certains éreintés par la vie et les hommes, et une seule enfant, qui fait tout pour ne pas grandir et, surtout, pour ne pas oublier les histoires.

Car le fil conducteur de ce récit envoûtant est là : Petite croit aux histoires que les adultes lui racontent, elle veut, elle aussi, en raconter, et elle est persuadée que, le jour où tout le monde les aura oubliées, alors la Bête viendra se repaître de la solitude et de la souffrance qui régnera au Puits des Anges. Face aux gens du Village, puis de la Ville, qui les appellent ou les excluent, face aux mystères que portent en eux les adules qui l'entourent, face à cette mystérieuse Bête qui rôde dans la forêt et qui fascine autant qu'elle effraie, Petite lutte. Elle veut transmettre les histoires, comprendre pourquoi les bêtes ne parlent plus, renouer des liens qui n'existent plus.

C'est un roman extrêmement riche et profond que Stéphane Servant nous livre. Avec une langue d'une rare poésie, il dit la forêt et ses mystères, la solitude humaine, l'exclusion et l'amour, l'archaïsme et la modernité. On se laisse bercer de chapitre en chapitre, dans une histoire assez tortueuse : je me suis un peu perdue dans le dernier tiers du livre, mais finalement, n'était-ce pas l'intention de l'auteur ? On se perd avec les personnages, on se retrouvera (peut-être ?) avec eux.

Je le disais plus haut, j'ai rarement lu un livre qui rassemble autant de mes thèmes et univers de prédilection. Et j'ai aussi été convaincue par l'écriture. Je parlerai donc vraiment de chef-d'oeuvre pour ce roman découvert plutôt par hasard. Et je me réjouis d'avance de découvrir ses autres romans, dont on dit aussi le plus grand bien sur la Toile. En parlant de Toile, j'ai découvert deux blogs bien sympathiques avec des articles très enthousiastes aussi sur ce roman : c'est chez Keskonlit, et chez Bob et Jean-Michel.  

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30 juin 2016

Petites lectures pour petits lecteurs, épisode 3 : la collection "Boomerang"

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J'ai découvert cette collection en septembre, lors du lancement du prix Pep 42 avec nos classes de sixième. 

Le premier livre que j'en ai lu faisait donc partie de la sélection du prix, et c'était Chat par-ci, Chat par-là, de Stéphane Servant. Il n'a pas gagné le prix, mais, dans ma classe, il a remporté pas mal de succès. Evidemment, la première question qu'on se pose, c'est : "On commence par oùùùùù ?". Eh bien, justement, c'est ça qui est très chouette : on commence par où on veut ! La collection est fondée sur le principe de deux histoires qui se répondent (une même intrigue, avec deux points de vue différents). Le côté qu'on choisira va nécessairement déterminer la façon dont on entre dans l'histoire, le regard qu'on portera sur les personnages, mais c'est ça qui est intéressant. Dans Chat par-ci, Chat par-là, vous choisissez Lorette, une vieille dame qui râle beaucoup, ou Sofiane, un adolescent plutôt joyeux. Les deux sont coincés chez eux avec une jambe dans le plâtre. Voyez vous-mêmes comment ces deux récits débutent : 

"J'attends Lunes.
C'est un drôle de nom pour un chat. 
Mais j'adore les lundis et les chats. Et l'espagnol aussi. Lunes, ça veut dire lundi.
Le lundi est le jour où l'infirmière vient me faire faire les exercices de gymnastique.
Elle est jeune, belle et elle rit tout le temps. Elle a un accent espagnol qui chante. Et j'aime bien ça."

"J'attends Lundi.
C'est un drôle de nom pour un chat. 
Mais je n'aime ni les lundis ni les chats. C'est pour cela que j'ai choisi de l'appeler Lundi. Le lundi est le jour où l'infirmière vient me faire faire les exercices de gymnastique.
Et je n'aime ni la gymnastique, ni l'infirmière. Elle est jeune, belle et elle rit tout le temps. Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Avec son accent de chanteuse de flamenco, elle est insupportable !"

Derrière une histoire qui semble légère se cache un message sur la différence, la solidarité, la tolérance, et une "fin" (si l'on peut parler de fin) pas si attendue que ça. Stéphane Servant, il écrit des choses bien, quand même, j'ai découvert ça depuis quelques temps ; j'en ai déjà parlé ici et j'en reparlerai bientôt. 

Puis j'ai découvert qu'Antoine Dole avait co-écrit un titre de cette collection. Cette fois-ci, ça s'appelle Salut, Hikaru ! Konnichiwa, Martin ! Et, comme le suggèrent les titres, il est question de voyage et de langues. Une histoire toute simple, là encore, de deux écoliers, l'un français, l'autre japonaise, qui s'envoient des lettres. Mais une histoire pas si naïve que ça, qui, elle aussi, reflète bien les préjugés qu'on peut avoir sur certaines personnes ou certaines pratiques. 

Tous les autres titres sont dans le catalogue, et certains me paraissent alléchants dès le titre (notamment J'aime pas ma petite soeur/Je veux être la grande !). 

