05 novembre 2017

Des naissances

P1030626 (2)

Le 15 octobre, deux parents sont nés...

La petite Mu est devenue une petite Maman au moment où une toute petite mini-Mu a vu le jour. 

C'est le début de l'incroyable aventure d'une famille qui se construit. Et, évidemment, c'est au milieu des pages, des mots et des images qu'elle se tissera de semaine en semaine, de mois en mois, d'année en année. 

Quant à vous, chers lecteurs, vous risquez de voir fleurir chez la petite Mu de plus en plus de livres pour tout-petits... 

En attendant, un souvenir d'une ancienne lecture, que j'ai offert à une amie quand elle est devenue maman : un bel album sur la parentalité écrit par Didier Jean et Zad , un compositeur et une peintre qui se sont associés pour créer plein de chouettes livres pour enfants, et illustré par Sandrine Kao, que vous trouverez sur ce blog en tant qu'écrivaine, avec Le banc

photos_confettis

 

Je vous laisse, j'ai un biberon en attente !...

Posté par lapetitemu à 19:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


24 juillet 2017

Ghyslaine Avril : Une journée en musique

P1030245 (2)

Les livres musicaux, tous les parents connaissent ça très bien. La petite Mu, elle, est en pleine découverte... Heureusement, ses éditeurs partenaires sont là pour l'aider à faire ses choix !

Pour les novices comme moi, un livre musical, c'est quoi ? C'est un album souvent richement illustré, doté d'une puce par page sur laquelle l'enfant (ou le parent) appuie pour libérer un court morceau de musique, ou parfois quelques notes d'un instrument. Le but est de stimuler les sens de l'enfant, la vue et l'ouïe, et de le faire participer puisqu'il peut déclencher lui-même la musique d'un simple geste. Souvent, c'est aussi l'occasion d'enrichir sa culture musicale. Beaucoup de livres musicaux optent pour des airs du patrimoine musical classique : ces airs universels sont souvent très appréciés par les tout-petits. Et, pour les parents, c'est plus agréable que certaines ritournelles créées de toutes pièces pour un jouet ou un mobile... 

Depuis le temps qu'ils fabriquent ce genre d'ouvrage, les éditeurs ont pensé à tout : albums très solides avec des pages épaisses, système "start and stop" sur la quatrième de couverture (petit bouton qui permet de rendre les puces inefficaces si on veut préserver les piles, ou la tranquillité de la maison...). 

Une journée en musique, de chez Hatier Jeunesse, répond à tous ces critères, avec un objectif particulier : accompagner chaque moment de la journée de l'enfant (le lever, le bain, les jeux...) par un morceau de musique différent. Les illustrations représentent des scènes avec des animaux. Quant aux morceaux, ils ont été choisis parmi de célèbres compositions classiques. Dans l'ordre, on trouve : 

Le Carnaval des animaux, final - Camille Saint-Saëns

Suite n°2, Badinerie - Jean-Sébastien Bach

Casse-Noisette, la danse des fleurs - Piotr Ilitch Tchaïkovski

Symphonie n°3, poco allegretto - Johannes Brahms

Gymnopédie 1 - Erik Satie

 

Pour une fois, j'ai pu tester cet album sur un enfant, un vrai ! Mon neveu de deux ans, en l'occurrence. Cela m'a permis quelques observations : 

1°) Les livres musicaux, ça marche très, très bien avec les enfants. Tellement bien que mon beauf m'a confié que les piles duraient rarement plus d'une semaine, voire quelques jours... Un "inconvénient" à anticiper, surtout si les piles ne sont pas faciles à se procurer. 

2°) Un enfant, quand ça commence quelque chose, ça ne s'arrête plus. Mon neveu, une fois les six pages tournées, qu'est-ce qu'il fait ? Ben, il recommence ! Autant dire que le concept des moments de la journée n'a pas été vraiment appliqué dans ce cas-là... Il faut donc l'intervention d'un adulte qui ferait écouter chaque page au bon moment, mais à mon avis l'enfant ne le laissera pas ranger le livre une fois la page écoutée... 

Du coup, autant je valide complètement le choix des musiques et des dessins, qui ont eu l'air de beaucoup plaire à mon neveu, autant je reste dubitative sur l'idée du livre pour la journée... 

