La petite Mu qui plume

28 mars 2020

Challenge, défi n°2 : Boucle d'ours, Stéphane Servant et Laetitia Le Saux

Boucle d'ours

Après avoir rapidement parlé de cet album dans cet article, quelques mots supplémentaires. 

D'abord, oui, c'est le dernier livre à être entré dans ma bibliothèque, puisqu'il était le dernier colis fractionné d'une commande que j'avais passée juste avant le confinement. Il est donc arrivé lundi 16 mars, dernier jour d'ailleurs où j'ai vu ma factrice passer à ma boîte aux lettres. 

Ensuite, j'en ai déjà fait deux lectures avec Minimu ; je peux donc vous faire un retour d'expérience un peu plus concret. 

Petit rappel de la narration : plus directe que dans Purée de cochons ! qu'on possédait déjà ici, elle se résume à la préparation du carnaval dans la famille Ours, Petit Ours qui veut se déguiser en Boucle d'Ours, et Papa Ours qui refuse car "les jupes et les couettes, c’est pour les filles, les oursonnes, les femmelettes, les cacahouètes, les hommelettes !". A la fin, c'est le Loup qui intervient et convainc (mais sous la menace) Papa Ours, non seulement de laisser son fils se déguiser comme il lui semble, mais aussi d'accepter le costume que Maman Ours lui a secrètement préparé... 

Minimu a bien aimé "le grand livre rouge" : rouge, oui, ça se voit ; grand, c'est parce que, sans le vouloir, je l'ai commandé en grand format, 30 sur 30 cm. Je découvre ainsi l'existence de la collection Les tout-cartons géants de mon éditeur chouchou Didier Jeunesse. Elle a bien aimé voir les ours (elle a déjà un livre sur l'histoire de Boucle d'Or), mais surtout les décors : les bols, la table, les chaussures... Je lui ai lu l'histoire, mais à deux et demi, elle n'en a pas vraiment saisi les enjeux. 

Je reviens donc à ma réflexion initiale : comment et quand proposer vraiment ce genre d'histoires ? Très tôt, comme semble l'indiquer le format de cet album cartonné, qu'on peut facilement mettre dans les mains des tout-petits ? Plus tard, après l'entrée à l'école (l'éditeur le donne pour les 3-5 ans) ? Mais surtout : avant ou après avoir été confronté, voire marqué, par les stéréotypes pointés du doigt par l'histoire ? Je voulais sensibiliser ma fille le plus tôt possible à ces problématiques, mais finalement, trop tôt, c'est contre-productif : lui faire apprécier pleinement cet album reviendrait à devoir lui expliquer qu'il y a des personnes qui disent ce que doivent faire les filles, et ce que doivent faire les garçons. Ce que je me refuse à faire, de peur qu'elle intègre trop vite le fait qu'il y ait des différences, réelles ou fantasmées, entre les enfants, puis entre les individus. 

Il me faudra donc ressortir cet album d'ici un an ou deux, peut-être, et voir s'il provoque les réactions attendues chez Minimu, ou s'il répond à des questions qu'elle se pose. 

De Stéphane Servant, il me reste beaucoup d'albums à découvrir : un autre détournement de conte, La culotte du loup, et (je viens de les découvrir) deux partenariats avec ma dessinatrice préférée Ilya Green, Le masque et Nos beaux doudous. Que de lectures en perspective ! 

Boucle d'Ours
Ecrit par Stéphane Servant
Illustré par Laetitia Le Saux
Didier Jeunesse (deux formats : 12€90, et collection Tout-cartons géants : 19€90)


26 mars 2020

Challenge, défi n°5 : Veggie

Veggie

Je ne sais pas si c'est mon livre de cuisine favori, mais j'avais envie de vous en parler pour deux raisons

Le livre du changement ? 

La première, c'est qu'il semble être la suite logique de ma lecture de Comment j'ai arrêté de manger les animaux, par Hugo Clément. Le premier livre à avoir instillé en moi des doutes quant à mon carnivorisme. Alors, ce livre n'est pas vegan mais veggie, c'est-à-dire qu'il propose des recettes pouvant contenir des oeufs, du fromage et du lait. J'ai d'ailleurs l'impression que les recettes végétariennes - et non végétaliennes - utilisent beaucoup ces trois types d'ingrédients, qui restent pourtant des protéines animales. Mais il est considéré comme difficile de passer d'un régime carnivore (enfin, omnivore avec beaucoup de viande et de poisson) à un régime bannissant tout aliment de source animale. Les oeufs et les produits laitiers permettent de cuisiner des pâtes, des gratins, des omelettes, ou toutes sortes d'appareils pour cuisiner les légumes, féculents et légumineuses. De mon point de vue, je trouve qu'on tombe dans des recettes qui manquent de légèreté. Jusque là, dans mon équilibre alimentaire, j'avais tendance à préférer une assiette viande-légumes qu'une assiette légumes-féculents-produits laitiers. En tout cas, pour passer à un régime vegan, c'est-à-dire végétalien, ce livre ne peut convenir car il ne présente que très peu de recettes sans aucune protéine animale. 

Le livre du confinement ! 

La deuxième raison, c'est notre confinement, ben oui ! Si vous essayez d'être un minimum raisonnable et prudent, en ce moment, vous allez éviter d'aller faire vos courses tous les deux ou trois jours. Il faut donc parfois se priver des aliments frais à consommer rapidement, ou en tout cas les limiter ; et ces produits frais, ce sont justement, en première ligne, la viande et le poisson. Le reste (fruits, légumes, mais aussi oeufs et laitages) peuvent tenir plusieurs semaines dans nos placards ou nos frigos. Donc ce genre de livre de recettes sans viande ni poisson va peut-être devenir notre allié cuisine pendant les semaines à venir

Qu'est-ce que je pense vraiment de celui-là ? 

Son atout principal : une présentation très simple et attirante. Photos des ingrédients utilisés, photo pleine page du résultat, recette qui tient en quelques lignes : on va à l'essentiel, et les recettes semblent rassurantes. De fait, elles sont en effet, la plupart du temps, très simples. 

Pages Veggie

D'où le bémol que j'apporte : c'est typiquement le genre de livres que j'aime bien avoir dans ma cuisine car il est agréable à regarder, mais dont je ne vais que très peu me servir car je ne trouve pas qu'il s'agisse réellement de recettes pour lesquelles j'ai besoin d'un mode d'emploi. Le plus souvent, ces recettes consistent surtout à associer entre eux des ingrédients, comme dans le cas d'une salade, ou de pâtes aux légumes. Les titres seuls peuvent suffire à donner une idée de repas, et pour la suite, on sait faire sans avoir besoin de regarder le livre. 

