12 octobre 2017

Clare Bennett : Le journal intime de Baby George

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Eh oui, ça ne vous a pas échappé (ou peut-être que si, et dans ce cas, heureusement que vous passez par ici) : Kate Middleton attend son troisième enfant ! 

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L'événement n'aurait pas manqué de me laisser de marbre si je n'avais pas lu, il y a quelques temps, un roman assez rigolo de Clare Bennett, écrivaine et scénariste anglaise : Le journal intime de Baby George. Baby George, oui, c'est bien le George de Kate et William, prince de Cambridge, né en 2013. Clare Bennett, collaboratrice régulière du magazine Tatler, "the oldest and best magazine in the entire world" (ce sont eux qui le disent), est une spécialiste de la famille royale. Elle maîtrise son sujet. Mais n'allez pas croire que ce roman se veut un témoignage réaliste de la vie du plus célèbre couple d'Angleterre : "Ceci est une oeuvre de fiction. Si certains personnages existent dans la réalité, toutes les situations et les dialogues sont purement imaginaires. [...] toute ressemblance avec des personnages ou des événements existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence."

Mouais ! Alors, quand même, des "personnages existants ou ayant existé", il y en a toute une flopée, à savoir la famille royale dans son grand ensemble : la reine, le prince Charles, les oncles et tantes, William et Harry, Kate et Pippa... Je veux bien que les assistants coiffure, stylistes, jardiniers... aient été créés de toutes pièces... et encore. Donc ce journal repose sur des faits réels : le journal de George (car c'est bien lui qui raconte) commence le jour de son premier anniversaire, le 22 juillet 2014. Peu de temps après, il se rend bien compte que sa maman fait des choses bizarres, comme vomir plusieurs fois par jour, ou rester avec le même pyjama trois journées d'affilée. Eh bien, oui, c'est cela, George va avoir une petite soeur ! Bon, nous, on connaît la fin de l'histoire : elle s'appelle Charlotte, et elle est effectivement née le 2 mai 2015. Et puis, on sait aussi que les déplacements de William racontés dans le journal ont vraiment eu lieu ; même la fameuse "hyperémèse gravidique" de Kate est réelle, on nous en rebat assez les oreilles en ce moment. 

Mais évidemment, personne ne sait et ne saura jamais ce qu'il y a eu dans la tête du petit William au cours de sa deuxième année d'existence, alors Clare Bennett a pu se faire plaisir. Elle nous dépeint le quotidien d'un petit prince hyper gâté (qui a dit pourri ?), se coltinant nombre de protocoles officiels, et assez méfiant quant à l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur (le sexe était tenu secret jusqu'à la naissance). 

Cela reste très léger. J'ai bien aimé les passages décrivant l'oncle Harry et la tante P (la fameuse Pippa), présentés comme deux jeunes gens flirtant gentiment, en tout bien tout honneur - ou plutôt Harry, montré comme faisant inlassablement la cour à Pippa : fake ou réalité ? J'ai souri parfois sans forcément rire aux éclats, contrairement à ce que dit la traductrice française Géraldine d'Amico. Mais on peut quand même dire que c'est une lecture plus réussie et plus divertissante que les tabloïds, et plus intéressante à mes yeux que les romans (ou les films, d'ailleurs) britanniques humoristiques. 

A réserver pour les après-midi pluvieux, ou les fans de la famille royale (et il y en a !).  


26 septembre 2016

Maria Jalibert : Le joyeux abécédaire

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A comme Alligator, B comme Bison, C comme Caniche... Tiens, un abécédaire d'animaux, me direz-vous. A comme Atchoum, B comme Bêêêê, C comme Cocoricoooo, D comme Driiiiiiing : ah non, ce sont des onomatopées. Puis "Un gorille gelé sous une giboulée glaciale", un "Homme houspillant un âne harassé" : ah ? Serait-ce un abécédaire poétique ? 