Résultat de recherche d'images pour "une journée en musique hatier jeunesse"

En octobre paraîtra un deuxième ouvrage de la même auteure : cette fois-ci, elle fera découvrir aux enfants Un monde en musique, avec des sonorités inspirées de musiques du monde (flamenco, jazz, batucada...). Certainement tout aussi efficace : à écouter ! 

Etiquette Hatier jeunesseSuite de mon partenariat avec les éditions Hatier jeunesse.

Posté par lapetitemu à 12:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

20 juillet 2017

Ilya Green : Les petits amis de la nuit

P1030312

J'ai bien eu du mal à choisir mon service presse parmi le catalogue des nouveautés Didier Jeunesse. Des livres musicaux comme ils savent si bien en faire, un nouvel album de Maria Jallibert, dont j'avais déjà parlé ici, qui improvise cette fois autour des moyens de transport (vous pouvez jeter un oeil à quelques pages sur le catalogue)...

Finalement mon choix s'est porté sur une histoire pour tout-petits, racontée et dessinée par Ilya Green, à propos des compagnons nocturnes.

Ilya Green, c'est celle qui a fait tout ça :

Mosaïque Ilya Green

Parmi ces couvertures chatoyantes, le joli Achile et la rivière, écrit par Olivier Adam, sur le bruit, le silence et le bonheur, un bon nombre de livres musicaux de Didier Jeunesse, justement, et plusieurs titres autour du sommeil, des rêves ou des amis des enfants : Petits contes pour rêver, Les rêves racontés aux petits curieux, Nos beaux doudous...

Ce sont ces thèmes-là qu'elle reprend dans Les petits amis de la nuit. Un petit album cartonné, agréable au toucher, avec des images en léger relief, qui décrit l'étrange défilé des bestioles qui accompagnent l'enfant vers le sommeil : des petites souris, un chat tout gris, des canards, des tortues, et, bien sûr, un loir. Tous ces animaux se préparent pour "le grand spectacle du soir". Et puis, pouf ! La magie opère : tout le monde s'est endormi...

P1030313                                     P1030314

Les dessins sont beaux, très doux, tout en crayonnages. J'ai beaucoup aimé le fait que, malgré le fond noir, toutes les illustrations respirent la joie et le plaisir. La dernière image, notamment, est une explosion de couleurs chatoyantes et variées. Une jolie façon de dire que la nuit, les animaux ne sont pas - entièrement - gris, et que le noir n'est pas toujours source de peur : dans le noir, on raconte aussi de belles histoires.

 

Auteure et illustratrice : Ilya Green
Editions Didier Jeunesse
Parution : 23 août 2017

 Suite de ma collaboration avec les éditions Didier Jeunesse

Posté par lapetitemu à 12:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

14 juin 2017

Cécile Roumiguière et Fanny Ducassé : Dans le ventre de la terre

Dans le ventre de la Terre

Revoici la petite Mu avec un album de circonstance (une circonstance que je vous laisserai deviner tout seuls... bon, ce n'est pas bien compliqué !), découvert par hasard chez des amis. 

Moquez-vous si vous voulez, mais j'ai mis quelques pages avant de comprendre qu'il s'agissait d'un album sur la grossesse. Et quand ça a fait tilt, j'ai trouvé ça tellement beau et bien dit que j'en ai eu les larmes aux yeux (ah, non, ça, ce sont les hormones...). Tout en couleurs, tout en rondeurs, on suit l'histoire d'une vie qui naît et qui grandit dans le ventre de la mère. 

Un "chef-d'oeuvre d'orfèvrerie", écrivait-on dans Actualitté au mois d'octobre : l'expression est très juste. Les deux collaboratrices de cet album se sont bien trouvées : le dessin minutieux de Fanny Ducassé, tout en détails et arabesques,  porte à merveille les mots pleins de poésie de Cécile Roumiguière. 

L'idée est de faire imaginer et faire comprendre à un futur grand frère ou une future grande soeur ce qui est en train de se passer dans le ventre de sa mère, pourquoi il s'arrondit, pourquoi, au bout de neuf mois, le bébé veut sortir (la "grotte" est devenue trop petite)... Avec la bonne idée d'associer cela au cycle de la nature, aux transformations de la terre, pour en faire quelque chose de profondément "naturel". Le site Ricochet le conseille toutefois "à partir de 7 ans". Pour ma part, je l'ai lu avec une petite fille de quatre ans, qui m'a semblé aussi absorbée que par les autres histoires que nous avons feuilleté. Après, qu'en a-t-elle retenu, je ne saurais pas dire. Ce que je sais, c'est que moi, j'ai beaucoup, beaucoup aimé ! 