A noter : Anna Helm Baxter (que je m'obstine à appeler Sophia Ellis Bextor, mais rien à voir), un modèle de jolie jeune maman avec ses deux beaux enfants, vient de sortir un nouveau titre du même genre chez Marabout, 100 recettes veggie : super débutants. Et, de fil en aiguille, je viens de tomber sur la vidéo de présentation d'un autre de ses titres : Décalquez, cuisinez : 10 papillotes dîners extra-simples. Le concept est rigolo, et Anna Helm Baxter semble prendre soin des cuisiniers débutants : https://www.youtube.com/watch?v=lSJ4D08zvhk

N'hésitez pas à m'envoyer des images du livre de cuisine que vous chérissez depuis longtemps ou que vous allez ressortir des placards maintenant que vous êtes tout le temps à la maison ! 

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22 mars 2020

Challenge, défi n°1 : Le Royaume de Kensuké, Micheal Morpurgo

Le royaume de Kensuké

J'ai enfin lu ce classique de la littérature jeunesse, souvent donné aux élèves par les professeurs de cycle 3. 

Micheal Morpurgo m'a conquise il y a fort longtemps déjà, quand je n'étais encore moi-même qu'une Minimu, avec son Roi Arthur qui reste à mes yeux l'un des meilleurs récits jeunesse sur les chevaliers de la Table Ronde. Mais en fait, je n'ai plus rien lu de lui ensuite pendant de très longues années. Il a fallu attendre en vérité l'année dernière pour que je découvre un deuxième titre de sa bibliographie, Robin des bois. Je crois avoir lu Monsieur Personne, et un album illustré, Gauvain et le chevalier vert, mais je n'en ai même aucune certitude. 

Je me suis certainement privée de bien des découvertes, et je compte y remédier. J'ai commencé par ce célèbre Royaume, donc, dans l'idée de le faire lire à mes élèves, maintenant ou à une autre occasion, selon ce qui sera possible. Rapide résumé pour ceux qui ne le connaissent pas : Micheal, un jeune Anglais, vit sur un bateau avec ses parents, avec qui il parcourt le monde. En plein océan Pacifique, il chute du bateau pour courir après sa chienne Stella Artois (décidément, même quand je cherche à ne plus penser au Coronavirus, les marques de bière me rattrapent tout de même). Il est recueilli miraculeusement sur une île par un personnage mystérieux, qu'il rencontre un peu plus tard. Il s'agit d'un vieil homme enfui du Japon après les bombardements de Nagasaki, et qui a refait sa vie sur l'île, entre solitude, compagnie des grands singes, et préservation de la nature. 

Je comprends pourquoi ce livre est un classique des cours de français. On peut le qualifier de réécriture moderne de Vendredi ou la vie sauvage, car il en a adopté les principales caractéristiques : la vie sur une île déserte, la rencontre d'un compagnon imprévu, les questionnements sur la vie sauvage et la vie civilisée. Le roman s'inscrit en outre dans une Histoire plus palpable pour les élèves que celle du colonialisme de Robinson : ici, on parle surtout de la deuxième moitié du XXe siècle, et notamment de la Seconde Guerre Mondiale et de ses conséquences. Les esclavagistes des romans de Daniel Defoe et Michel Tournier sont remplacés chez Micheal Morpurgo par des chasseurs de gibbons. 

Sur le plan narratif, on retrouve le principe utilisé par l'écrivain dans un grand nombre de ses romans : un début qui se déroule dans un monde proche du nôtre, avec un personnage adolescent, qui raconte sa vie quotidienne avant de la voir basculer un beau jour avec un événement hors du commun. Dans les romans historiques de Micheal Morpurgo, le personnage se retrouve alors transporté dans le passé, à l'époque, au choix, du roi Arthur, de Robin des bois, ou encore de Jeanne d'Arc. Souvent, le héros adolescent se découvre des points communs ou un lien particulier avec le héros historique. Ici, ce schéma est utilisé, mais c'est plus subtil : rien de surnaturel dans les aventures de Micheal, seulement de l'exceptionnel, et on ne voyage dans le passé qu'à travers les récits du vieux Kensuké. 

La langue est assez claire et simple pour être comprise par les lecteurs de fin de cycle 3, avec quelques complexités tout de même concernant le vocabulaire de la faune et de la flore. Mais le livre est superbement illustré dans cette réédition de 2018 : c'est François Place qui nous permet de contempler les merveilles de ce royaume insulaire, que l'on découvre par morceaux, comme Micheal et Stella observent Kensuké sur la couverture, cachés derrière les feuillages. Le choix de cet illustrateur est une évidence quand on sait sa passion pour les récits de voyage, et le talent qu'il déploie dans ses albums jeunesse autour du voyage et de l'exploration : Atlas des géographes d'Orbae, Les derniers géants...

Du coup, ce livre répond aussi aux défis 10 et 17 du "challenge du lecteur confiné", sur Lisez.com : "un best-seller encore jamais lu", et "un livre que vous avez acheté pour sa couverture". 

Le Royaume de Kensuké
Micheal Morpurgo
Gallimard Jeunesse
Disponible en trois formats : Folio Junior, 8€90 - Bibliothèque Gallimard Jeunesse, 14€90 (mais on perd la belle couverture) - Ecoutez lire, 16€50.
Malheureusement non disponibles actuellement, sauf sur Amazon... 

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21 mars 2020

Le challenge de la petite Mu

Challenge confinement

 Et voici le challenge promis ! 

Le plus faisable possible avec votre bibliothèque actuelle, et le plus positif aussi (on oublie les romans sur les pandémies ou les huis clos, hein). 

J'ai déjà mon idée pour mes propres lectures, ou relectures... J'attends les vôtres avec impatience ! 

