30 septembre 2017

Lectures cursives #2 : Le Moyen Âge en dix lectures

Le Moyen Âge en dix lectures

 

Vous me l'accorderez, des listes de lectures autour du Moyen Âge, on n'en manque pas. Voici pourquoi j'insiste sur le fait que celle-ci est éminemment personnelle, avec des choix peut-être discutables, et un peu différents de ceux de la liste précédente : "Dire l'amour" en dix romans

Par exemple, il y a une bande dessinée : comme dans la liste précédente, me diront ceux qui y ont jeté un oeil, sauf qu'Angelot du Lac ne se situe pas du tout sur le même plan que l'adaptation dessinée de Roméo et Juliette. La bande dessinée d'Yvan Pommaux, dont j'ai dit le plus grand bien ici, est d'un niveau de lecture très facile. Mais justement, j'aime qu'il y ait dans les listes un titre beaucoup plus accessible que les autres, qui peut permettre à des élèves en situation particulière - dyslexie entraînant une lecture pénible, élèves allophones... - de participer quand même à la lecture cursive sans que ce soient les parents qui s'y collent... Et la série Angelot du Lac a le mérite de plonger le lecteur dans un univers médiéval assez riche et intéressant. Un compromis : on peut demander aux élèves qui feraient ce choix de lire les trois tomes de la série. 

Par ailleurs, il y a des titres chers : cette BD, déjà, mais aussi Arthur, l'autre légende, qui dépasse les 13 euros. Il y a aussi un titre difficile à trouver, sauf d'occasion (et, pour le coup, il devient très abordable), à savoir Gwydion, de Peter Schwindt. Comme je le disais au début, je ne prétends pas reprendre tous les titres que l'on trouve à foison dans les différentes bibliographies. Dans ces dernières, vous trouverez beaucoup d'ouvrages plus accessibles, souvent disponibles dans les CDI ou les médiathèques d'ailleurs. Donc je me suis permis des romans un peu différents, pour changer un peu d'Evelyne Brisou-Pellen ou d'Odile Weurlesse. 

Mes coups de coeur personnels sont Graal de Christian de Montella (qui a le mérite d'être assez addictif, souvent les élèves lisent les autres tomes ; il y en a quatre en tout, ainsi qu'une autre trilogie du même auteur, Graal noir), Avalon High, qui marche aussi pour les romans d'amour, et l'indémodable Roi Arthur de Morpurgo. Ah, et La cour aux étoiles m'avait laissé un bon souvenir de lecture d'enfance, mais je ne l'ai pas relu depuis fort longtemps. 

Bonne lecture, et bon travail ! 

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18 septembre 2017

Lecture cursive #1 : "Dire l'amour" en dix romans

Dire l'amour en dix lectures

 

Je commence ici une présentation un peu plus "formalisée" de ces idées de lectures cursives en littérature jeunesse que l'on peut proposer à nos élèves, par thème ou partie du programme. 

Ici, dix idées de romans sur l'amour et le sentiment amoureux de façon assez large, pouvant notamment correspondre à la thématique "Dire l'amour" du programme de 4e. 

Il manque des romans que j'ai beaucoup aimés, comme Dysfonctionnelle d'Axl Cendres ou Eleanor&Park de Rainbow Rowell, par exemple : c'est essentiellement parce que j'ai essayé de fixer un certain seuil de prix. Certains trouveront ce seuil encore trop élevé (clin d'oeil à Nathalie), mais il est malheureusement difficile, voire impossible, de trouver des titres de littérature jeunesse à moins de 6€. Les livres que je vous propose s'achètent entre 5 et 10€ (mais il n'y en a qu'un seul à moins de 5€...). 

En toute transparence, je précise qu'il y a quelques titres que je n'ai pas lus : pour les inclure dans la liste, je me suis appuyée sur ma connaissance de l'auteur, ou sur une convergence d'avis positifs de collègues. C'est le cas de Connexions dangereuses (à savoir, Sarah K. est un pseudonyme de Sarah Cohen-Scali, auteure que j'aimais beaucoup adolescente), de Lettres à une disparue qu'on trouvait déjà beaucoup dans les listes de romans épistolaires, à l'époque où "la lettre" était au programme de 4e, de Star-crossed lovers qui semble aussi être souvent proposé aux élèves (je n'aime pas trop Mickaël Ollivier, mais bon, il en faut pour tous les goûts), et d'Une preuve d'amour (une auteure reconnue par la critique, notamment pour Kinderzimmer). 