Un livre à mettre donc dans les mains des enfants, mais aussi des papas et des mamans ! 

 

Posté par lapetitemu à 17:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

26 septembre 2016

Maria Jalibert : Le joyeux abécédaire

P1030153

A comme Alligator, B comme Bison, C comme Caniche... Tiens, un abécédaire d'animaux, me direz-vous. A comme Atchoum, B comme Bêêêê, C comme Cocoricoooo, D comme Driiiiiiing : ah non, ce sont des onomatopées. Puis "Un gorille gelé sous une giboulée glaciale", un "Homme houspillant un âne harassé" : ah ? Serait-ce un abécédaire poétique ? 

En fait, c'est tout ça à la fois, et bien plus encore ! Maria Jalibert avait déjà exposé sa collection de jouets miniatures dans Bric-à-brac, un imagier dans lequel elle suggérait des classements astucieux et parfois inattendus pour découvrir des contraires ou des oppositions. Elle recycle ces petits objets une deuxième fois, en proposant cette fois-ci des associations alphabétiques. Point de règles ni de régularité : chez Maria Jalibert, on surprend, on s'amuse, on se désordonne, et puis on se réordonne, mais jamais de la même manière. De cela sortent toutes sortes de planches très rigolotes :  

P1030154    P1030155

P1030156   P1030157

 

Et le pari vocabulaire est tenu : l'album foisonne de mots intéressants que l'on prendra plaisir à expliquer et raconter à l'aide des images : qu'est-ce qu'une araignée "acariâtre" ? Un chien "colossal" ? Un diable "disgracieux" ? Etc, etc. 

J'ai complètement craqué sur cet album aux images délicieusement vintage, que j'ai lu comme une véritable malle au trésor : on exhume des jouets, on exhume des mots, mais on réinvente l'abécédaire et on joue avec le langage. Du recyclage d'images et de lettres tout à fait réussi ! Ca donne plein d'idées de créations artistiques... Avant ou après la lecture de l'album, allez jeter un oeil aux coulisses de la création sur le blog de l'auteure-illustratrice, et découvrez encore plein de petits trésors ! 

Suite de ma collaboration avec les éditions Didier Jeunesse

Posté par lapetitemu à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


26 août 2016

Fiona Woodcock : Heidi joue à cache-cache

P1030141 (2)

Dans sa présentation de l'ouvrage, l'éditeur parlait d'un album "sur l'amitié et l'acceptation des différences". Ce qui m'intriguait car le résumé insistait surtout sur le don de la petite Heidi pour gagner à cache-cache. Comment l'auteure et dessinatrice allait-elle associer tout ça ? 

En fait, l'idée est simple et maline. C'est l'histoire, donc, de Heidi, qui adore se cacher. Forcément, quand ses amis n'arrivent pas à se décider pour un jeu, elle s'empresse de proposer cache-cache, parce qu'elle est sûre de gagner. Jusqu'à ce fameux jour de son anniversaire, où à force de se cacher trop bien, plus personne n'a envie de la chercher : "Charlie, Katie et Rosie ne purent trouver Heidi. En revanche, ils trouvèrent de délicieuses coupes glacées." Après réflexion, Heidi décide non seulement d'essayer les jeux de ses amis, mais, surtout, de les encourager, chacun, à proposer leur jeu préféré. Ainsi, ils pourront tous, tour à tour, être le meilleur. Et, finalement, c'est nettement plus rigolo de perdre, mais avec ses amis, que de gagner, mais toute seule. 

Moi qui aime tant le jeu, et qui crois fermement à son grand pouvoir éducatif (clin d'oeil au blogueur de Méliméludes ;-) ), cette réflexion sur la manière qu'a un groupe de jouer, et, d'abord, de choisir son jeu, m'a beaucoup plu. "Que le meilleur gagne !" : belle devise, mais encore faut-il que tout le monde en ait la possibilité, et que le potentiel de chacun puisse être mis en avant. 