 

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20 mars 2020

Lutter contre l'angoisse, profiter du temps qui passe

Challenge lecture confinement Lisez officiel

Les initiatives culturelles, littéraires ou autres, se multiplient autour de nous, de même que certains élans de solidarité. Des tatoueurs offrent du matériel aux soignants qui en manquent. Des couturiers.ières amateurs.trices font tourner les machines pour fabriquer des masques de fortune, sur une proposition du CHU de Grenoble. Alors que le constat est fait que le COvid19 affaiblit tout le monde, y compris le monde de la culture, cette même culture n'a pas dit son dernier mot et se réinvente, avec le web comme média principal. Alors que le gouvernement propose une offre officielle à travers le mouvement #Culturecheznous, ce qui compte aussi, ce sont toutes les idées qui fusent par dizaines chaque jour. On ne compte plus les publications de blogueurs ou d'Instagramers postant leurs activités du moment, leurs conseils de lecture, et les challenges qui en résultent. J'en ai mis un exemple plus haut, celui du site Lisez.com de la maison Editis (ce même site que j'épinglais, moins positivement, dans mon article sur les stéréotypes de genre dans la littérature jeunesse). 

Redécouvrir sa bibliothèque

Tous les lecteurs en sont là : fouiner dans ses rayonnages pour dénicher ce livre qu'on s'était promis de lire sans en trouver le temps, celui qu'on se gardait avec gourmandise pour plus tard car on savait qu'on allait l'adorer, celui-là encore qu'on a déjà lu mais il y a longtemps, ou pas assez (parce qu'avoir lu sept fois Harry Potter, ça ne suffit pas, il faut une huitième fois), celui-là enfin qu'on avait acheté sur un coup de tête, qui ne nous avait pas convaincu, mais qu'on va retenter puisque c'est l'occasion. 

Tous les autres passionnés feront de même avec leur piano, leur machine à coudre, leurs pinceaux, leurs casseroles, leurs perceuses, leur abonnement Netflix... A condition évidemment de n'être pas occupés par la vie qui continue : les enfants, les personnes fragiles dont il faut prendre soin, ou le travail pour ceux qui y sont encore. La petite Mu n'exprimera jamais assez ses encouragements à tous ceux qui sont contraints de faire tourner la production des biens et des services nécessaires, et, sur le podium, tous les personnels de santé. 

Ici, on aimerait bien travailler - monsieur notre ministre nous a demandé de la continuité pédagogique - mais ce n'est pas toujours si simple ! Entre enfant à la maison, problèmes de connexion des deux côtés, professeur comme élèves, manque de matériel avec un seul ordinateur pour les deux membres du couple... On fait comme on peut, mais le résultat est que la petite Mu n'est pas vraiment noyée sous le travail, comme peuvent l'être en revanche beaucoup de mes collègues. Ca viendra en son temps, me dit-on dans l'oreillette. J'ai d'ailleurs des Charybde et Scylla à corriger (oui, mon travail est bizarre, parfois). 

Mais, comme beaucoup d'internautes et de passionnés de culture, j'ai envie de prendre ce temps exceptionnel au jour le jour, pour lutter contre l'angoisse, et ne pas voir le temps qui passe comme un ennemi. Il y a tant de choses à faire, même en restant à la maison ! 

Le confinement chez la petite Mu

Tant que le travail ne me dévorera pas, donc, je vais essayer de faire vivre le maximum de choses chez la petite Mu. 

Des idées de lecture pour maintenant, si vous avez le hasard de les avoir dans votre bibliothèque, ou pour plus tard (il a été proposé, et c'est une bonne idée, de préparer dès maintenant des paniers de commande chez vos libraires, pour après, afin de les soutenir économiquement). 

Une nouveauté, quelques mots sur les séries que j'ai aimées récemment et qui sont encore disponibles actuellement sur Netflix, voire sur d'autres plateformes. 

Des liens vers toutes les initiatives gratuites (de préférence) en ligne pour lire et faire lire. 

Particulièrement, des pistes pour les enseignants : notamment, ceux qui, comme moi, se sont fait piéger dans leur progression et ont laissé partir leurs élèves chez eux sans lecture, avec une difficulté à présent pour se faire livrer le moindre livre (sauf à passer par le géant Amazon, ce que je n'ai jamais demandé aux familles). Comment faire lire nos élèves, avec le moins d'investissement financier et technique possible ? 

Egalement, des articles que je suis en train de rédiger sur des sujets qui m'intéressent : en ce moment, les représentations du genre dans les albums jeunesse. 

Un challenge pour commencer ? 

Celui de Lisez.com ne me convient pas totalement (par exemple, je n'ai aucune parution de 2020 et cela va être très difficile de s'en procurer maintenant !). 

Alors je vous en proposerai un autre très vite, pour ceux qui en raffolent ! 

Bientôt les 50 000 visites ! 

Je ne m'y attendais pas, car ces deux dernières années, si elles ont été riches de découvertes maternelles pour moi, ont été pauvres de publications sur ce site. Et pourtant, vous avez continué à être au rendez-vous : merci ! On arrive donc bientôt aux 50 000 visites... Certainement avant la fin du confinement d'ailleurs ! La petite Mu saura bien vous trouver une petite surprise pour l'occasion...

 

Lisez, plumez, vivez, et prenez soin de vous, autant que vous le pourrez. A bientôt ! 

 

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19 mars 2020

Ma livraison anti-stéréotypes

Colis Decitre Genre

Et voilà : pour faire suite à ce post, voici ce que j'ai pioché dans les différentes sélections d'albums anti-stérotypes pour les plus jeunes. S'agissant d'achats pour le moment, il m'a fallu faire des choix. J'ai éliminé ce qui me semblait être pour les plus grands que Minimu : il sera bien temps de les emprunter ou de les acheter plus tard. J'en ai choisi certains qui m'attiraient depuis un moment, comme Le zizi des mots ou l'album d'Ilya Green, ou d'autres que je ne connaissais pas du tout. 

L'avis de la petite Mu... et de mini-Mu ! 

Mon préféré : La dictature des petites couettes, d'Ilya Green.
Sans surprise, n'est-ce pas, vu que j'adore à peu près tout de cette auteure-illustratrice. 
Le pitch : trois petites filles qui aiment se déguiser organisent un concours de beauté, avec chacune des idées bien arrêtées sur ce qu'est la beauté. Par exemple, qu'il faut absolument des petites couettes pour être belle. Ou qu'un garçon, ça ne peut pas participer à un concours de beauté, ce n'est pas fait pour être beau, un garçon. Idée avec laquelle le garçon n'est pas d'accord ; ça le rend très triste. Oui, mais, en même temps, ce même garçon pense qu'un chat ne peut pas participer à un concours de beauté, ou qu'il devrait mieux se raser les poils. Bref, à la fin, tout le monde défile devant un jury de fourmis... et la conclusion est très rigolote. 
J'ai tout aimé, le texte, les personnages, les illustrations. Simple, mais efficace, pour parler à la fois des préjugés sur les filles ou les garçons, mais aussi du concept de beauté tout simplement. 