Une dernière chose : je ne suis pas du tout sûre de moi pour les étoiles (notamment pour les livres que je n'ai pas lus, forcément). Si vous n'êtes pas d'accord avec le nombre d'étoiles attribué pour certains titres, n'hésitez pas à me le dire, j'éditerai le document. 

En version Word : Dix_romans_sur_Dire_l_amour (autres versions disponibles par mail, me contacter ici). 

Bonnes lectures et bon courage aux collègues qui travaillent pendant que je couve !...

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03 mars 2017

Quelques événements 2017

Pour son retour, la petite Mu vous annonce - ou rappelle - deux événements à venir tout bientôt. 

D'abord, demain, c'est le Printemps des Poètes qui revient. Avec une très, très belle affiche (après les deux dernières que j'avais moins aimées) et un thème propice au voyage : 

PDP19_Aff_20x30_logos-BDDu 4 au 19 mars, guettez les manifestations poétiques près de chez vous, visitez régulièrement le site et faites vivre la poésie !

 

Et pour les Rhônalpins, la 18e édition de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne se tiendra le samedi 8 et le dimanche 9 avril. Le thème : On va se faire entendre ! 

Affiche Fête Villeurbanne 2017

Informations à venir très vite sur le site de l'événement. Pour se donner envie, vous pouvez lire ce que la petite Mu en a dit l'année dernière

 

A bientôt les amis ! 

 

09 mai 2016

Mes découvertes # 6 : Sur la blogosphère

Ils existent déjà dans ma colonne de liens, ou bien ils viennent d'y apparaître, mais j'ai envie de vous les présenter rapidement, ces blogs que j'aime.

 

Méli-Méludes

@LaurentDivina

Le blog d'un ludothécaire dont on sent la passion, et qui veut partager avec la Toile ses découvertes : des tests de jeux de société, de jouets, des présentations de lieux ludiques, mais aussi des mini-articles sur des sujets autour du jeu, de manière large (interview de créateur, histoire du jouet, initiatives récentes...) ou encore des compte-rendus de lecture.  Pour les petits et grands joueurs, pour les pros, ou ceux que cet univers passionne, ou questionne, tout simplement.

http://laurentdivina.wix.com/meli-meludes

 

Bric à Book

le mystère henri pick

@Leiloona, sur Bricabook

Un blog de littérature, mais pas que ; régulièrement classé dans le top 5 du classement Teads des blogs de littérature. Beaucoup, beaucoup de chroniques en littérature jeunesse, avec ce personnage-testeur récurrent qu'est TroGnon, fils de l'auteure... De la littérature adulte aussi, de tous horizons, avec plein de concours pour gagner des livres ! De réguliers compte-rendus de sorties parisiennes, culturelles ou gastronomiques. Et un atelier d'écriture hebdomadaire, à partir de photographies d'articles, qui attire beaucoup de plumes à chaque fois.

http://www.bricabook.fr/

 

Forty-five weeks

Bérénice3

"Culture et humeurs, humour et coups de coeur" : un sous-titre très efficace pour annoncer la couleur. Tout tourne autour de l'idée de challenge : de lectures, de photos... Des chroniques culturelles, au sens large. Des critiques littéraires sur des titres très variés ; des compte-rendus de sorties, de films ; une rubrique "Le replay de la semaine" qui permet de découvrir ou redécouvrir des émissions télévisées. Des articles nourris et précis dans un blog au graphisme impeccable, très visuel. Le blog a déjà été remarqué sur Hellocotton.

https://fortyfiveweeks.wordpress.com/

 

L'atelier de la Licorne

Image of Sautoirs

Les coulisses, en quelque sorte, d'une créatrice de bijoux. On y découvre son univers, à la fois éclectique et cohérent : des licornes, oui, en images ou en mots, des coups de coeur artistiques qui vont de David Bowie au design de mobilier, un peu de voyage et de gastronomie, de temps à autre. De belles images, choisies avec soin par la bloggeuse, graphiste de formation. Et, bien sûr, une invitation vers la boutique de la Licorne, avec une vitrine de colliers, sautoirs, boucles, bracelets, headbands... qui n'en finit pas de grandir.

https://lejournaldunelicorne.wordpress.com/

 

 

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29 avril 2016

Humeur : Laissez-nous nos livres !

laissez nous nos livres

 

Voilà, c'est un coup de gueule que je voulais pousser depuis un moment. 