En fait, c'est tout ça à la fois, et bien plus encore ! Maria Jalibert avait déjà exposé sa collection de jouets miniatures dans Bric-à-brac, un imagier dans lequel elle suggérait des classements astucieux et parfois inattendus pour découvrir des contraires ou des oppositions. Elle recycle ces petits objets une deuxième fois, en proposant cette fois-ci des associations alphabétiques. Point de règles ni de régularité : chez Maria Jalibert, on surprend, on s'amuse, on se désordonne, et puis on se réordonne, mais jamais de la même manière. De cela sortent toutes sortes de planches très rigolotes :  

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Et le pari vocabulaire est tenu : l'album foisonne de mots intéressants que l'on prendra plaisir à expliquer et raconter à l'aide des images : qu'est-ce qu'une araignée "acariâtre" ? Un chien "colossal" ? Un diable "disgracieux" ? Etc, etc. 

J'ai complètement craqué sur cet album aux images délicieusement vintage, que j'ai lu comme une véritable malle au trésor : on exhume des jouets, on exhume des mots, mais on réinvente l'abécédaire et on joue avec le langage. Du recyclage d'images et de lettres tout à fait réussi ! Ca donne plein d'idées de créations artistiques... Avant ou après la lecture de l'album, allez jeter un oeil aux coulisses de la création sur le blog de l'auteure-illustratrice, et découvrez encore plein de petits trésors ! 

Suite de ma collaboration avec les éditions Didier Jeunesse

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08 août 2016

Semaine de la BD, #1 : Riad Sattouf, L'arabe du futur

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Pour cette semaine de la BD chez la petite Mu, le principe sera le suivant : découvrir des auteurs, des séries ou des genres que la petite Mu est la dernière - ou presque - à découvrir. 

En effet, les deux premiers tomes de l'autobiographie dessinée et racontée par Riad Sattouf ne datent pas d'aujourd'hui : le premier tome, paru en 2014, a remporté le Fauve d'or au festival d'Angoulême de 2015, et le deuxième tome est sorti dans la foulée en juin 2015. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire : à défaut, donc, de vous apprendre qui est cet auteur et de quoi parle cette bande dessinée, je me contenterai de vous livrer mes impressions sur un phénomène déjà connu. 

Je suis plutôt bonne cliente pour les autobiographies en bande dessinée. Qu'elles s'inscrivent dans un cadre historique, comme Persepolis, Couleur de peau : miel, Deuxième génération, ou pas du tout, comme Fraise et chocolatj'aime lire des récits de vie, voir le regard qu'un auteur porte sur lui-même, et, qui plus est en BD, un regard au sens propre : comment cet auteur illustrateur voit-il son propre corps, comment se le représente-t-il dans l'espace et le temps ? Je partais donc assez convaincue d'avance, avec, en outre, l'envie d'en apprendre davantage sur l'histoire du Moyen Orient, vue de l'intérieur. 

Je suis sortie de ma lecture un peu noyée sous le flot d'informations. C'est, parfois, je trouve, l'écueil de ces autobiographies dessinées. Le genre de la BD appelle la vivacité, exige de ramasser des morceaux entiers en une case efficace, tant par le dessin que par le texte. Dans une bonne BD, l'histoire se joue presque autant entre les cases que dans ce qui est dessiné. Or, quand on entre dans un univers qu'on ne connaît pas, ou mal, il est difficile de lire entre les lignes. J'ai eu parfois l'impression de passer à côté de faits qui devaient être évidents à Riad, enfant et adulte. Cependant, là où le pari est gagné, c'est que cette lecture donne envie d'aller chercher des précisions ou des compléments sur les faits historiques ou sociologiques abordés dans cette BD. 

