26 juin 2016

Grand Palais : Carambolages

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Vite, plus que quelques jours pour découvrir cette exposition pas comme les autres ! 

En ne voyant que l'affiche, vous ne pouvez pas réellement deviner ce qui vous attend. Le titre, le tableau choisi, on penserait à une exposition sur l'art flamand, quelque chose dans le genre. En fait, ce tableau (qui n'est pas un Brueghel, mais bien une oeuvre anonyme) n'est que l'une des 185 oeuvres exposées, sculptures, photographies, peintures, et j'en passe, de l'Antiquité jusqu'à notre époque contemporaine. Attention, je dis "de...jusqu'à", mais l'un des principes de l'exposition est de ne pas présenter ces oeuvres dans un ordre chronologique. Les "carambolages", en effet, sont des entrechocs, des ricochets (le terme vient du billard), entre des oeuvres qui partagent des points communs mais ne se suivent pas nécessairement dans l'histoire de l'art. 

Il s'agit donc (en tout cas, c'est l'intention des organisateurs) d'un moment d'interaction entre le visiteur et les oeuvres. Chacun doit trouver par soi-même le lien qui unit les oeuvres, présentées les unes à côté des autres, mais sans qu'aucune indication ne soit donnée. On peut penser aux formes, à la lumière, à la composition de l'oeuvre, parfois à un détail... Des vidéos ont été publiées, avec des interviews de visiteurs. 

De mon côté, j'ai visité l'exposition virtuellement grâce au livre (voir plus loin). Je dois reconnaître que c'est assez déconcertant. Ce n'est pas tant le fait qu'il n'y ait pas de chronologie qui m'a gênée, ni que l'interprétation des oeuvres nous soit laissée. Mais j'ai eu une impression d'intense foisonnement, avec des oeuvres dont je ne possédais absolument pas les codes, que ce soit l'art antique non européen ou des installations contemporaines plus ou moins conceptuelles. Je n'ai pas beaucoup pu me raccrocher à des artistes ou des styles que je connaissais. Du coup, à la fin, je n'ai pas l'impression d'avoir "appris" quelque chose. Mais c'est, je pense, tout l'enjeu du projet : insister sur le fait qu'on n'a pas forcément à apprendre quelque chose de l'art, mais que le plus important est le choc esthétique (une expression qui revient souvent dans les diverses présentations de l'exposition), la rencontre très personnelle entre l'oeuvre et l'observateur. 

Certes, il ne reste plus beaucoup de temps pour voir physiquement l'exposition, mais si vous n'en avez pas l'occasion, vous pouvez en profiter de différentes manières : 

- le site internet, qui propose notamment des jeux : pas tellement palpitants, mais qui ont le mérite de faire découvrir certaines des oeuvres exposées. (En faible qualité, cependant, à cause de la petite taille des images.)

- le livre, surtout, très bel objet qui peut certainement remplacer la visite en elle-même. Il se compose d'une reproduction des 185 oeuvres sous forme de livre-accordéon : 

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Ce dépliant est accompagné par deux livrets : l'un présentant une brève notice pour chaque oeuvre (mais attention, sans jamais les relier entre elles, pour respecter le principe de l'exposition), l'autre, intitulé "Essais", présentant plusieurs réflexions par des spécialistes de l'histoire des arts. Prévoyez de la place dans votre bibliothèque, le livre est énorme ! 

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Sinon, pour les Parisiens qui n'ont rien de prévu cette semaine, voici les informations pratiques : 

Exposition Carambolages
Grand Palais (3, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris)
Du 2 mars au 4 juillet 2016
Plein tarif : 13€ (différents tarifs avec visites ou animations)
Tous les jours sauf le mardi, avec nocturne le mercredi. 

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13 juin 2016

Musée en herbe : L'art et le chat

 

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De l'art qui pense, de l'art qui réfléchit, de l'art qui fait rire : c'est un peu tout ça à la fois, L'art et le chat.