Ca a commencé avec l'adaptation de Nos étoiles contraires. Je remets les choses dans leur contexte : je suis enseignante, une déformation professionnelle fait que, quand j'ai lu et aimé un livre jeunesse, j'ai envie de le faire lire à mes élèves. Voire, je dois leur faire lire des choses (se référer à mes articles sur la lecture cursive). Et ce n'est malheureusement pas un cliché de dire que la lecture n'est pas une activité spontanée, en tout cas pour les adolescents que je connais. Les images, télévisées, cinématographiques, Youtubisées, jeuxvidéosées, constituent une rude concurrence. Donc, proposer dans une liste de lectures obligatoires un titre qui a été adapté en film, c'est risqué. C'est surtout très frustrant et décevant de se dire que l'élève est passé à côté d'un roman formidable, quelle que soit d'ailleurs la qualité de l'adaptation. On sait tous que Harry Potter en films, par exemple, ce n'est pas pareil, ne serait-ce parce qu'aucun film commercialisable en salles ne peut égaler les 850 pages du tome 6. Et que, bien sûr, la psychologie des personnages prend un sacré coup avec le passage sur écran. Alors, même si je ne suis pas une inconditionnelle de Nos étoiles contraires en livre (que je trouve en dessous des autres romans de John Green, lire ici), l'écriture de John Green reste à part dans la littérature jeunesse, et elle vaut la peine d'être découverte. Si elle peut rendre les jeunes lecteurs accros et leur donner envie d'enchaîner avec Alaska ou Will and Will, c'est parfait. Mais le film n'aura pas ce pouvoir-là. Il met en avant l'histoire, les personnages, mais rien ne pourra rendre le style de l'écrivain. (Et je ne vous dis pas comment j'étais déprimée en voyant les affiches pour La face cachée de Margo.)

J'avais déjà rencontré ce problème avec les contes. Difficile d'en trouver que les élèves ne connaissent pas par le biais d'un Disney ou d'une autre production animée ; cela restait le cas du Magicien d'Oz, jusqu'à ce que Disney s'en empare aussi. Alors, là encore, même si ces adaptations dénaturent, voire revisitent entièrement le conte initial, cela n'empêche pas de donner aux élèves l'impression de connaître, et donc, de leur ôter l'envie de lire "la même chose" sans les images. (Voire, de les faire protester catégoriquement que ce qu'on leur fait lire, ce n'est "pas la vraie histoire".)

J'en étais là de mes considérations lorsque je suis tombée en librairie (c'était il y a plus d'un an) sur l'un des livres fétiches de mon adolescence, Le passeur, de Lois Lowry, avec un bandeau : Maintenant au cinéma !

Alors là, c'était trop ! Pas lui, pas ce chef-d'oeuvre de roman d'anticipation avec son univers tellement étrange ! Tout le principe repose sur les souvenirs que le passeur transmet à Jonas, le héros, pour qu'il devienne à son tour le dépositaire du passé de l'humanité. Comment peut-on mettre des images là-dessus, puisqu'il s'agit de pensées ? Comment transmettre à l'écran les souvenirs sensoriels tellement importants pour Jonas, lui qui vit dans un monde où la douleur comme le plaisir physique n'existent tout simplement pas ? Impossible ! 

Qu'on s'entende bien, je ne dis pas que ces films sont forcément mauvais. Pour être parfaitement honnête, je n'ai pas vu ces adaptations dont je parle (sauf Harry Potter, et encore, pas toutes). Parce que j'en ai fait le choix. Mais nos ados, plongés qu'ils sont dans ce monde d'images, et pris dans la pression du groupe, ils ne l'ont guère, ce choix. 