Enfin, les illustrations ajoutent à la thématique de l'histoire, puisque le petit lecteur peut lui aussi s'amuser à chercher Heidi, toujours bien camouflée dans de très belles illustrations (crayon ? encre ? Un jour, il faudra vraiment que je prenne un cours d'arts plastiques...). Si j'en crois cet article, l'image est venue en premier, le texte en second : Fiona Woodcock aurait en effet d'abord créé la petite fille pour des cartes de voeux, ainsi que ce tableau, où l'idée de camouflage primait finalement sur celle d'une petite fille jouant à cache-cache avec des amis. 

Fiona 2

Un bien joli album sur tous les plans, donc, à découvrir très vite et à mettre entre les petites et les grandes mains. C'est le premier de Fiona Woodcock, mais attendez-vous à la retrouver bientôt ! 

Auteure et illustratrice : Fiona Woodcock
Editions Hatier jeunesse
A paraître le 27 septembre 2016

Etiquette Hatier jeunesseCe billet inaugure mon partenariat avec les éditions Hatier Jeunesse.

Posté par lapetitemu à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 août 2016

Des albums sur le genre

Dans les sorties d'albums jeunesse 2016, deux albums abordant la question du genre ont retenu mon attention. 

P1030135

Le premier, Emile ou la danse de boxe, fait partie d'une série écrite par Vincent Cuvellier et illustrée par Ronan Badel, et il m'a fait découvrir le personnage irrésistible d'Emile, un sacré garnement au caractère bien trempé. Quand il veut quelque chose, il ne se laisse pas détourner de son objectif. Vous voyez sa tête sur la couverture ? Eh ben, pareil tout le temps. Si les titres des autres albums de la série sont assez classiques, Emile a froid, Emile fait un cauchemar, Emile invite une copine, et ne semblent pas tellement différents des archi-classiques Max et Lili, de petites surprises se cachent quand même derrière certaines histoires : par exemple, la "copine du parc" qu'Emile fait venir chez lui n'est pas celle à laquelle ses parents (et le lecteur) s'attendent. Et, pour l'album dont il est question aujourd'hui, c'est dès le titre que le lecteur est interpellé. C'est quoi, "la danse de boxe" ?

En fait, personne ne le sait très bien, surtout pas les parents d'Emile, qui veulent "inscrire Emile à l'activité" (joli petit clin d'oeil critique à cette injonction sociétale où tout le monde, dès son plus jeune âge, doit faire "des choses", le plus possible). Sauf que dans la liste, Emile ne veut pas faire éveil au yoga, foot en salle ou découpe papier-carton. Il veut "faire de la danse, mais de la danse de boxe". Parce que "la danse de boxe, c'est pas pour les filles, c'est pas pour les garçons, c'est pour les danseurs de boxe !" Voilà, dans cette phrase, tout est dit. Ce combat d'Emile pour faire l'activité qu'il a choisie, lui, c'est un beau combat pour le droit de chacun à sortir des cases.

Ce que je salue dans cet album, c'est qu'à aucun moment l'auteur n'abandonne pour tenter de faire rentrer son héros dans un cadre plus conventionnel, même s'il fait beaucoup rire ses petites camarades de cours de danse. Jusqu'au bout, Emile "aime bien, il aime bien la danse". Certes, sur l'avant-dernière page, on peut soupçonner le jeune garçon d'aimer tout particulièrement être entouré de filles en tutus qui lui font des bisous. Mais, quand bien même ce serait sa motivation finale, ce n'était pas la première, et l'album se termine bien par une image d'Emile, tout seul, en marcel vert et caleçon rose, imperturbable dans son froncement de sourcils avec les "Hi hi hi" en arrière-plan. 

Un album court et très efficace, à lire dès 3 ans, pour dénoncer plusieurs travers de notre société et de la pression qu'elle cherche à imposer aux parents et aux enfants. 

 

P1030136

Le second est plus poétique et s'adresse, d'après les éditions du Rouergue, à un public adolescent. Moi qui suis d'habitude frileuse avec les prescriptions d'âge (j'ai tendance à très vite trouver un ouvrage complexe et déconseillé aux plus jeunes), j'inclurai pour le coup les préados dans cette cible. Parce que le texte repose sur des jeux de sons qu'un écolier de cycle 3 peut certainement comprendre, avec des phrases courtes, au vocabulaire plutôt simple, et que le propos ne doit évidemment pas être réservé aux plus grands. 