Depuis longtemps, Geluck aime glisser des clins d'oeil aux grandes oeuvres artistiques dans ses non moins célèbres bandes dessinées. Mais Geluck est plus qu'un dessinateur doublé d'un (très) bon scénariste : c'est un artiste à part entière, qui réalise des acryliques, des bronze, des statues... Tout a commencé en 2003 avec une Joconde une énième fois détournée. Loin de s'arrêter là, Geluck a enchaîné les réalisations humoristiques autour des oeuvres incontournables et de son "panthéon personnel". 

C'est donc très logiquement que toutes ces réalisations se retrouvent aujourd'hui exposées, et surtout, exposées aux côtés des oeuvres qui les ont inspirées. Si un grand nombre de ces dernières sont des reproductions, plusieurs musées ou collectionneurs particuliers ont joué le jeu et prêté tableaux et sculptures. C'est donc à un véritable cours d'histoire de l'art que le musée en herbe (toujours tourné vers l'enfance et la pédagogie) invite ses visiteurs. Les oeuvres de Geluck jouent pleinement leur rôle : capter notre attention par leur humour irrésistible, et guider notre regard vers l'oeuvre originale, dans laquelle on lit des détails ou des aspects qu'on n'avait pas toujours remarqués. Surtout, ce bon vieux Chat nous oblige à nous interroger sur les intentions de l'artiste, et, plus largement, sur la fonction d'une oeuvre d'art. Mais en a-t-elle toujours, finalement ?...

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En tout cas, si le Chat voulait nous faire comprendre que l'art, ça ne sert plus à rien, et que ça n'intéresse plus personne, eh ben c'est raté ! Preuve en est le nombre de visiteurs présent dans le (tout petit) musée, même un jour de semaine. Mettez un groupe de scolaires, avec leurs animateurs, quelques familles, des adultes, on est vite serrés au 23 rue de l'Arbre sec. C'est le seul bémol que je soulignerai pour cette exposition : un espace un peu trop restreint pour profiter de certaines oeuvres (notamment le Vasarely qui demande un peu de profondeur pour s'apprécier pleinement). 

C'est pourquoi je profite de cet article pour vous conseiller également (au plein sens du terme, c'est-à-dire "à part égale") l'album de l'exposition, paru chez Casterman au format BD, qui prendra naturellement place à côté de votre collection du Chat. Toutes les oeuvres y sont, avec quelques explications sobres mais efficaces, une interview de Geluck en début d'ouvrage. De quoi (re)faire l'expo chez vous, confortablement assis dans votre canapé, entre petits et grands, fervents amateurs d'art ou novices avides de découvertes ! 

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Exposition L'art et le chat
Musée en Herbe (23 rue de l'Arbre Sec, 75001 Paris)
Du 11 février au 31 août 2016
Plein tarif : 6€ (différents tarifs avec visites ou animations)
Tous les jours avec nocturne le jeudi. 

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26 mai 2016

Musée de l'Orangerie : exposition Apollinaire, le regard du poète

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Eh bien, oui, pour une fois, ce n'est pas à la plume d'Apollinaire qu'on s'intéresse, mais à son regard. Comprenez : à son regard sur l'art de son temps. Guillaume Apollinaire a en effet été critique d'art. Il a écrit de nombreux textes, réunis dans Chroniques d'art. 1902-1918, et publié un ouvrage, Les peintres cubistes. Méditations esthétiques. Et si on réunit tous les artistes qu'il a aimés, commentés, analysés, ça en fait, du monde. Prévoyez donc un peu de temps pour visiter cette très riche exposition.

La première salle est consacrée, une fois n'est pas coutume, à l'oeuvre d'Apollinaire. Le calligramme "Il pleut" s'étale sur le mur, une sono diffuse "Le pont Mirabeau" lu par le poète lui-même, et une sorte de constellation gigantesque retrace les principales étapes de sa vie. Puis c'est un festival d'artistes et d'oeuvres, prêtées par nombre de musées, qui s'exposent dans les salles suivantes. On l'a vu avec le titre de son ouvrage, il s'est intéressé au cubisme (et en cela il fut plutôt précurseur). Il a été un grand ami de Picasso, et l'exposition revient naturellement sur cette amitié. En fait, Apollinaire aimait bien s'entourer d'artistes. Marie Laurencin, avec qui il eut de nombreux liens, amoureux comme artistiques, était peintre. Autour d'eux gravitaient également George Braque, Robert Delaunay ou encore le Douanier Rousseau. (Ce dernier avait peint le couple Apollinaire/Laurencin avec une Marie gigantesque et très "matrone" parce que, pour un grand poète, il fallait "une grosse muse", d'après ses propres mots. Marie Laurencin a peu goûté le tableau, et peut-être aussi la phrase...)