Et puis tout ça me questionne. Les scénaristes seraient-ils arrivés à bout de souffle dans leur imagination ? Mais alors, pourquoi les romanciers ne le sont-ils pas ? N'y aurait-il pas là, plutôt, une énorme paresse intellectuelle, doublée d'une course à la rentabilité ? Pas besoin de créateur, il suffit de regarder les chiffres des ventes littéraires, on contacte l'auteur, et paf, un film. Sauf que le danger est grand : le cinéma comme la littérature sont en train de perdre leur statut d'art à part entière. Ils deviennent des formes d'expression réduites à leur fonction narrative, et à un unique rôle de divertissement. S'il y a une histoire, peu importe qu'elle soit en mots ou en images. Que devient alors le pouvoir du style ? Il existe, pourtant, que ce soit dans l'écriture ou dans la réalisation. Et on est en train de le nier complètement. Pour rester dans la problématique de la jeunesse, on est en train de faire croire à nos adolescents, encore une fois, que tout se vaut. C'est le même problème que je rencontre lorsqu'une illustration présente en marge du texte que j'étudie avec les élèves mobilise davantage leur attention que le texte en lui-même. J'ai un mal fou à leur faire comprendre qu'il s'agit de deux oeuvres différentes, chacune avec leur spécificité et leurs qualités, mais que l'une ne remplace pas l'autre. C'est aussi, j'ose aller jusque là, le même problème que le langage : un mot pour un autre, deux orthographes différentes, pour les élèves, peu importe, "c'est pareil". 

Je rêve donc qu'à l'avenir, les écrivains fassent des livres, les réalisateurs des films, les peintres des tableaux, les photographes des photos, et que l'art continue à grandir parce qu'il n'est pas un, mais multiple. 

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30 mars 2016

Fête du livre jeunesse de Villeurbanne 2016 : je(u) en construction

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 @ Groupe Com6

 

Comme tous les ans, la littérature jeunesse s'invite à Villeurbanne, avec, pour cette année, ce thème énigmatique : Je(u) en construction. Ou comment briser les stéréotypes, et apprendre à se construire en tournant les pages, en pensant "pour soi" et non pour les autres. 

En pratique, ça commence même dès aujourd'hui, avec des spectacles et des rencontres cet après-midi : pour n'en citer que deux, une projection du film d'animation Jean de la lune, adaptation du conte de Tomi Ungerer, ou l'atelier "Je suis une couleur", proposé par l'illustratrice Gwen le Gac à partir de son album éponyme. (Gwen le Gac, c'est elle qui, entre autres, illustre les albums de Christophe Honoré, dont L'une belle, l'autre pas, que je vous plumerai certainement un jour). 

Mais c'est ce week-end que les choses s'emballent. Une invitée d'honneur : Claire Cantais, auteure et illustratrice. Mes invités de coeur : Susie Morgenstern, l'une des auteures phare de l'Ecole des Loisirs, dont les récits ont bercé mon enfance presque autant que Marie-Aude Murail ; et Antoine Dole, dont je vous ai déjà parlé par-ci par là (ou encore par là) (ah, et encore ici, aussi). Petit billet sur cet auteur très prochainement. 

Impossible d'être exhaustif pour présenter cette fête riche de 70 professionnels (auteurs, illustrateurs, acteurs du monde du livre), de cinq expositions, d'une dizaine de spectacles, et de curiosités alléchantes glanées au fil du programme : Les liseuses de bonne aventure (lecture offerte, en partenariat avec Emmaüs), l'Oujevipo (OUvroir de JEux VIdéos POtentiels), L'imaginographe (une machine roulante pour photographier l'instant). Repérons aussi un spectacle prometteur : Ceux qui ont dit non, textes mis en scène par des comédiens du Théâtre National Populaire, miroir à la collection spéciale créée par Actes Sud Junior. 

Vous qui venez de passer plusieurs heures à visiter tous les liens de cette présentation, prenez vite votre manteau (oh, pas besoin, il fait beau), et courez à la Maison du livre, de l'image et du son de Villeurbanne, munis de toutes les informations pratiques que vous trouverez sur le site web

On se quitte en images ? 

Teaser de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne 2016

25 août 2014

Murielle Szac : Le feuilleton d'Hermès

Tiens, j'ai ce brouillon d'article depuis le 22 avril et j'avais oublié de le terminer ! 

Une lecture tout à fait pédagogique sous un format original, conseillée par une amie instit qui se reconnaîtra ;-) Je connaissais jusqu'alors la mythologie sous forme de romans plus ou moins courts, centrés sur un mythe en particulier et même, souvent, sur un personnage (comme c'est le cas de la collection Histoires noires de la mythologie chez Nathan ou des récits illustrés de Nicolas Cauchy). Je connaissais aussi les recueils, les "contes et légendes", "histoires" qui ont le mérite de présenter rapidement plusieurs héros et plusieurs épisodes célèbres de la mythologie. Enfin, je connaissais les documentaires plus ou moins narrativisés, tels que le fameux Les dieux s'amusent de Denis Lindon. 