"B.B.", en quatrième de couverture, ce n'est pas Brigitte Bardot, mais Annabelle, ou Buffalo Belle, qui dès l'école maternil préfère le tractopil à la maril, et, adolescent-e, refuse le ricelle et rêve de pantalons et de bretils. Le personnage grandit au fil (pardon : au felle) des pages, et arrive l'âge adulte où la question se pose différemment, parce qu'à "l'état civelle [...], elle ou il, ce n'est plus désormais un détail futelle". La fin est très ouverte, et laisse libre cours aux interprétations, lumineuses ou sombres. La fusion avec la nature est évoquée, parce que tout y est plus facile - facelle, plus "subtelle". 

J'ai beaucoup aimé cet album qui se lit à toutes sortes de niveaux : on peut s'arrêter sur le texte ludique qui nous fait redécouvrir la langue française ; on réfléchit, forcément, aux diktats concernant le genre et l'identité sexuelle ; on s'intéresse enfin à la différence, qui prend diverses formes, à l'identité au sens large, au développement de soi. L'auteur et illustrateur, Olivier Douzou, raconte sur le site des éditions du Rouergue la genèse de cet album, fortement inspiré par ses enfants et en particulier sa fille Zélie. Je lui laisse la parole, pour conclure : 

"On peut affirmer dans notre bon français
que certaines gens sont incertains

Les accords réservent des surprises

Singulièrement l'amour est il
et plurielles les amours sont elles"

Un sacré farceur, ce bon français... 

 

Quelques liens pour prolonger la réflexion sur la thématique du genre dans les albums pour enfants :

un article chez La voix du livre, qui prend pour cible les albums Papa et Maman des éditions Sarbacane, et en profite pour nous donner tout un tas d'exemples et de contre-exemples ;
- un blog tout entier, Fille d'album, une vraie mine d'analyses et d'idées lecture ; 
- une réflexion sur le rôle de l'école et du collège, dans un article de Max Butlen intitulé "Que faire des stéréotypes que la littérature adresse à la jeunesse ?"

Et les albums : 

Emile et la danse de boxe 
Auteur : Vincent Cuvellier
Ilustrateur : Ronan Badel
Editions  Gallimard jeunesse - Giboulées

Buffalo Belle
Auteur et illustrateur : Olivier Douzou
Editions du Rouergue 
 

Posté par lapetitemu à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

06 août 2016

Semaine des couleurs, #3 : Flavia Ruotolo, Du matin au soir

P1030118

Découverte inopinée au détour d’un catalogue, cet album trouve sa place dans la semaine des couleurs non par son propos, mais pour ce choix bicolore tellement évocateur de l’orange et du bleu.

Le propos, quant à lui, est très original. « Une forme peut en cacher une autre… », annonce la quatrième de couverture. Flavia Ruotolo, auteure et illustratrice, invite petits et grands à prendre du recul par rapport aux images qu’elle nous propose, et à les voir différemment. Ainsi, sous un certain angle, un bol orange tacheté de blanc dans lequel repose une cuillère bleue peut se changer en champignon, aux couleurs certes inhabituelles. Une assiette bleue avec un « quartier » d’orange devient le « tour complet » d’une lune autour d’une planète à anneau…

Afficher l'image d'origine    

Les esprits rationnels chipoteront sur le caractère mensonger de certaines transformations. Mais, évidemment, c’est de poésie dont il s’agit. La terre bleue comme une orange, on a beau faire, ça parle à tout le monde. Il en est de même pour cet album très sobre, tant dans le graphisme que dans le texte, qui véhicule d’ailleurs lui aussi beaucoup de rêve.

Une belle découverte, que l’on peut prolonger avec l’album Zoo, sorti en 2011, dans lequel Flavia Ruotolo joue aussi avec les formes, en fabriquant des animaux à partir de cubes. 

Auteure et illustratrice : Flavia Ruotolo
Editions Hélium
2016

Posté par lapetitemu à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 août 2016

Semaine des couleurs, #2 : Drew Daywalt et Oliver Jeffers, Rébellion chez les crayons

_SAM5452

 Vous voulez des couleurs ? Vous en aurez plein la trousse !

Car, oui, les personnages de cet album ne sont autres que les crayons de couleur du jeune Duncan. Bon, d’après les illustrations, on parlerait plutôt de pastels : en fait, dans le titre anglais, c’est le mot « crayons » qui est utilisé, et il peut effectivement signifier « craie grasse ». Pourquoi vous parlè-je du titre anglais ? Parce que c’est à Londres, lors de mon passage dans la gigantesque librairie Waterstone’s, que j’ai vu cet album pour la première fois. Un an plus tard, le voici dans ma bibliothèque.