De même, la BD n'étant pas spontanément un genre se prêtant aux développements ou à l'analyse, Saatouf prend le parti, justement, de ne jamais prendre parti. Les comportements de ses parents - le père et son admiration aveugle du "socialisme arabe", la mère et ses quelques coups de colère comme des coups d'épée dans l'eau - sont déstabilisants, et parfois clairement choquants. Mais aucun jugement de valeur n'est proféré par le narrateur. Dans le deuxième tome, le petit Riad qui grandit se laisse aller à exprimer davantage d'émotions : une "incroyable envie de pleurer" quand son père l'emmène chasser les moineaux, une peur bleue de l'école syrienne et de sa terrible maîtresse. Certainement que le choix d'une certaine distance vient d'une volonté de réalisme : il est toujours difficile pour un enfant - à la fin du tome 2, Riad n'a jamais que sept ans - de mettre des mots sur ses sentiments. En cela, la narration est très naturelle, car elle restitue par images des scènes que l'enfant a mémorisées, sans pour autant les avoir analysées. Finalement, il en est de même dans Persepolis, où Marjane Satrapi cherche bien à montrer à quel point il est difficile de poser un regard critique sur des lieux, des gens, des habitudes qui ont rythmé son enfance. 

Peut-être que le tome 3 (à paraître le 6 octobre) introduira peu à peu un regard plus critique ? A moins que ce parti pris de distance soit maintenu tout au long des cinq tomes annoncés ? Je reste en tout cas quelque peu sur ma faim, et j'aurai certainement besoin de relectures pour apprécier davantage cet énorme succès de la bande dessinée. 

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03 août 2016

Semaine des couleurs, #2 : Drew Daywalt et Oliver Jeffers, Rébellion chez les crayons

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 Vous voulez des couleurs ? Vous en aurez plein la trousse !

Car, oui, les personnages de cet album ne sont autres que les crayons de couleur du jeune Duncan. Bon, d’après les illustrations, on parlerait plutôt de pastels : en fait, dans le titre anglais, c’est le mot « crayons » qui est utilisé, et il peut effectivement signifier « craie grasse ». Pourquoi vous parlè-je du titre anglais ? Parce que c’est à Londres, lors de mon passage dans la gigantesque librairie Waterstone’s, que j’ai vu cet album pour la première fois. Un an plus tard, le voici dans ma bibliothèque.

C’est donc l’histoire d’une bande de crayons qui ont chacun de bonnes raisons de se plaindre auprès de leur propriétaire et utilisateur : le rouge et le bleu sont épuisés à force d’être mis à contribution, le noir et le rose se sentent au contraire sous-employés, le beige voudrait être appelé par son nom véritable et non des succédanés comme « brun clair » ou « blé doré »…

Toutes ces récriminations sont adressées par courrier au jeune Duncan avec, bien sûr, beaucoup d’humour, mais aussi des remarques très pertinentes sur les stéréotypes enfantins : Duncan, comme garçon, dessine des camions de pompier mais délaisse la couleur rose ; par ailleurs, comme beaucoup d’enfants (voir Pierre n’a plus peur du noir de Pastoureau), il ne considère pas le noir comme une couleur à part entière.

Les illustrations sont très sympathiques, mêlant naïveté et précision. Il y a cette impression de « collage », avec l’insertion d’images dans l’image, que j’aime beaucoup dans les albums.

C’est un album qui fera certainement rire les enfants qui aiment dessiner et qui, à son échelle, transmet aussi des réflexions sur l’esthétique, au sens large.

Et, ce qui tombe très bien, c’est que la suite, Les crayons rentrent à la maison, est à paraître le 31/08 ! 

Auteur : Drew Daywalt
Illustrateur : Oliver Jeffers
Editions Thierry Magnier
2014

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17 juillet 2016

Rainbow Rowell : Eleanor Park

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Allez, un dernier post avant la trêve estivale. Mais non des moindres. Ce roman est sorti depuis 2012 déjà, je ne l'ai lu qu'il y a quelques semaines cependant. Si vous ne le connaissez pas encore, vous allez, comme moi et comme beaucoup d'autres, en prendre plein les mirettes. 