L'originalité du Feuilleton d'Hermès réside en deux points. La forme du feuilleton, tout d'abord : prêts à l'emploi dans des classes du CP au collège, chaque récit ne fait qu'une page et demie, deux pages au maximum. Faciles à lire, idéal pour un rituel de classe, ou pour répondre aux innnnnombrables questions (avec cinq -n-, oui oui) des élèves : "Qui c'est ce dieu ? Et il a fait quoi ? Et pourquoi il a ce pouvoir ?" Etc etc. Deuxième originalité : le choix du narrateur. Ici, c'est Hermès qui nous raconte les grands récits de la mythologie : la naissance des dieux, les amours de Zeus, la création des hommes... Hermès, un dieu assez méconnu, dont l'importance est pourtant capitale : c'est le messager des dieux, le facteur aux sandales ailées. Il sait tout, voit tout, se promène à son gré sur l'Olympe, sur la Terre, et même aux Enfers : quel merveilleux choix pour un conteur ! Et le plus inattendu est qu'il s'agit de Hermès enfant. Une astuce pour présenter toutes les aventures humaines et divines avec un oeil curieux, naïf, proche de celui des lecteurs. Bon, on faisait déjà ça avec les contes philosophiques de Voltaire, ça n'a rien de révolutionnaire. Mais c'est assez rare dans les récits de mythologie pour la jeunesse, ça mérite donc d'être souligné.

Voilà donc une lecture - et même une acquisition - fortement conseillée, à garder sous la main ou à poser dans sa salle de classe (si on a la chance d'en avoir une).

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22 avril 2014

Chez Fleurus, Encyclopédie junior : Les mythologies

 Fleurus - Les mythologies - Avec un quiz de 50 questions offert.

Ce qui se cache derrière cette couverture pour le moins éclatante, c'est un foisonnement d'informations et d'illustrations, qui balaye le thème de la mythologie en parcourant tous les continents. L'Europe gréco-latine est présente évidemment, avec son panthéon bien connu, mais on rencontre aussi les dieux incas, hindous, africains, vikings, hittites ou encore celtes et aztèques. 

Chaque double page est savamment organisée, selon les principes qui régissent souvent les documentaires jeunesses : de courts paragraphes aux caractères typographiques plus ou moins grands selon l'importance de l'information traitée. Chaque double page peut ainsi nous offrir des définitions, des portraits de dieux ou de héros, de petits récits, voire des anecdotes moins connues. Les images sont une part essentielle de ce genre d'ouvrage, et je trouve celles de cet ouvrage particulièrement réussies : beaucoup de reproductions de sculptures, de toiles, de fresques pour permettre aux jeunes lecteurs d'appréhender l'histoire des arts, mais aussi de très belles illustrations en couleurs (pas moins de dix illustrateurs ont travaillé sur ce projet) qui aident à se plonger dans les récits fabuleux. 

Les auteurs sont tous des spécialistes, professeurs, chercheurs ou conservateurs, et l'équilibre est très juste entre nécessaire vulgarisation et exigence de qualité documentaire.

Au total, presque deux cents pages pour une somme très, très modique (dix euros seulement) : c'est pour moi un investissement extrêmement intéressant qu'on soit élève, professeur, ou simplement lecteur passionné. Pour ma part, je n'en ai pas encore fait le tour !  