Les filles Rosenstiehl

Une trouvaille à découvrir : Les filles, d'Agnès Rosenstiehl. 
Celui-là, je vous en parlerai davantage plus tard, tant il y a à dire. En bref, un livre des années 70 qui montre une fille, en entier : ce qu'elle a entre les jambes, ce qu'elle aime, ce qu'elle est capable de faire. Cet album a été réédité en 2018 avec de légers ajustements. J'imagine assez bien le "pavé dans la mare" qu'il a dû être à l'époque (expression de l'éditeur, La ville brûle), quand je vois l'effet qu'il a produit sur moi dans les premières pages. Pas courant de voir un livre où une petite fille montre son sexe à un garçon, qui en fait de même, puis les voir se toucher l'un l'autre. Je pense que cela m'a fait bizarre car j'ai projeté sur cet album des enfants plus grands que ceux que l'auteure a imaginés. Mais là est l'enjeu : passé un certain âge, les enfants sont déjà touchés par les préjugés, les tabous, les réticences, voire les dégoûts. D'où l'importance de leur parler avant, quand cela leur semble encore tout naturel de regarder un sexe, féminin comme masculin, et de le toucher. 

Résultat de recherche d'images pour "le zizi des mot"

Un classique : Le zizi des mots, d'Elisabeth Brami, illustré par Fred L. 
Pas tout à fait ce que j'attendais. J'avais imaginé un livre plus long, une sorte d'encyclopédie, sur les métiers au féminin, les mots qui n'existent qu'au masculin, etc... En fait, il s'agit d'une sélection de mots qui désignent, au masculin, une personne, et, au féminin, un objet. C'est certes une piste simple et efficace pour faire comprendre aux enfants le concept de "femme-objet". Mais les mots utilisés, que ce soient les noms de personnes ou les noms d'objets, sont déjà de haut vol : un Charentais, une charentaise, un mandarin, un tribun, une tribune... Peut-être un peu tôt pour que Minimu en saisisse réellement l'enjeu, même si elle aime bien le regarder - les choses inconnues l'intriguent et l'intéressent, comme beaucoup d'enfants. J'aime beaucoup les illustrations pour ma part. 
Super initiative, les auteurs de l'album ont créé un tumblr sur lequel on peut envoyer des propositions de double page. Les lecteurs ont de très bonnes idées ! 

Boucle d'ours

Un auteur connu : Boucle d'ours, de Stéphane Servant, illustré par Laetitia Le Saux
On possède déjà à la maison Purée de cochons, offert en service presse par Didier Jeunesse il y a quelques années, sur lequel je n'avais pas eu un énorme coup de coeur mais qui est l'un des premiers albums "de grands" que ma fille a aimé. 
Pareil ici : pas de grande surprise en lisant l'histoire de Petit Ours, qui veut se déguiser en Boucle d'Ours, au grand dam de ses parents. Evidemment, il aura gain de cause, et Papa Ours va choisir également un déguisement inattendu. J'aurais aimé un peu plus d'originalité et de rebondissements dans l'histoire (dans Purée de cochons, il y en a davantage, par exemple), mais nul doute que cet album fera mouche auprès de son public : les enfants, surtout s'ils connaissent déjà l'histoire de Boucle d'or et les trois ours (Minimu la lit déjà dans la version "à toucher" de Xavier Deneux). Surtout que je l'ai choisi (sans le vouloir) dans sa version très très grande (31x31 cm), ce qui a tout de suite bien plu à ma poupette. 
Edit : OMG !!! Ne lisez pas (ou plutôt, lisez, mais soyez bien accrochés) les commentaires sur le site de Decitre... nous voici tout droit remontés au Moyen Âge. 

Une découverte : Dînette dans le tractopelle, de Christos, illustré par Mélanie Grandgirard
Une histoire fondée sur ce qui choque, j'espère, beaucoup de parents et de consommateurs au moment des fêtes : les pages genrées des catalogues de jouets pour enfants. Ici, une poupée venant des pages roses rêve de tractopelle quand un conducteur voudrait prendre le thé... Leurs souhaits se réalisent le jour où le catalogue se retrouve déchiré, et que leurs deux pages sont collées l'une à côté de l'autre. Bleu et rose se mélangent alors pour donner du violet, et tout le monde est content. 
C'est donc très simple, je ne suis pas très fan des illustrations, mais publié en 2009, cet album a le mérite de s'attaquer à cette question marketing qui persiste malgré les années. Encore dernièrement, en allant acheter un jouet d'éveil de la marque Lilliputiens, la vendeuse me confirme que cette marque fait beaucoup d'efforts pour "dé-genrer" ses peluches, mais qu'ils "doivent" (terme de la marque ? De la vendeuse ?) avoir dans leur catalogue des produits genrés. La vraie vie est donc bien en retard sur ce catalogue imaginaire raconté par Christos. 

 

Que retenir de cette mini-sélection ? Ce sont des livres plaisants, qui intéressent les enfants, et ouvrent le dialogue. Cependant, je regrette que l'on en soit encore à cette étape : partir des stéréotypes et inventer une histoire pour prouver qu'ils n'ont pas lieu d'être. Qu'en est-il des albums qui, dès le début, montrent des enfants qui ne se préoccupent pas une seconde de leur apparence, du genre qu'ils affichent, de ce qu'ils peuvent être ou ne pas être, faire ou ne pas faire, en tant que fille, en tant que garçon ? Je sais, la société est encore tellement loin de cela qu'on est bien obligés de partir de la réalité présente : les préjugés, l'opposition fille/garçon. Mais vraiment, la littérature jeunesse a besoin d'ouvrages montrant qu'à l'origine, chez l'enfant, ces préjugés n'existent pas. Ce sont nous, les adultes, qui les leur mettons en tête, souvent trop tôt, et malheureusement parfois sans le vouloir. Y compris avec les livres qu'on leur donne. Je me suis rendue compte récemment que, malgré tout ce que je pense de la lutte contre les stéréotypes de genre, la bibliothèque de Minimu est remplie d'albums avec des personnages malgré tout genrés, de couples forcément hétéronormés, avec le papa et la maman... Difficile d'en sortir. Quelques auteurs, quelques titres font un peu exception, dans ceux que je possède du moins : Ilya Green et ses personnages enfantins assez androgynes, la série des Cléo de Sibylle Delacroix, qui ne permet pas clairement de savoir si Cléo est une fille ou un garçon (car cela n'a aucune importance pour les thèmes abordés). 