Il est de moins en moins rare, aujourd'hui, que les protagonistes d'une histoire d'amour soient des personnages atypiques, loin des stéréotypes du beau gosse et de la belle nana aussi rayonnants l'un que l'autre. John Green, notamment, s'est engagé sur cette voie, même si, dans Nos étoiles contraires, j'avais trouvé Hazel et Augustus un peu trop "tout" pour être honnêtes. Enrevanche, dans le roman de Rainbow Rowell, Eleanor est vraiment trop ronde pour les standards de la beauté, ne s'habille vraiment pas comme les autres, et, pour couronner le tout, elle a une vie vraiment difficile, du genre à devoir partir de sa maison parce que son beau-père ne veut pas d'elle. Park, lui, pourrait davantage se fondre dans la masse, s'il n'avait pas les traits coréens de sa mère, ce qui, pour la brute épaisse qui fréquente son lycée, est censé faire de lui un spécialiste de kung-fu. Eleanor est aussi tape-à-l'oeil que Park est discret. Mais, et ça n'a rien de particulièrement original d'ailleurs, ils vont quand même tomber amoureux l'un de l'autre, et pas qu'un peu. 

A partir de là, vous allez voir se dérouler tout au long de votre lecture les ingrédients assez habituels d'une romance adolescente : les déboires du lycée (la brute épaisse étant un incontournable du genre), les relations pas toujours simples avec les parents, les frères et les soeurs, la naissance des émotions, des émois, des sensations. Le style non plus ne semble avoir rien d'absolument différent, inimitable (moins percutant que celui de John Green, par exemple). Mais c'est l'équilibre parfait de tout, les portraits, les dialogues, le récit, qui crée l'alchimie et fait qu'on n'arrive pas à lâcher le roman d'un bout à l'autre. Je dis bien d'un bout à l'autre, car, contrairement à Plume de Cajou, j'ai aussi aimé la fin (le genre à vous faire éteindre la lumière à trois heures du matin parce qu'il est impensable de s'endormir sans l'avoir lue). 

Ce que j'ai retenu par-dessus tout, c'est la peinture très juste des sensations physiques, de tout ordre, provoquées par la rencontre puis l'histoire d'amour. Ca commence de manière anodine, avec ce genre de phrases : "Ce matin-là, en cours de littérature, Park a remarqué que les cheveux d'Eleanor étaient d'une nuance de rouge plus douce au creux de sa nuque." Il n'y a absolument rien d'explicite dans cette phrase, mais l'adjectif "douce" envahit tout le propos, et on ressent à la fois la fascination de Park pour Eleanor et sa volonté de ne pas se laisser embarquer dans des sentiments qu'il ne contrôlerait pas. Mais ces sentiments les envahissent, l'un comme l'autre : "Alors il a laissé glisser la soie et ses doigts dans la paume ouverte d'Eleanor. Et Eleanor s'est désintégrée." Arrivé vers la fin du roman, il y a des pages magnifiques sur le désir qui naît entre les deux corps. Magnifiques car précises et subtiles à la fois, naïves et réalistes en même temps. C'est ce qui, à mes yeux, a rendu l'histoire d'amour crédible, car ce désir transcende toutes les différences et toutes les difficultés qui se placent entre Park et Eleanor. 

C'est donc peu de dire qu'il s'agit là d'un roman fort : des personnages forts, dont la flamboyance, assumée ou non, se révèle au fur et mesure de l'histoire, des évènements non moins forts, car le quotidien d'Eleanor est dur, et l'histoire ne cherche pas à nous le cacher. Au contraire, cela devient partie prenante de l'intrigue amoureuse. Fort aussi comme les sentiments qui transpirent entre les mots, comme la musique que Park et Eleanor s'échangent, et dont l'auteure a eu le bon goût de nous fournir la playlist sur son site. Je suis fan de cette tendance (depuis quelques années déjà) à créer de véritables bandes-sons à l'intérieur des romans : Jean-Noël Sciarini, pour ne citer que lui, le fait aussi. Ah, et Marion Brunet, aussi (je savais bien que j'avais vu ça ailleurs aussi). Bref, un vrai beau livre qu'il faut lire et faire lire autour de vous. 