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03 mai 2013

K-Cendres

C'est un livre qui laisse des traces dont je vais vous parler là. L'histoire d'une adolescente qu'on découvre enfermée dans un HP (hôpital psychiatrique : il faut s'habituer à certaines abréviations et à certaines sigles dans ce livre) puis, dix ans plus tard, dans les coulisses du Zénith, s'apprêtant à donner un concert devant des milliers de personnes. Elle est devenue K-Cendres, star du rap, managée par une maison de disques sans états d'âme, le label 3fall. Toujours aussi ravagée de l'intérieur, ses textes n'ont pas la même résonance pour son public et pour elle : ses fans hystériques adulent le personnage torturé et n'écoutent que peu les paroles (c'est du moins ce dont on a l'impression), alors que, pour elle, ce sont des avertissements, des appels au secours et, en fait, des visions : les faits divers qu'elle décrit dans ses chansons ont la fâcheuse tendance à se produire très vite dans la réalité à peine la chanson terminée. Toute ressemblance avec le mythe antique de Cassandre est totalement assumée. Mais personne ne croit Alexandra, que son boss appelle "Kass" : lui veut surtout continuer de croire qu'elle est sa poule aux oeufs d'or, même si les autres (l'attachée de presse, le manager...) la trouvent plutôt "cassos'", voire bonne pour la casse. 

Il faut être préparé pour lire ce roman dont l'histoire était sacrément attirante : c'est dur, très dur. On se ramasse en pleine poire les crises de K-Cendres, mélange de rage, de douleur, de scarifications et d'overdose aux médicaments. Tout ce qui gravite autour d'elle semble baigner dans une noirceur incomparable : l'amour n'est que sexe et dépendances, les liens humains sont souvent faux, la drogue attend son heure, la mort rôde. Un seul personnage baigne dans la lumière, comme un roc insubmersible : Marcus, garde du corps de K-Cendres, le seul à l'écouter, à la protéger, et, presque, à la comprendre. Mais Marcus n'est pas Zeus et il ne peut décider de tout. 

Pour ma part, j'ai malheureusement été gênée par le niveau de langue adopté dans ce récit. J'avais trouvé celui d'A copier cent fois pur, oral, mais suffisamment neutre pour convenir à "tout public". Ici, le choix a été fait de se tourner vers une langue brute, souvent grossière, avec nombre d'expressions typées, verlan, abréviations... Je reconnais que cela colle à l'univers du rap tel qu'on se le représente, et que cette brutalité du style contribue à la dureté du récit. Mais je suis une puriste et je suis toujours gênée par ce genre d'écriture. Je continue de penser qu'on peut arriver aux mêmes fins en respectant un niveau de langue courant. Bon, c'est facile à dire quand on n'a pas soi-même écrit le bouquin, hein ! Je suis peut-être tout simplement déçue de ne pas pouvoir mettre ce livre entre les mains de mes élèves de cinquième, eux qui avaient aimé A copier cent fois

Mais, armés de ces mises en garde, je vous conseille tout de même cette lecture, chers visiteurs, car elle n'a pas son pareil en littérature jeunesse. 

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18 avril 2013

Vive la République !

Je ne le connaissais pas ; il m'avait tenté ; je l'ai dévoré !!!

Tous les ingrédients étaient réunis ici pour me plaire : 

- l'humour alerte et efficace de mon écrivaine préférée, un humour qui ne prend pas une ride au fil des ans et des ouvrages (Marie-Aude Murail a beau être une vraie machine à écrire, elle ne m'a pour l'instant jamais déçue, ce qui est un exploit, car rare sont les écrivains "à succès" qui ne me lassent pas au dixième roman...) ;

- le thème, bien entendu, et son personnage principal : une jeune maîtresse qui fait son année de stage dans une école de centre-ville pas pour autant de tout repos (ça me rappelle quelque chose, ça...) ; 

- et de nombreux clins d'oeil à d'autres personnages et d'autres histoires créés précédemment. J'en oublie sûrement, mais j'ai pu reconnaître Emilien baby-sitter, Emilien moniteur de colo (avec sa collègue égoïste-mangeuse de biscuits Lu), la petite dylexique à qui Emilien donnait des cours... Peut-être aussi Bart de Oh ! Boy, à travers Eloi, peut-être aussi le couple colocataire de Simple (ai oublié les noms...) à travers Eloi et sa coloc Nathalie... 

Bref, visiblement, Marie-Aude Murail s'est amusée à reprendre tous les ingrédients qu'elle connaît, à les mettre dans un grand sac, à bien secouer pour les retrouver bien redistribués dans une histoire de grands et de petits. 

Et moi, je ris toujours autant. Et, même, à la fin, j'ai quelques larmes au coin de l'oeil. 

Alors, certes, c'est très stéréotypé. Mais, quand on lit Marie-Aude Murail, il faut chercher la jouissance et le plaisir des mots, rien d'autre. Chez moi, en tout cas, ça fonctionne. Et chez vous ? 

 

 

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