En fait, c'est tout le bouillonnement de l'époque, cette recherche d'un art nouveau, qui se répercute de la peinture à l'écriture, de l'écriture à la musique, qui sont retracés dans l'exposition. On y voit des tableaux, mais aussi des livres, des objets, et on peut y lire des textes. "J'émerveille", disait Apollinaire, ou encore "Nous enchantons la vulgaire matière", à propos de son travail et de celui de Méliès. Tous les arts sont liés. Il est naturel que le musée propose, en marge de l'exposition, de nombreux événements artistiques : conférences-lectures, films d'animation, ciné-concerts.

Réservez donc du temps, beaucoup de temps, si vous envisagez d'essayer de faire le tour des richesses proposées.

Exposition Apollinaire, le regard d'un poète
Musée de l'Orangerie
Du 6 avril au 18 juillet 2016
Plein tarif : 9€ (avec collections permanentes) ; partenariat avec l'exposition Picasso.sculptures au musée Picasso de Paris
Prévoir une heure et demie à deux heures

 

 

 

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08 mai 2016

Musée d'Orsay : Le Douanier Rousseau, l'innocence archaïque

"Comme dans les, comme dans les, comme dans les, comme dans les... Comme dans les tableaux, du Douanier Rousseau" : comment ne pas avoir cette chanson dans la tête pendant toute la durée de la visite ? Après tout, quand la Compagnie Créole parle d' "un jardin merveilleux, un spectacle permanent", force est de reconnaître que c'est tout à fait ça. On ne peut certes réduire l'oeuvre de ce peintre à ses "jardins", mais les mots "merveilleux" et "spectacle", eux, prennent tout leur sens quand on découvre l'ensemble de ses tableaux. 

L'exposition nous conduit dans un parcours qui s'appuie sur la notion d'archaïsme. Archaïsme : caractère d'une oeuvre artistique, ou d'un élément à l'intérieur d'une oeuvre, qui se rattache à une époque antérieure (Larousse). Pourtant, le hors-série Télérama titre "Le Douanier Rousseau, charmeur de son temps". Alors, Rousseau, de son temps, d'un autre temps ? Ou peut-être : hors du temps ?

C'est plutôt cette piste-là qu'il faut suivre. Tout se mêle dans ses oeuvres : un certain académisme, que l'on retrouve dans la première salle de l'exposition, nommée "Portraits-paysages", mais un académisme détourné, interprété ; une modernité dans sa recherche de simplicité des formes, visible dans ses natures mortes (salle 5) et ses tableaux d'enfants (salle 4). Rousseau, plus moderne que les modernes ? Il déclare en effet à Picasso : "Nous sommes les deux plus grands peintres de l'époque, toi dans le genre égyptien, moi dans le genre moderne." L'absolue confiance en son talent peut faire sourire (mais le Douanier était tellement controversé qu'il fallait bien que quelqu'un équilibre les critiques, fût-ce lui-même !...), mais c'est l'adjectif "moderne" qu'il faut retenir. On découvre dans l'exposition que les toiles de Rousseau ont servi d'inspiration à de nombreux artistes. Les dernières salles consacrées aux jungles nous présentent notamment la réception des surréalistes. On peut jouer au jeu des sept différences entre La Charmeuse de serpents, de Rousseau, et La rencontre du 2 bis, rue Perrel, de Victor Brauner (lire ici la petite histoire de la "rencontre" entre les deux artistes) :

Afficher l'image d'origine     LA RENCONTRE DU 2 BIS RUE PERREL

La charmeuse de serpents, Douanier Rousseau, 1907, huile soir toile, musée d'Orsay, Paris.
La rencontre du 2 bis, rue Perrel, Victor Brauner, 1946, huile sur toile, Musée d'art moderne, Paris.