D'autres idées de lecture utilisant l'idée des différents points de vue : 

- un album : l'indémodable Une histoire à quatre voix, d'Anthony Browne

- un roman jeunesse : le non moins indémodable L'enfant océan, de Jean-Claude Mourlevat. (plumé ici chez la petite Mu, mais aussi sur le site Educalire, un peu plus fourni, et plus pédagogique.)

- enfin, deux romans jeunesse qui ne racontent qu'une seule histoire : Le pianiste sans visage et La fille de 3eB, de Christian Grenier (et là, allez voir directement sur le site de l'auteur, avec un long commentaire sur l'écriture des deux romans - attention aux spoilers, cependant).

 

 Néo-défi lecture 2016 : Un livre avec deux auteurs (pour Salut, Hikaru ! Konnichiwa, Martin !)

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25 avril 2016

Perrine Joe, Anne-Soline Sintès : Ma nounou est une girafe

Ma nounou est une girafe rognée

On aurait envie de rajouter au titre : "Et alors ?" Ce qui résumerait parfaitement l'idée de cet album qui parle de différence. L'histoire pourrait ne jamais avoir lieu, parce que, quand on annonce à un petit garçon, Arsène, que sa nouvelle nounou est une girafe, il commence par faire une sale tête. Mais ça ne dure qu'une double page : dès qu'on la tourne, on découvre plein d'aventures partagées entre les deux personnages. Un long cou, c'est quand même utile de temps en temps.

Mais, après ces premières pages, un nouvel événement se produit dans l'histoire : des panneaux "Interdit aux longs cous" apparaissent à différents lieux stratégiques de la ville. Evidemment, le cerveau du lecteur adulte se met en route. On s'imagine (enfin, je m'imagine) tout de suite des wagons pleins à craquer menant vers un lointain zoo désaffecté, ou même une étoile en peau tachetée. En fait, ça ne va pas si loin. L'histoire se concentre plutôt sur les "manounoufestations" organisées à l'initiative d'Arsène, d'une part, et sur l'enquête visant à trouver qui est à l'origine de ces panneaux, d'autre part. La solution à cette enquête est toute simple et toute la gravité qui aurait pu peser sur la situation s'envole d'un seul coup à la fin.

Peut-être avez-vous senti que j'ai été un peu déçue par la fin et la teneur générale de l'album. Après une première fausse piste, due à la couverture et à la première page, qui me faisait croire à une histoire d'apprivoisement entre un enfant grognon et un adulte atypique, puis une seconde qui semblait nous emmener sur une réécriture de l'antisémitisme nazi, j'étais un peu décontenancée. Mais je pense avoir lu cet album avec des yeux trop adultes. En fait, c'est surtout une histoire pleine de fantaisie et d'optimisme, qui montre que tout problème peut avoir sa solution. Sans vous en dévoiler trop sur la fin, il y  est question de communication et de confrontation des différences. A la relecture, je reconnais avoir apprécié les nombreuses trouvailles rigolotes, tant dans le texte que dans les illustrations.

En lisant d'autres critiques sur le net, j'ai vu que le chemin de lecture avait été dans le sens inverse, c'est-à-dire que les lecteurs ont d'abord vu la fantaisie, puis ont su déceler le sérieux et la gravité entre les lignes. Le blog Littéraventures le conseille à ceux "qui ont déjà tout lu de [sa] sélection "Vivre ensemble". "

Et vous, adopterez-vous cette nounou d'enfer ?

Auteure : Perrine Joe
Illustratrice : Anne-Soline Sintès
Editions Le Père Fouettard

J'ai piqué cette photo sur Café Powell, webzine culturel

 

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23 septembre 2014

John Irving : A moi seul bien des personnages

C'est ma première rencontre avec Irving, et ce fut un échec. Je n'ai pas accroché du tout avec l'écriture, et je me suis traînée le roman comme un boulet (je déteste ne pas finir un livre). Je me suis même demandé, plusieurs fois, si ce n'était pas un bête problème de traduction. Seule la fréquentation d'autres romans de cet écrivain pourtant fameux me le dira. Je ne compte pas renoncer définitivement. 

J'ai trouvé le contenu très ambitieux : non pas tellement à cause des thèmes abordés (la différence sexuelle et son acceptation dans les différents milieux sociaux à différentes époques, les conflits familiaux...), mais surtout sur le fait que tous ces thèmes soient concentrés sur un seul et même personnage. Alors, oui, ça explique le titre. (Ce dont je viens tout juste de me rendre compte - shame on me.) Mais ça a constitué pour moi un handicap à la fluidité du récit, et un réel blocage. Il arrive trop de choses au héros, et à d'autres personnages aussi d'ailleurs, pour que je réussisse vraiment à m'y attacher. Je me suis toujours sentie hors du récit. 