Ce sera désormais ma quête : sus aux albums non genrés ! 

(Un article plus développé sur cette quête suivra dans les jours à venir.) 

 

La dictature des petites couettes, d'Ilya Green, Didier Jeunesse, 11€10.

Les filles, d'Agnès Rosenstiehl, La ville brûle, 14€. 

Le zizi des mots, d'Elisabeth Brami, illustré par Fred L., Talents hauts, 12€90.

Boucle d'ours, de Stéphane Servant, illustré par Laetitia Le Saux, Didier Jeunesse, 19€90.

Dînette dans le tractopelle, de Christos, illustré par Mélanie Grandgirard, Talents hauts, 12€50. 

 

17 mars 2020

Hugo Clément : Comment j'ai arrêté de manger les animaux

Comment j'ai arrêté de manger les animaux

Confinement, jour 1. Heureusement, il y a du soleil. Et j'ai passé un peu de temps avec un jeune homme plutôt intéressant. 

Je termine aujourd'hui une lecture entamée il y a quelques semaines, sans grande conviction. Cadeau de mon mari qui, depuis quelques temps, prend des coups de sang à l'idée qu'on mange trop de viande et qu'il faut arrêter. Moi, jusqu'à présent, je n'avais même pas tellement envie de me poser la question. Hugo Clément part d'ailleurs de ce postulat : la plupart des personnes qui mangent de la viande ou du poisson choisissent de ne pas se poser trop de questions et de ne pas trop s'informer, car ils savent que la connaissance entraînera la culpabilisation. Et il faut le reconnaître : il n'a pas tort. 

Je ne compte pas résumer ici les propos du journaliste devenu écrivain avec cet ouvrage : son livre étant justement un résumé des analyses de diverses provenances (ouvrages scientifiques, rapports d'associations ou d'ONG, témoignages oraux...), le résumer encore reviendrait à le vider de sa substance. Je vais seulement partager son plan, à savoir les différents arguments qu'Hugo Clément énonce en faveur de sa thèse : cesser de manger de la viande, du poisson, ou tout produit d'origine animale. 

Argument 1 : les animaux d'élevage sont des êtres sensibles et intelligents, qui éprouvent la douleur et la souffrance psychologique. 
A l'appui de cet argument, des comptes-rendus d'expériences menées sur les bovins, les moutons, les poulets, les cochons et les poissons, démontrant leur intelligence et leur réaction aux différentes formes d'agressions. 

Argument 2 : la majorité des élevages ne respectent pas le bien-être de l'animal ; la quasi-totalité des abattoirs le dénient également. 
A l'appui de cet argument, des témoignages directs et indirects de la vie dans un élevage ou un abattoir et des actes cruels - y compris légaux - qui s'y déroulent. 

Argument 3 : l'élevage est responsable d'une très grande partie des problèmes environnementaux. 
A l'appui de cet argument, des statistiques qui contredisent parfois l'opinion commune. 

Argument 4 : l'être humain n'a pas besoin de protéines animales pour sa santé, son développement ni son bien-être. 
A l'appui de cet argument, le cas personnel du jeune trentenaire ayant cessé assez récemment de consommer des produits animaux, et des propos de médecins et scientifiques. 

Ces arguments sembleront une évidence pour certains d'entre vous. Cependant, le propos d'Hugo Clément, c'est de faire remarquer qu'entre nos pensées et nos actes, il y a souvent un fossé. En fait, il ne suffit pas de lire les arguments résumés en une phrase. Ce qu'il faut pour se convaincre d'arrêter de manger de la viande ou du poisson, ce sont des détails. C'est ce dont cet ouvrage abonde : des chiffres, rapportés sous toutes les formes possibles afin de les rendre compréhensibles, je dirais "appréhensibles" par tous (par exemple, pour moi, c'est plus parlant de savoir combien de bêtes sont tuées à la minute, par exemple, que d'avoir le chiffre total), mais aussi des récits. J'allais dire "des récits de vie", et c'est finalement bien de cela qu'il s'agit : la vie de tous ces animaux d'élevage consommés au quotidien dans notre pays, et, en second plan, la vie de quelques humains marqués par ces pratiques, comme Mauricio Garcia-Pereira, interviewé par Hugo Clément car il a travaillé plusieurs longues années dans un abattoir, avant d'en partir définivement. 

Ces détails fonctionnent. De même que certaines subtilités, dès le titre : Hugo Clément n'explique pas "pourquoi" il a cessé de manger de la viande et du poisson, mais "comment". Son livre s'adresse à des lecteurs déjà convaincus par la théorie, mais qui ont besoin d'un exemple pour passer à l'acte à leur tour. De même, il a arrêté de manger "les animaux", et non pas "des animaux". Cette utilisation généralisée de l'article indéfini pour parler des bêtes que l'on mange, "du poulet", "de l'agneau", est l'une des preuves que les carnivores préfèrent dénier aux animaux leur individualité, car c'est ce qui leur permet de les manger tranquillement sans penser à eux comme des individus. 

Ajoutons enfin que, du début jusqu'à la fin, Hugo Clément précise qu'il ne veut pointer du doigt personne, ni tenir un discours culpabilisant. Il revient plusieurs fois sur ses propres contradictions morales ou environnementales, et raconte en amont qu'il a longtemps mangé viande et poisson sans se poser de questions. 

J'ai trouvé cet ouvrage diablement efficace. L'ayant fini il y a quelques heures, c'est trop tôt pour vous dire s'il sera le déclencheur d'un changement radical de mon alimentation, moi qui mange des produits animaux depuis trente-trois ans. Mais c'est le premier discours que je lis sur le sujet à provoquer en moi autant de réflexions. 