Si les mots "naïf", "innocent", "archaïsme" conviennent si bien à l'oeuvre du Douanier Rousseau, c'est parce qu'il a su poser un oeil neuf sur les merveilles présentes dans tout recoin du monde et de la nature. Et l'exposition nous invite, nous aussi, à poser cet oeil neuf sur l'ensemble de ses tableaux. Ils sont tellement divers qu'on fait forcément des découvertes. J'ai pour ma part été particulièrement marquée par les tableaux d'enfants, plutôt inquiétants, qui titillent vraiment l'imagination, et les paysages quasi vides d'hommes, qui font penser à une sorte d'étape ultérieure aux décors d'Edward Hopper.

Mais j'ai évidemment passé un certain temps dans la salle des jungles, comme on passerait du temps dans un jardin, en observant les moindres détails des merveilles de la nature. (Seule petite déception : pas de Surpris!, qui a dû rester à la National Gallery de Londres.) N'oublions pas de rappeler que Rousseau n'a jamais mis les pieds dans un lieu exotique à l'étranger : toute son inspiration lui est venue de ses observations au Jardin des plantes, ou dans des albums illustrés, d'ailleurs exposés eux aussi sous vitrine. Encore une marque de "naïveté" : Rousseau vient au monde de l'exotisme par la force de l'imagination.

Suivez-donc les traces de ce peintre atypique et méconnu, dans les couloirs du Musée d'Orsay, et prolongez la rêverie dans les serres du Jardin des Plantes. Là-bas, vous verrez, c'est "comme dans les, comme dans les..."...

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Exposition Le Douanier Rousseau - L'innocence archaïque
Musée d'Orsay
Du 22 mars au 17 juillet 2016
Plein tarif : 12€ (avec collections permanentes)
Prévoir deux heures

Grandes Serres
Jardin des Plantes
Ouvert toute l'année
Plein tarif : 7€
A éviter par canicule !

Hors-série Télérama : Le Douanier Rousseau, charmeur de son temps
Mars 2016

22 avril 2016

Sur les branches de L'Arbre à lettres

L'Arbre à Lettres - Bastille

A l'occasion de la Journée de la Terre 2016, dédiée à l'arbre, laissez-moi vous présenter un lieu avec, lui aussi, plein de feuilles.

J'ai redécouvert cette librairie de la rue du faubourg Saint-Antoine lors de mon dernier passage dans la capitale. L'Arbre à lettres, c'est une boutique toute en longueur, avec deux accès : côté rue, on tombe sur les Pléiade derrière le comptoir ; côté cour, sur le secteur jeunesse dans une salle qui lui est consacrée. Le décor est posé !

Alors, même si dans mon souvenir, les lieux étaient plus grands (mais moi, j'étais plus petite... ceci expliquant certainement cela), j'y ai trouvé mon compte.

J'ai pu feuilleter le groooos livre de l'exposition "Carambolages", en ce moment au Grand Palais, dont les affiches m'intriguaient pas mal. D'ailleurs, on raconte la visite chez Bricabook. 

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J'ai découvert deux maisons d'édition mini-prix (10€ maximum), mini-format, mais maxi-authenticité.

Au milieu de la boutique, les éditions Allia, "petite maison d'édition dynamique qui publie des textes érudits, rares ou originaux dans des présentations toujours soignées à des prix serrés", avec une ligne éditoriale "qui tourne autour de la critique du fonctionnement de la société [...] et conséquemment des tentatives politiques et artistiques de créer une autre société ou façon d'exister et enfin des révoltes individuelles [...] contre un certain ordre de la société." (lu sur le site de la librairie Mollat, de Bordeaux) Au hasard, on peut y trouver le Sarrasine de Balzac, un recueil de textes dadaïstes sous la plume d'Aragon, Man Ray et Benjamin Péret, ou encore le texte indispensable d'Yvonne Verdier sur Le petit chaperon rouge dans la tradition orale.