C'est l'occasion de vous glisser une petite check-list des romans d'amour "Young adults" à mettre dans votre valise ou dans celle de vos ados, s'ils n'ont pas été déjà lus. De John green, plutôt que Nos étoiles contraires, jetez-vous plutôt sur Qui es-tu, Alaska ? ou bien sur Will and Will, co-écrit avec David Levithan. Pensez aussi à Marie-Aude Murail et ses 3000 façons de dire je t'aime ou à La face cachée de Luna de Julie Anne Peters. Pour les amateurs de dystopie, Hunger Games possède bien sûr de belles pages sur les sentiments amoureux complexes de Katniss, mais on peut en trouver aussi dans la série Uglies de Scott Westerfeld, ou, côté français, dans les romans de Jean-Claude Mourlevat, Le combat d'hiver ou Terrienne. Enfin, pour les passionnés de Moyen Âge, il y a ma découverte de Meg Cabot, Avalon High

Ainsi, vous ne manquerez pas d'amour pour cet été ! 

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14 juillet 2016

Alex Cousseau, Philippe-Henri Turin : Je veux être une maman tout de suite !

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C'est le titre qui m'a attirée. Je ne pense pas trop m'avancer en disant qu'il trouvera un écho aussi bien (voire plus!) chez les femmes bien adultes que chez les petites filles... 

A l'intérieur, on découvre de très beaux dessins, dans la veine naturaliste qu'on retrouve assez souvent à L'école des loisirs, et qui prend toute son ampleur dans certaines pages comme celle-ci :  

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Mais on découvre également une histoire à la fois drôle et plutôt bien vue, qui parle de l'impatience de l'enfance (mais, encore une fois, dans laquelle nombre d'adultes peuvent se retrouver...), de ces idées fixes qui nous prennent parfois et brouillent notre sens de la réalité, mais aussi de la notion de famille et des représentations qu'on met derrière cette notion. Ne cherchez pas une intrigue complexe : il ne s'agit que de Julote, une petite poussine qui, aussitôt née, veut "être une maman tout de suite". Elle part à la recherche d'un oeuf, qu'elle trouve, mais qui verra éclore un autruchon... Mais l'histoire comme la fin sont très rigolotes. 

Pour des idées d'exploitation de l'album avec des enfants, j'ai trouvé le site d'un groupe d'animation au Québec, Le monde de Rico, avec plein d'idées sympas comme les Québecois savent si bien le faire. 

Soyons francs, de mon côté, je garderai surtout le titre et le thème associé, et puis, quand même, quelques belles pages, que j'ai envie de partager encore avec vous : 

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Allez, avouez que vous aussi, ils vous font craquer, cette petite poussine avec son gros autruchon ! 

Auteur : Alex Cousseau
Illustrateur : Philippe-Henri Turin
Editions L'école des loisirs
2002

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13 juillet 2016

Claudine Morel : Clic !

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Quand viennent les vacances, on aime bien avoir son appareil photo sous la main pour immortaliser les promenades et les découvertes. Mais les jours de pluie, un appareil photo, ça peut être très utile aussi. Surtout quand on est cinq gnomes et qu'on doit s'occuper. Il suffit d'une "grande feuille blanche sur le mur pour faire un décor", et "le studio est prêt". 

C'est à cette activité que se livrent les sympathiques petits monstres que vous voyez sur la couverture. Il y a la pose sage, où tout le monde regarde l'appareil bien en face (ou presque), et il y a les poses rigolotes, que le petit lecteur découvrira en soulevant les pages de droite.  