C’est donc l’histoire d’une bande de crayons qui ont chacun de bonnes raisons de se plaindre auprès de leur propriétaire et utilisateur : le rouge et le bleu sont épuisés à force d’être mis à contribution, le noir et le rose se sentent au contraire sous-employés, le beige voudrait être appelé par son nom véritable et non des succédanés comme « brun clair » ou « blé doré »…

Toutes ces récriminations sont adressées par courrier au jeune Duncan avec, bien sûr, beaucoup d’humour, mais aussi des remarques très pertinentes sur les stéréotypes enfantins : Duncan, comme garçon, dessine des camions de pompier mais délaisse la couleur rose ; par ailleurs, comme beaucoup d’enfants (voir Pierre n’a plus peur du noir de Pastoureau), il ne considère pas le noir comme une couleur à part entière.

Les illustrations sont très sympathiques, mêlant naïveté et précision. Il y a cette impression de « collage », avec l’insertion d’images dans l’image, que j’aime beaucoup dans les albums.

C’est un album qui fera certainement rire les enfants qui aiment dessiner et qui, à son échelle, transmet aussi des réflexions sur l’esthétique, au sens large.

Et, ce qui tombe très bien, c’est que la suite, Les crayons rentrent à la maison, est à paraître le 31/08 ! 

Auteur : Drew Daywalt
Illustrateur : Oliver Jeffers
Editions Thierry Magnier
2014

Posté par lapetitemu à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 août 2016

Semaine des couleurs, #1 : Michel Pastoureau, Pierre n'a plus peur du noir

 P1030117

Cette toute récente parution des éditions Privat m'a forcément interpellée puisqu'il s'agit du premier livre pour enfants de Michel Pastoureau, cet historien dont j'apprécie beaucoup les ouvrages. Grâce à lui, j'en sais plus sur l'ours, mais aussi sur le bleu et sur le noir. En effet, l'une des spécialités de Michel Pastoureau est l'histoire et la symbolique des couleurs. Pas étonnant, donc, que sa collaboration avec Laurence Le Chau, s'intéresse donc au noir, et aux pouvoirs très ambivalents que cette couleur peut avoir, notamment chez les enfants.

L'histoire se veut pédagogique. Alors, forcément, d'une situation très classique dans la littérature pour les plus jeunes, à savoir la nuit et la peur du noir, on en vient aux interventions des adultes, de la maîtresse qui raconte l'histoire de Barbe bleue au grand-père qui fait observer les reflets dans les plumes du corbeau, en passant par le père qui emmène le petit Pierre admirer les nuances des tableaux de Soulages. Toutes ces situations sont guidées, voire un peu forcées par l'objectif de cet album ; les oeuvres de Pierre Soulages ne sont pas forcément les premières qu'on fait voir à un enfant. On sent qu'il s'agit d'un album didactique, où chaque collaborateur cherche à glisser ses convictions, comme la petite phrase "Pierre voudrait passer son doigt sur la surface d'un des tableaux pour sentir les raies, les creux et les bosses, mais il ne le fait pas car il sait bien qu'ici, au musée, il est interdit de toucher les oeuvres".

Mais l'objectif est intéressant : c'est le même que dans l'essai "pour adultes", à savoir amener l'observateur néophyte à percevoir la richesse, dans tous les sens du terme, de cette couleur qui n'en a pas toujours été une. Les illustrations jouent un rôle primordial dans cet objectif : le noir y est éclatant, dans de grands aplats d'encre, mis en valeur par d'autres touches colorées. Le portrait de Barbe bleue est superbe : 

P1030122 (2)

 

Le noir, Laurence Le Chau connaît bien : elle a réalisé un livret pour les éditions du Musée Soulages, retraçant l'exposition Pierre Soulages à Beaubourg, en 2009 : on peut voir certains des dessins sur son premier blog. Par la suite, cette illustratrice s'est lancée dans une activité plutôt originale : le croquis de mariage. Elle y consacre un deuxième blog

Un album au but résolument didactique, mais qui reste une source de découvertes, visuelles et culturelles, pour petits et grands. 

Auteur : Michel Pastoureau
Illustratrice : Laurence Le Chau
Editions Privat
2016

Posté par lapetitemu à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,