 Au fond, avec les livres d'art, les éditions Marguerite Waknine. Un format et une présentation originale, avec la couverture plastifiée qui retient des liasses de feuillets blanc cassé, sans agrafes, attirent l'attention. Là aussi, le catalogue est éclectique et permet la rencontre avec des auteurs ou des titres inattendus. J'ai longuement hésité entre les textes de Huysmans, Félicien Rops suivi de Le monstre, dans la collection "Livrets d'art", un livre présenté comme "rare" regroupant des dessins d'espèces aquatiques d'un certain Louis Renard (j'aimais beaucoup les couleurs, et le mélange entre réalité et imaginaire), et j'ai finalement choisi Les Songes drolatiques de Pantagruel : des gravures faussement attribuées à Rabelais, mais en fait créées par un certain (bis) François Desprez. Cent vingt monstres engendrés du sommeil de la raison, pour reprendre Goya, et publiés pour la première fois en 1565.

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Enfin, j'ai bavé devant moults albums pour enfants. J'ai fait la connaissance d'une amie de l'illustratrice Chiara Armellini (dont j'ignorais totalement l'existence, mais que cette rencontre fortuite m'a permis de découvrir, et c'est tant mieux !). Elle a publié des Devinettes, énigmatiques, graphiques et poétiques : ici, les Devinettes en herbe, en version originale.  

@Chiara Armellini

 

Mais c'est sur cet album que j'ai craqué : La vie nocturne des arbres, un livre "entièrement fabriqué à la main" (dixit Actes Sud Junior, son éditeur), qui nous fait découvrir l'art Gond, issu du centre de l'Inde. Produit en tirage limité, j'avais déjà constaté que je ne pouvais plus le commander chez Décitre. J'étais donc ravie de le trouver ici ! Je vous en reparlerai très vite.

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Ne manquez donc pas de pousser la porte si vous passez dans le quartier Mouffetard, ou allez faire un tour sur leur site : http://www.arbrealettres.com/

 

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11 avril 2016

Musée de l'imprimerie et de la communication graphique, Lyon

Voici un lieu très chouette pour tous ceux qui aiment l'histoire, ou les livres, ou le graphisme, ou les grosses machines en bois, parce qu'il y a un peu tout ça au 13 rue de la Poulaillerie, à Lyon.

L'Histoire, elle apparaît jusque dans le bâtiment : ses pierres, sa ravissante cour intérieure, ses jolis parquets, tout cela date du XVe siècle. L'Hôtel de la Couronne est passé de propriétaire en propriétaire, jusqu'à devenir le Musée de l'imprimerie et de la banque en 1964. Les collections liées à la banque sont supprimées dans les années 1990, et le musée se spécialise dans l'histoire de l'imprimerie, du document imprimé.

Bien sûr, c'est le livre qui est à l'honneur. De mon côté, je peux passer des heures à baver devant les nombreux ouvrages originaux, Rabelais, Marot, Virgile, leurs particularités typographiques, les ajouts manuscrits, les enluminures... Ici, la Bible polyglotte imprimée par Christophe Plantin entre 1569 et 1572, prouesse typographique mêlant différentes langues (hébreu, syriaque, grec, latin) et différents caractères d'imprimerie. Ces grandes pages valent le coût d'être vues en vrai : c'est très impressionnant.

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Rappelons que l'invention de l'imprimerie n'a pas pour autant fait disparaître totalement le livre manuscrit : les deux modes de publication ont longtemps coexisté, et les techniques utilisées pour les illustrations ont été nombreuses. C'est tout cela qu'on peut voir dans les salles du musée, mais pas seulement. En avançant dans la visite, qui s'effectue selon un parcours chronologique, on tombe sur des documents de plus en plus variés. Des curiosités, comme ce menu du dernier banquet du président Sadi-Carnot juste avant son assassinat :

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Une grande part consacrée à la presse, du XIXe siècle à nos jours :

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Et des objets que nos enfants ne reconnaîtraient déjà plus :

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Le musée propose régulièrement des expositions sur des illustrateurs, des typographes, des affichistes... Des animations existent évidemment pour les plus jeunes, qui ont beaucoup de succès, et pas qu'auprès des enfants ! En une ou deux heures de visite, tout le monde en aura pour son compte. Enfin, l'association des amis du Musée organise des conférences et des écoles d'été. Je ne saurais que trop vous recommander d'y faire un tour, en profitant des occasions de visite gratuite (nuit des Musées, journées du Patrimoine, week-end Télérama...) ou en dehors de ces périodes si vous préférez visiter dans le calme.