Clic 2   Clic 3

J'ai tout de suite aimé le format du livre, petit et en longueur, très sympa à manipuler. Moi qui aime les détails et les univers foisonnants, j'aurais pu être frustrée par la sobriété des images... mais c'était sans compter le petit personnage sans nom qui commence à mettre son grain de sel à la septième page, et ne s'arrête plus jusqu'à la fin... 

Clic 4

Evidemment, ça donne envie d'imiter Gilbert, Cindy et les autres : d'autres blogueurs ont testé et approuvé, comme Velidhu sur Que lire ? Ce livre est donc une vraie boîte à malices, deux en un : activité lecture, puis activité photo ! 

Et l'occasion de découvrir l'univers de Claudine Morel, illustratrice et plus encore. 

Auteure et illustratrice : Claude Morel
Editions Didier Jeunesse
2016 

Suite de ma collaboration avec les éditions Didier Jeunesse 

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30 juin 2016

Petites lectures pour petits lecteurs, épisode 3 : la collection "Boomerang"

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J'ai découvert cette collection en septembre, lors du lancement du prix Pep 42 avec nos classes de sixième. 

Le premier livre que j'en ai lu faisait donc partie de la sélection du prix, et c'était Chat par-ci, Chat par-là, de Stéphane Servant. Il n'a pas gagné le prix, mais, dans ma classe, il a remporté pas mal de succès. Evidemment, la première question qu'on se pose, c'est : "On commence par oùùùùù ?". Eh bien, justement, c'est ça qui est très chouette : on commence par où on veut ! La collection est fondée sur le principe de deux histoires qui se répondent (une même intrigue, avec deux points de vue différents). Le côté qu'on choisira va nécessairement déterminer la façon dont on entre dans l'histoire, le regard qu'on portera sur les personnages, mais c'est ça qui est intéressant. Dans Chat par-ci, Chat par-là, vous choisissez Lorette, une vieille dame qui râle beaucoup, ou Sofiane, un adolescent plutôt joyeux. Les deux sont coincés chez eux avec une jambe dans le plâtre. Voyez vous-mêmes comment ces deux récits débutent : 

"J'attends Lunes.
C'est un drôle de nom pour un chat. 
Mais j'adore les lundis et les chats. Et l'espagnol aussi. Lunes, ça veut dire lundi.
Le lundi est le jour où l'infirmière vient me faire faire les exercices de gymnastique.
Elle est jeune, belle et elle rit tout le temps. Elle a un accent espagnol qui chante. Et j'aime bien ça."

"J'attends Lundi.
C'est un drôle de nom pour un chat. 
Mais je n'aime ni les lundis ni les chats. C'est pour cela que j'ai choisi de l'appeler Lundi. Le lundi est le jour où l'infirmière vient me faire faire les exercices de gymnastique.
Et je n'aime ni la gymnastique, ni l'infirmière. Elle est jeune, belle et elle rit tout le temps. Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Avec son accent de chanteuse de flamenco, elle est insupportable !"

Derrière une histoire qui semble légère se cache un message sur la différence, la solidarité, la tolérance, et une "fin" (si l'on peut parler de fin) pas si attendue que ça. Stéphane Servant, il écrit des choses bien, quand même, j'ai découvert ça depuis quelques temps ; j'en ai déjà parlé ici et j'en reparlerai bientôt. 

Puis j'ai découvert qu'Antoine Dole avait co-écrit un titre de cette collection. Cette fois-ci, ça s'appelle Salut, Hikaru ! Konnichiwa, Martin ! Et, comme le suggèrent les titres, il est question de voyage et de langues. Une histoire toute simple, là encore, de deux écoliers, l'un français, l'autre japonaise, qui s'envoient des lettres. Mais une histoire pas si naïve que ça, qui, elle aussi, reflète bien les préjugés qu'on peut avoir sur certaines personnes ou certaines pratiques. 

Tous les autres titres sont dans le catalogue, et certains me paraissent alléchants dès le titre (notamment J'aime pas ma petite soeur/Je veux être la grande !). 