Merci donc, cher Hugo Clément, de m'avoir proposé cette lecture certes difficile à bien des égards, mais moultement intéressante

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16 mars 2020

Courage, les mots sont toujours là

Poème Zéno Bianu

Parce que cette semaine, mes élèves devaient offrir de la poésie au sein du collège, parce que la poésie est un virus contagieux mais éminemment bénéfique, parce que les mots sont toujours là pour nous permettre d'échanger, de partager, d'exulter, de s'exalter, parce qu'il faudra à bien d'entre nous, bien d'entre vous, du courage dans les temps à venir, parce que poésie rime avec vie et que nous avons tous besoin d'un élan de vie, la petite Mu tente d'agrandir encore le chant du courage. 

Courage, la vie continue. La poésie aussi. 

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09 mars 2020

Un album, deux lectures : Panda a un problème, de Deborah Underwood et Hannah Marks

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IMG_20200302_180717J'ai évoqué cet album récemment dans ce post car, oui, l'une des raisons qui m'a poussée à acheter cet album, c'est le petit panda mignon qu'on voit sur la couverture. Mais, mignon, vraiment ? Quand j'ai feuilleté les premières pages, je me suis vite rendue compte que la raison d'être de l'animal n'était pas sa cute attitude, mais le fil à retordre qu'il donne à son narrateur ! 

 

 

 

 

 

Voici en effet le concept de l'histoire :     

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Voilà. Le personnage principal, ce panda tout mignon, se rebelle contre son narrateur. Ou plutôt, contre le traditionnel schéma de narration imposé aux protagonistes. Une histoire, c'est un personnage principal qui a un problème, parce qu'il doit le résoudre. Sans problème, pas d'histoire. C'est d'ailleurs une phrase que je répète souvent à mes élèves qui rejouent le match pour tous les textes qu'on étudie : "Mais, madame, pourquoi Ulysse n'est pas rentré directement chez lui ?", "Mais, madame, pourquoi elle a décidé de se marier avec Barbe-Bleue alors qu'il paraissait quand même super louche ?". Parce que vous n'auriez pas eu le plaisir d'avoir une séance de cours sur ce texte, mes trésors ! 

Démarre alors un dialogue entre Panda et son narrateur. Une mise en page explicite mais efficace met en évidence les deux voix : polices de caractère différentes, phylactères pour le panda mais pas pour le narrateur. 

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Ce panda est décidément bien récalcitrant. On n'a pas idée d'être satisfait ainsi de sa vie ! Dans la suite de l'album, que je ne vous dévoilerai pas pour vous laisser le plaisir de la découverte (il y a 46 pages à savourer encore, avec de petits détails discrets dans les illustrations ou les textes, ma rapide présentation est donc loin d'avoir défloré l'oeuvre), un et même plusieurs problème(s) vont bel et bien survenir, et une histoire va finir par se créer. Même si ce n'était pas celle que le narrateur, ni le lecteur, ni même Panda, attendaient ! 

Première lecture : à partir de 2 ans, puis 4 ans

Sur le site de l'éditeur (Circonflexe, que je ne connaissais pas jusqu'alors mais que je me promets d'apprendre à connaître, car un rapide tour sur leur site m'a donné plein d'envies), l'album est donné pour les 4-6 ans. C'est en effet certainement à cet âge-là que l'histoire et son humour pourront être appréciés. A 4 ans, les enfants ont pour la plupart goûté depuis longtemps au plaisir de la lecture, et cela pourra les étonner, et les amuser, de voir l'envers du décor.

Cependant, je me permets d'abaisser la limite d'âge en raison des illustrations : le parti pris de pages épurées, avec des formes faciles à identifier (sauf peut-être les aliens !), rend cet album agréable à feuilleter avec de tout-petits, s'ils sont capables de suivre une lecture assez longue (plus de 40 pages comme je le disais plus haut). Avec Minimu, j'ai testé à tout hasard, en me disant que je pourrais toujours le garder pour plus tard, mais elle a maintenu sa concentration jusqu'au bout, et elle aime bien les pages de la fin, avec les bonbons et les bambous. 

Deuxième lecture : en cycle 3

C'est en effet dans ce cycle d'apprentissage (du CM1 à la 6e depuis la réforme de 2015, pour les non-initiés) que l'on travaille la narration, à la fois dans les activités de lecture et d'écriture - les deux étant évidemment liés. 

Pour être honnête et précis, la notion de narration, et encore moins celles de schéma narratif et schéma actanciel, ont disparu des programmes. Mais il semble évident que pour développer les compétences de lecture et d'écriture demandées (lire des récits, écrire des textes d'une page ou deux), il faut comprendre comment fonctionne une histoire : quel est son point de départ, comment elle évolue, comment la terminer. 

Dans cet objectif, faire lire à des élèves de cycle 3 les premières pages de cet album peut être un déclencheur intéressant pour une séance d'écriture ou de littérature. Pour les plus jeunes du cycle, ce sera peut-être une découverte. Pour des 6e, une rapide piqûre de rappel pour démarrer l'année scolaire. Après avoir pris connaissance de ces quelques pages, on fait le tour à l'oral des caractéristiques d'un récit, et on construit avec les élèves une fiche-bilan. Pas la peine d'appeler cela "schéma narratif" ou "schéma actanciel", de parler d'élément déclencheur ou de résolution si l'on n'en pas envie - mais pas non plus besoin de se l'interdire si on a toujours travaillé avec ces termes -, pourvu que les élèves en retiennent l'essentiel. Pour faire une histoire, il faut :

- présenter un personnage ;
- lui attribuer un problème, qu'il lui soit inhérent (un défaut, un manque) ou extérieur (le fameux "élément perturbateur") ;
- imaginer plusieurs étapes lui permettant de résoudre ce problème ;
- conclure l'histoire en indiquant clairement si le problème a été résolu, et comment. 

Par ailleurs, le texte de l'album peut fournir nombre d'idées d'exercices d'écriture, à utiliser en rituel de semaine, de début de cours, en jogging d'écriture, ou en entraînement avant un travail d'écriture plus développé. 

Par exemple : 
- choisir l'un des problèmes désespérément suggérés par le narrateur (voir l'image plus haut) et écrire une histoire à partir de là : Panda a peur des araignées, il veut un ami...
- partir du problème décrit aux pages 35 et 36 (scan disponible sur demande) et raconter la suite ;
- inventer toute une histoire à partir de l'illustration sur la double page 31 et 32, sans texte ;
- voire, pourquoi pas, réécrire l'album en remplaçant le panda par un autre animal. 