 

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30 mars 2016

Fête du livre jeunesse de Villeurbanne 2016 : je(u) en construction

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 @ Groupe Com6

 

Comme tous les ans, la littérature jeunesse s'invite à Villeurbanne, avec, pour cette année, ce thème énigmatique : Je(u) en construction. Ou comment briser les stéréotypes, et apprendre à se construire en tournant les pages, en pensant "pour soi" et non pour les autres. 

En pratique, ça commence même dès aujourd'hui, avec des spectacles et des rencontres cet après-midi : pour n'en citer que deux, une projection du film d'animation Jean de la lune, adaptation du conte de Tomi Ungerer, ou l'atelier "Je suis une couleur", proposé par l'illustratrice Gwen le Gac à partir de son album éponyme. (Gwen le Gac, c'est elle qui, entre autres, illustre les albums de Christophe Honoré, dont L'une belle, l'autre pas, que je vous plumerai certainement un jour). 

Mais c'est ce week-end que les choses s'emballent. Une invitée d'honneur : Claire Cantais, auteure et illustratrice. Mes invités de coeur : Susie Morgenstern, l'une des auteures phare de l'Ecole des Loisirs, dont les récits ont bercé mon enfance presque autant que Marie-Aude Murail ; et Antoine Dole, dont je vous ai déjà parlé par-ci par là (ou encore par là) (ah, et encore ici, aussi). Petit billet sur cet auteur très prochainement. 

Impossible d'être exhaustif pour présenter cette fête riche de 70 professionnels (auteurs, illustrateurs, acteurs du monde du livre), de cinq expositions, d'une dizaine de spectacles, et de curiosités alléchantes glanées au fil du programme : Les liseuses de bonne aventure (lecture offerte, en partenariat avec Emmaüs), l'Oujevipo (OUvroir de JEux VIdéos POtentiels), L'imaginographe (une machine roulante pour photographier l'instant). Repérons aussi un spectacle prometteur : Ceux qui ont dit non, textes mis en scène par des comédiens du Théâtre National Populaire, miroir à la collection spéciale créée par Actes Sud Junior. 

Vous qui venez de passer plusieurs heures à visiter tous les liens de cette présentation, prenez vite votre manteau (oh, pas besoin, il fait beau), et courez à la Maison du livre, de l'image et du son de Villeurbanne, munis de toutes les informations pratiques que vous trouverez sur le site web

On se quitte en images ? 

Teaser de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne 2016

25 mars 2016

The Moomin Shop, London

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Quoi de plus adapté, pour le retour de la petite Mu, que ce souvenir de Londres, visitée en mai dernier, et cette rencontre imprévue avec le Moomin Shop !

Située à Covent Garden, dans un marché couvert, la boutique montre fièrement sa devanture bleue, mais il faut grimper un escalier pour rejoindre l'espace vente. Bien sûr, les créatures finlandaises nous accompagnent le long de notre grimpette.

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Et en haut, bienvenue dans la Moomin Valley ! Des livres, bien sûr, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, des peluches, des figurines ; les classiques mugs, porte-clés, cartes ; et puis des accessoires de cuisine, de jolies boîtes en fer, des affiches...

Bon, moi, je craque totalement, vous vous en doutez bien. Surtout qu'en France, hormis ce pop-up store (boutique éphémère) ouverte en janvier dernier à l'Institut Finlandais, eh bien, rien du tout ; il faut se rabattre sur les boutiques en ligne pour trouver autre chose que les livres.

Petit tour du monde des Moomin Shop : clic.

Infos pratiques pour futurs touristes londoniens : Moomin Shop, Jubilee Market Hall, à Covent Garden, re-clic.