D'autres idées de lecture utilisant l'idée des différents points de vue : 

- un album : l'indémodable Une histoire à quatre voix, d'Anthony Browne

- un roman jeunesse : le non moins indémodable L'enfant océan, de Jean-Claude Mourlevat. (plumé ici chez la petite Mu, mais aussi sur le site Educalire, un peu plus fourni, et plus pédagogique.)

- enfin, deux romans jeunesse qui ne racontent qu'une seule histoire : Le pianiste sans visage et La fille de 3eB, de Christian Grenier (et là, allez voir directement sur le site de l'auteur, avec un long commentaire sur l'écriture des deux romans - attention aux spoilers, cependant).

 

 Néo-défi lecture 2016 : Un livre avec deux auteurs (pour Salut, Hikaru ! Konnichiwa, Martin !)

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27 juin 2016

Petits livres pour petits lecteurs, épisode 2 : la collection "Premier roman"

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J'ai découvert cette collection un peu par hasard, dans une librairie. J'ai reconnu Antoine Dole, que j'ai acheté, et j'ai aussi remarqué les deux autres titres ci-dessus : Chère Théo, parce que je pensais y découvrir un questionnement sur le genre, à l'époque où j'étais en quête de ce thème-là dans les récits jeunesse (voir mes archives en juillet 2012), et Construire un feu, parce que c'est une nouvelle de London que je venais de découvrir, qui m'avait plu, et je m'étonnais de la découvrir dans cette collection. Finalement, mes deux attentes ont été déçues : après lecture du résumé et des premières pages (qu'on peut feuilleter ici), Chère Théo ne parle pas vraiment de genre, et Construire un feu reste à ce jour le seul titre "classique" de la collection. Si on en feuillette le catalogue, on découvre surtout des récits de jeunes enfants en apprentissage, ou des textes proches de l'univers des contes et légendes. Si j'aime beaucoup les couvertures, je suis donc un peu déçue par la relative monotonie des thèmes proposés par la collection. 

Pour dire un mot sur Le baiser du mammouth : je l'ai lu avec étonnement, car je n'attendais pas Antoine Dole dans ce registre du récit pour jeunes lecteurs, humoristique, bien plus léger que les romans pour ados que j'avais lus jusque là (K-Cendres pour n'en citer qu'un). Pas non plus de la même veine qu'A copier cent fois, même si on s'en rapproche pour ce qui est du lectorat visé. Le baiser du mammouth, c'est l'histoire d'un jeune garçon de neuf ans, Arthur, amoureux d'une fille beaucoup plus âgée que lui : quinze ans ! Différence d'âge tout à fait négligeable à l'âge adulte mais, évidemment, pas du tout dans l'enfance. Le roman raconte les stratégies totalement fantaisistes d'Arthur pour conquérir la belle Fiona, notamment l'idée de la congeler jusqu'à ce qu'il la rejoigne en âge... Il y a une suite (que je n'ai pas encore lue), Mon coeur caméléon, dans laquelle Arthur se trouve cette fois-ci amoureux de deux jumelles, qui à elles deux forment la fille parfaite à ses yeux. Le sujet du premier tome me semble un peu plus original que le second. L'écriture est tout à fait agréable. Je pense qu'elle peut plaire aux jeunes lecteurs. Cependant, je reste quand même attachée aux livres "pour les plus grands" de cet auteur...

Signalons qu'en fait, Antoine Dole aime écrire pour les plus jeunes, et même de plus en plus. La file d'attente à son stand lors de la dernière Fête du livre jeunesse de Villeurbanne avait une moyenne d'âge peu élevée. Beaucoup venaient se faire dédicacer les bandes dessinées Mortelle Adèle, elles aussi ciblées pour de jeunes lecteurs. Et maintenant, l'auteur a pris goût à ce public, et même aux tout premiers lecteurs : il l'explique sur son site à propos des petits livres publiés chez Bayard Jeunesse pour accompagner l'apprentissage de la lecture, ou encore de son tout premier album pour enfants, Le monstre du placard existe (et je peux le prouver!), à paraître en septembre 2016. 