L'album est sorti en septembre 2019 pour l'édition française : je ne sais pas si certains professeurs du premier degré ont déjà fait entrer cet album dans leurs salles de classe, pour un travail construit ou une simple lecture offerte. Si tel est le cas, je suis impatiente de savoir comment ils s'y sont pris, et si les élèves ont aimé. En attendant de voir, peut-être, des séquences pédagogiques apparaître sur Internet, je vous laisse donc avec mes bribes d'idées : n'hésitez pas à me faire part de vos réflexions à ce sujet ! 

Pour finir, le petit booktrailer réalisé par Penguin Kids : 

Panda a un problème
Auteure : Deborah Underwood
Illustratrice : Hannah Marks
Editions Circonflexe
Sortie automne 2019 pour l'édition française
13€50

08 mars 2020

Journée de la femme, petite et grande !

De plus en plus d'articles de blogs fleurissent avec pour intitulé : "livres féministes pour enfants", "littérature jeunesse anti-sexiste", et c'est génial ! Je n'ai donc nulle vocation à dire quelque chose de neuf à ce sujet. Un prochain article fera néanmoins le point sur certains lectures plus ou moins anciennes que je souhaite remettre à l'honneur pour l'occasion. Vous pouvez donc plutôt prendre la plumerie d'aujourd'hui pour un tour d'horizon des meilleures présentations des meilleurs livres mettant à l'honneur les femmes, la lutte contre le sexisme, et la réflexion sur les préjugés liés au genre

Des idées de lectures anti-stéréotypes 

Le blog qui à mon sens fait référence en la matière, c'est celui-ci : 

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Fille d'albums, le titre annonce la couleur. D'après l'auteure, bibliothécaire en section jeunesse à Paris, "le blog tire son nom du passionnant livre de Nelly Chabrol-Gagne, Filles d’albums, les représentations du féminin dans l’album". Il promet de devenir mon nouvel outil de référence en matière de littérature jeunesse, car il foisonne de liens, de bibliographies, d'études développées... Le fait d'être spécialisé dans "une littérature jeunesse antisexiste" n'en appauvrit nullement le contenu, car il s'agit tout simplement de proposer une littérature de qualité et de réfléchir sur le sujet. La question des représentations du genre dans les livres pour enfants est tellement féconde qu'elle permet de parler de beaucoup d'auteurs, d'illustrateurs, d'éditeurs ou de médias. 

Tout le blog est une mine pour proposer des livres engagés et engageants à nos enfants, mais il faut aller dans Livres si vous souhaitez une liste précise. J'ajoute aussi un lien vers le blog de "Maman, rodarde !" et tout particulièrement son article sur le vernis et les garçons, car c'est là qu'elle partage généreusement ses petits dépliants anti-préjugés destinés aux enfants... comme aux adultes. 

 

Des sélections de littérature jeunesse sur l'égalité garçon-fille et la lutte contre les préjugés de genre, voici également où l'on en trouve : 

 Sur le site Parisianavores,

 Parisianavores – Blog Lifestyle / Food / Voyage / Kids

 Sur le site du collectif "Je suis féministe", évidemment : 

Logo

 

Sur le blog Un invincible été, dont l'auteure est membre du Club de lecture féministe des Antigones : 

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Sans oublier Télérama qui ne manque pas de jolies sélections : 

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Ce qui vous fait déjà une bonne petite pile à lire ! 

 

"La littérature genrée, en 2020, ça n'existe plus !..."

Et côté obscur, qu'est-ce que ça donne ? (Car malheureusement, l'exclamation ci-dessus est fausse...)

Livres de filles

Pas besoin d'aller très loin, car ce cher Google me propose pour les mots-clés "livres féministes pour petites filles" le lien suivant : Livres filles de 8 à 12 ans - Romans que les filles adorent, renvoyant à une page du site Lisez.com, "le site d'actualité des maisons d'éditions du groupe Editis" (comprenant Nathan, Pocket, Syros...) Un beau concentré de rose et de chick lit déclinée pour les plus jaunes ! Alors, oui, si j'enlève "pour petites filles" en le remplaçant par "littérature jeunesse" dans ma recherche, je ne trouve plus ce lien. Mais voici tout de même ce que Google  : du Sophie Kinsella, des collections nommées "Cupcake girls", "Les princesses magiques" ou encore "20, allée de la danse". Donc les filles aiment la pâtisserie, font de la danse et rêvent d'être des princesses. A peine trouve-t-on deux Peter Härtling, un Hélène Montardre et un Susie Morgenstern. 
Je me suis amusée à chercher d'où venait cette sélection. En fouillant un peu sur le site, je me suis tout simplement rendue compte qu'il s'agissait d'une catégorie de recherches dans la partie "Roman enfant 8-12 ans". Déjà que cette différence de catégories m'horripile sur les sites de vêtements bébé (on ne peut plus chercher un body ou un pyjama sans être obligé de spécifier si l'on cherche pour un garçon ou pour une fille), mais alors pour des livres ! Quand j'aurai le temps, je ferai un tour des différents sites d'éditeurs pour voir s'il s'agit d'une pratique courante, ou d'un cas isolé. 
Tant que j'y suis, une rapide analyse supplémentaire : dans la catégorie "Roman Fille 8-12 ans", on compte 62 titres. Dans la catégorie "Roman Garçon"... 3 seulement. Encore un stéréotype ? A 8 ans, les garçons ne lisent plus, enfin... 

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Et pour finir, je ne finirai jamais d'être choquée par la fameuse collection chez Fleurus, "P'tit garçon" et "P'tite fille". Comment un éditeur peut-il encore, en 2019, poursuivre une telle collection ? Le pire, c'est qu'il y a des choses très bien chez Fleurus. J'aime assez la série sur les émotions par exemple : j'ai failli acheter Petite colère il y a peu. 
Je m'attarde un peu sur les pages du site pour faire de nouveau quelques statistiques. Le nombre de titres est à l'opposé du lien dont je parlais précédemment : ici, 38 livres "P'tit garçon" contre... 9 pour les filles ! Alors, oui, si l'on regarde en détail, parmi les 38 titres des garçons, certains sont des rééditions avec des contenus supplémentaires. Le résultat reste le même : la collection ne s'agrandit pas autant pour les filles. 
Poursuivons l'analyse : dans la collection "P'tite fille", on imite. Voici les titres : Lisa joue à la maîtresse, Zoé joue à la marchande, Rose joue à la princesse... En plus d'être cantonnées à leurs rôles, les filles ne semblent avoir de raison d'être que de reproduire une vie d'adulte, sans désir propre. Du côté des garçons, on n'est pas, on possède, et que des gros engins, évidemment : Le camion de Léon, Le tractopelle d'Axel, Le canadair d'Albert, L'avion de chasse d'Elias... Les auteurs de la collection rivalisent d'imagination pour parfaire le vocabulaire des véhicules tout en leur associant les prénoms d'hier et aujourd'hui. 