Bref, un échec, mais j'ai eu ce que je voulais : je sais ce que veut dire le mot "intercrural" :-)

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22 octobre 2013

R.J. Palacio : Wonder

Journal de lecture

Une présentation différente pour un livre différent :
a) j'ai préféré, en guise d'illustration, insérer ce message, que l'on trouve sur la quatrième de couverture, plutôt que la couverture en elle-même  (qui, effectivement, me laisse plus ou moins de marbre). "Read this book", on ne saurait mieux dire. 
b) j'ai aussi décidé de réitérer la démarche déjà adoptée pour l'un de mes précédents comptes-rendus (celui-ci très exactement), à savoir celle du journal de lecture. En plus, c'est le travail que je viens de demander à mes élèves de troisième pour leur prochaine fiche de lecture. (J'ai hâte de lire leurs productions : fin du suspense le lundi 18 novembre...).

Allons-y donc pour un compte-rendu "en direct" : 

Samedi 12 octobre, 22h environ (?) : 
Une amie libraire me fait part de ses derniers coups de coeur. Parmi eux, Wonder de R.J. Palacio. J'en ai déjà entendu parler, j'ai dû le voir traîner sur des listes de sélections, ou en voir la couverture à la médiathèque. Allez, c'est décidé : je l'ajoute à la liste de mes prochains emprunts. 

Samedi 19 octobre, 11h15 : 
Je trouve sans problème le livre dans les rayons de la médiathèque. Sa taille, copieuse, me satisfait. Paradoxalement, le fait de voir qu'à l'intérieur, la présentation est très aérée, qu'il y a peu de mots par page, me rassure aussi : là, je pense à mes élèves... 

Samedi 19 octobre, 21h30 :
Décidément, le film qu'on a choisi de regarder avec mon chéri (devrais-je dire : que mon chéri a choisi de regarder ?...) ne me passionne pas. Heureusement, j'ai emmené avec moi sur le canapé cette fameuse "merveille" dont on m'a dit le plus grand bien. Cependant, je ne me presse pas de le commencer : peur de l'avoir trop vite fini. J'attends donc d'avoir migré dans mon lit pour l'ouvrir enfin. 

Samedi 19 octobre, 22h30 : 
J'ai terminé la première partie. Ca se lit très bien, en effet, cependant je reste un peu sur ma faim. Je m'attendais à quelque chose de plus "coup de poing", avec plus d'humour noir, peut-être. Les événements s'enchaînent et restent assez prévisibles. Il reste encore beaucoup de pages à lire, j'ai peur de la lassitude. 

Dimanche 20 octobre, 9h : 
J'attaque la deuxième partie. Et là, je vois quelque chose que je n'avais pas repéré en feuilletant le livre : le narrateur change. Ce n'est plus August, le héros, qui nous parle, mais sa soeur, Olivia, dite "Via". C'est pile poil ce qu'il fallait, au moment où il le fallait, pour relancer l'histoire et éviter cette fameuse lassitude qui m'inquiétait. On repart en arrière, sans pour autant s'attarder aussi longtemps sur les mêmes détails que dans la première partie. C'est très habile, et très réaliste : Olivia n'attache pas d'importance aux mêmes choses que son frère, il est donc normal que sa narration suive un rythme différent. Et, finalement, on ne s'ennuie pas une seconde. 
Du coup, j'enchaîne les pages, sans plus m'arrêter, et je vois défiler d'autres narrateurs : Summer, l'une des rares amies d'August, Jake, un autre de ses camarades... A chaque fois, c'est le même plaisir, celui de revenir en arrière mais d'avancer en même temps : les pièces du puzzle se mettent en place et l'univers d'August est de plus en plus palpable. 

J'aime les références à certaines chansons, dont la chanson fétiche d'August et Miranda, Space Oddity de Bowie. Qui me fait immanquablement penser à ça  : un autre "wonder", une autre histoire d'exclusion, de premiers pas, d'acceptation de soi. 

Dimanche 20 octobre, 11h32 : 
Après avoir enfin décollé de ma table pour prendre ma douche et m'habiller (oui, dans un journal de lecture, on se dit tout !), et mis à jour ce journal de lecture, j'avais vaguement décidé de corriger quelques copies... Et puis, zut, j'ai vraiment envie de continuer. Je suis en vacances, après tout ! 
Donc, je finis. Comme d'habitude, je suis déçue d'avoir fini si vite. J'aurais aimé partager un peu plus longtemps l'univers de cet August si attachant, et surtout celui de ses amis : les personnages secondaires sont vraiment intéressants, et on se prend à espérer en savoir plus sur certains. Une frustration pas désagréable, somme toute.

Alors, c'est plein de bons sentiments, les méchants sont punis et les gentils récompensés, la fin est très happy-américaine, mais ça fait du bien, quand même.  Cela rappelle que, oui, des méchants, il y en a et il y en aura toujours, mais qu'une vie est possible à côté d'eux, et malgré eux. Mais il est bon de savoir qu'ils sont méchants, parce qu'on comprend qu'on est du bon côté, en tout cas qu'on ne va pas s'interdire de vivre à cause d'eux. 

Je souhaite vraiment faire lire ce livre à mes élèves, au moins quelques uns, ce qui ne s'arrêteront pas aux apparences (= le nombre de pages...). C'est une lecture agréable et idéale pour les entrants en 6e. 

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