"Premier roman", une collection qui a donc le mérite de publier Antoine Dole aux côtés de Jack London ! 

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26 juin 2016

Grand Palais : Carambolages

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Vite, plus que quelques jours pour découvrir cette exposition pas comme les autres ! 

En ne voyant que l'affiche, vous ne pouvez pas réellement deviner ce qui vous attend. Le titre, le tableau choisi, on penserait à une exposition sur l'art flamand, quelque chose dans le genre. En fait, ce tableau (qui n'est pas un Brueghel, mais bien une oeuvre anonyme) n'est que l'une des 185 oeuvres exposées, sculptures, photographies, peintures, et j'en passe, de l'Antiquité jusqu'à notre époque contemporaine. Attention, je dis "de...jusqu'à", mais l'un des principes de l'exposition est de ne pas présenter ces oeuvres dans un ordre chronologique. Les "carambolages", en effet, sont des entrechocs, des ricochets (le terme vient du billard), entre des oeuvres qui partagent des points communs mais ne se suivent pas nécessairement dans l'histoire de l'art. 

Il s'agit donc (en tout cas, c'est l'intention des organisateurs) d'un moment d'interaction entre le visiteur et les oeuvres. Chacun doit trouver par soi-même le lien qui unit les oeuvres, présentées les unes à côté des autres, mais sans qu'aucune indication ne soit donnée. On peut penser aux formes, à la lumière, à la composition de l'oeuvre, parfois à un détail... Des vidéos ont été publiées, avec des interviews de visiteurs. 

De mon côté, j'ai visité l'exposition virtuellement grâce au livre (voir plus loin). Je dois reconnaître que c'est assez déconcertant. Ce n'est pas tant le fait qu'il n'y ait pas de chronologie qui m'a gênée, ni que l'interprétation des oeuvres nous soit laissée. Mais j'ai eu une impression d'intense foisonnement, avec des oeuvres dont je ne possédais absolument pas les codes, que ce soit l'art antique non européen ou des installations contemporaines plus ou moins conceptuelles. Je n'ai pas beaucoup pu me raccrocher à des artistes ou des styles que je connaissais. Du coup, à la fin, je n'ai pas l'impression d'avoir "appris" quelque chose. Mais c'est, je pense, tout l'enjeu du projet : insister sur le fait qu'on n'a pas forcément à apprendre quelque chose de l'art, mais que le plus important est le choc esthétique (une expression qui revient souvent dans les diverses présentations de l'exposition), la rencontre très personnelle entre l'oeuvre et l'observateur. 

Certes, il ne reste plus beaucoup de temps pour voir physiquement l'exposition, mais si vous n'en avez pas l'occasion, vous pouvez en profiter de différentes manières : 

- le site internet, qui propose notamment des jeux : pas tellement palpitants, mais qui ont le mérite de faire découvrir certaines des oeuvres exposées. (En faible qualité, cependant, à cause de la petite taille des images.)

- le livre, surtout, très bel objet qui peut certainement remplacer la visite en elle-même. Il se compose d'une reproduction des 185 oeuvres sous forme de livre-accordéon : 

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Ce dépliant est accompagné par deux livrets : l'un présentant une brève notice pour chaque oeuvre (mais attention, sans jamais les relier entre elles, pour respecter le principe de l'exposition), l'autre, intitulé "Essais", présentant plusieurs réflexions par des spécialistes de l'histoire des arts. Prévoyez de la place dans votre bibliothèque, le livre est énorme ! 

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Sinon, pour les Parisiens qui n'ont rien de prévu cette semaine, voici les informations pratiques : 

Exposition Carambolages
Grand Palais (3, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris)
Du 2 mars au 4 juillet 2016
Plein tarif : 13€ (différents tarifs avec visites ou animations)
Tous les jours sauf le mardi, avec nocturne le mercredi. 

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