Je lance une alerte ! Fleurus, si vous m'entendez, arrêtez au plus vite cette collection et remplacez-la par d'autres titres réussis comme vous savez le faire ! Je vous assure que les enfants seront ravis... et les parents aussi ! 

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05 mars 2020

Les petits cartonnés de Claude Ponti

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Claude Ponti, on connaît. (Si ce n'est pas le cas, pas d'inquiétude, on passe tous à côté de quelque chose dans notre vie. Si vous y remédiez dans les heures qui viennent, ça ira :-).) Mais, si je connaissais bien les albums parfaits pour premiers lecteurs, tels que Pétronille, Okilélé, ou autres L'arbre sans fin, avec leurs illustrations archi-foisonnantes, je n'imaginais pas les mettre tout de suite entre les mains de ma poupette de même pas deux ans.
Et là, en cherchant de petits albums cartonnés, je découvre cette série originale, et néanmoins caractéristique de cet auteur atypique .
Un visuel accrocheur
Le premier côté très sympa de ces petits livres, c'est leur format mini associé à une découpe de la forme de ce dont ils parlent : une main, une pomme, un lit... Hyper faciles à prendre en main par les plus petits, presque à taille réelle pour certains titres (ma poupette a de petites mains, mais je suis sûre qu'un enfant de deux ans un peu plus grand qu'elle peut faire coïncider ses doigts avec ceux du livre ; quant à la pomme, elle a la taille d'un beau fruit).
 

Dans ma main couverture

Dans ma main intérieur

 
De la vie quotidienne au monde des rêves
A l'intérieur, le concept est très réussi. Pour reprendre la pomme et le gant, les premières pages montrent des scènes tout à fait réalistes : on découvre l'intérieur d'une pomme, puis un trognon, on voit une main toute propre, puis pleine de taches de peinture. Et d'autres pages, plus loin, font basculer d'un coup dans cet univers tellement particulier des livres de Claude Ponti : sur les doigts, il y a "des guignols", autant de petits personnages qui rappellent des personnages de contes pour enfants ou des créatures récurrentes chez l'illustrateur. Dans la pomme, "si on ne la mange pas", eh bien on trouve deux vers de terre qui ont construit leur maison, tranquille : ils regardent la télé et font la cuisine comme si de rien n'était.
D'autres titres, comme Dans le lit, ont des scènes bien remplies dès les premières pages : le lit est un bateau pour voyager, puis une scène de bataille, tous les jouets et les doudous devenant autant de compagnons d'aventure. Et à la dernière page, c'est la nuit : on peut aussi dormir, dans le lit.
 

 

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Plusieurs titres
Si on inventorie les titres, voici ce qu'on trouve : 
Dans le gant, Dans la pomme, Derrière la poussette, Dans le loup, Sur le lit.
Trois autres titres évoquent le même concept : Au fond du jardin, Dans la voiture et Sur la branche, mais ils n'ont pas cette fameuse découpe originale.
 
Pour ma part, j'ai choisi de les acquérir en commençant par ce qui me paraissait le plus proche de la vie quotidienne de ma puce : les petites mains lui plaisent beaucoup, surtout la dernière page avec des cœurs et des bisous ! Puis la pomme, même si pour l'instant elle n'en mange pas encore en les croquant. Et le lit, mais pas sûre qu'elle s'y reconnaisse beaucoup, car elle dort toujours dans un lit à barreaux.
Je dirais qu'elle s'intéresse plus aux pages réalistes qu'à celles plus fantaisistes, pour le moment. Mais c'est l'avantage de ces titres : idéaux pour être manipulés par les plus petits, ils pourront ensuite être relus et constituer un joli pont avec les grands classiques de l'auteur, que je compte bien lire le plus tôt possible avec ma princesse !
Dans le gant et autres albums cartonnés 
Claude Ponti
L'école des Loisirs
Entre 6€60 et 7€50

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03 mars 2020

Un album, deux lectures : Clac la tortue et l'accord du participe passé

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La déformation professionnelle, vous connaissez ? Pour une enseignante, c'est par exemple lire un album à sa fille de deux ans (et même avant) et se dire "tiens, ca, ça pourrait me servir avec mes élèves !" Lesquels élèves ont, en ce qui me concerne, au moins neuf ans de plus que ma Minimu. 

Alors, me demanderez-vous, comment se peut-il qu'un livre pour tout petits ait une fonction pour des collégiens ? Il faut pas mal d'imagination, une dose d'expérience professionnelle et un soupçon d'intuition !

Cette nouvelle série d'articles n'a pas vocation à être réellement pédagogique, mais plutôt à vous faire entrer dans le cerveau de Professeure Mu, dans ces fameux moments de déformation professionnelle. 

Par exemple, prenons ce titre de la collection "La p'tite étincelle" de chez Frimousse, que j'aime beaucoup parce qu'elle décline sur un principe simple et avec des illustrations graphiques et rigolotes toute une panoplie d'animaux, parmi lesquels chaque parent trouvera forcément l'animal favori de son enfant ! 

Eh bien, quand Professeure Mu lit les quelques pages de Clac la tortue, la première chose qui lui saute aux yeux, c'est la foultitude de participes passés utilisés dans le récit! On dirait un manuel de grammaire tant tous les cas sont représentés : avec l'auxiliaire être, avec l'auxiliaire avoir, avec ou sans COD placé devant le verbe, avec des verbes pronominaux, sans oublier les participes utilisés comme adjectif. 

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Une idée malveillante germe alors dans l'esprit de Professeure Mu, celle de faire de ce texte une leçon de grammaire adressée aux collégiens, ou, pourquoi pas, une dictée d'entraînement ! Certes, je me heurte à un certain écueil, à savoir que les accords complexes du participe sont étudiés en 4e ou 3e : des adolescents si grands seront-ils enclins à travailler sur un texte si infantile? Le pari est cependant lancé, et peut-être que j'en rendrai compte un de ces jours chez la petite Mu !

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