13 août 2016

Semaine de la BD, #3 : Yayoiso, ReLife

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Dernière étape dans la découverte des genres que tout le monde connaît sauf la petite Mu : les mangas. 

Pour être exacte, des mangas, j'en ai lu une série : Love Hina qui, d'après mes recherches, s'avère être un shōnen, "manga pour jeunes garçons". En effet, dans le monde du manga, la notion de cible éditoriale est prioritaire dans la classification des parutions, et s'avère très déterminée par l'opposition fille/garçon. Ce qui me laisse doublement sceptique car, pour ce qui est de Love Hina en tout cas, bien que le héros soit un jeune homme, les histoires et le cadre rappellent bon nombre de séries télé "teenagers" dont les téléspectateurs sont très souvent des téléspectatrices. 

ReLife, dans la catégorie seinen, "mangas pour jeunes hommes adultes" (de 15 à 30 ans), a ceci de particulier que c'est un manga tout en couleurs. Ceci s'explique par le fait qu'il a d'abord été publié sur téléphone et autres écrans, medium difficilement compatible avec le noir et blanc (moins lisible). Ca change, en effet, et c'est plutôt agréable, notamment pour des néophytes comme moi. L'histoire, elle, a un point de départ très actuel. Arata, un jeune homme de 27 ans (correspondant donc bien à la cible éditoriale), aimerait voir sa vie se remplir davantage, à l'instar de ses camarades, en couple et dans la vie active, mais il paye inlassablement le prix d'une erreur de parcours : sa démission d'un premier emploi au bout de trois mois, qu'on lui rappelle à chaque nouvel entretien d'embauche. Puis le récit prend un tour inattendu, voire inquiétant : un mystérieux inconnu le contacte et lui propose de le rajeunir de plusieurs années à l'aide d'une pilule spéciale, pour qu'il retourne au lycée et bénéficie ainsi d'un nouveau départ. Cet inconnu fait partie d'un institut de recherche, le fameux "ReLIFE", dont Arata ne sait rien, mais il accepte le challenge, plus ou moins contraint.

Bon. Passé ce début qui oscille entre témoignage réaliste de l'entrée pas toujours facile dans la vie adulte et thriller de science-fiction, j'ai trouvé que le rythme devenait moins trépidant et l'histoire moins palpitante. On retombe dans le côté "série teenager" dont je parlais au début, puisque le scénario tourne surtout autour de l'intégration d'Arata dans son lycée, de ses relations avec les professeurs et les élèves, de ses déboires scolaires. Il y a quelques moments un peu drôles concernant le décalage entre son âge affiché et son âge réel, mais ce n'est pas à se rouler par terre non plus. Même si Arata est attachant avec son côté râleur, j'aurais préféré en savoir plus sur la société ReLIFE et les conséquences de la pilule qui rajeunit. Il faudra lire la suite, me direz-vous : eh bien, justement,, il y a encore quatre volumes prévus, et le prochain sort mardi prochain, le 16 août !

Bilan de ma semaine découverte en BD : je ne suis décidément pas une adepte des genres assez codés et restrictifs du manga et du comic. Je reste bien plus amatrice des romans graphiques, autobiographiques ou non, avec un graphisme accessible et des dialogues travaillés. Cependant, je reconnais que les histoires d'Arata et de Khamala Khan ont un aspect original, et je suppose qu'elles peuvent s'avérer addictives au fur et à mesure des volumes.

 

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10 août 2016

Semaine de la BD, #2 : Ms. Marvel

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D'un Fauve à l'autre (voir l'article sur L'arabe du futur), d'un genre à l'autre, la petite Mu plonge à présent dans l'univers des comics et des histoires de superhéros. 

J'étais tombée une première fois sur une référence à cette nouvelle série de chez Marvel ; considérant, justement, que ce n'était pas mon domaine de prédilection, je n'avais pas donné suite. Puis j'en ai entendu parler une nouvelle fois, dans un magazine professionnel, en des termes élogieux. La curiosité l'a alors emporté : une superhéroïne musulmane, à mes yeux, ce n'était pas banal ! Bon, en fait, après quelques recherches, ce n'est pas la première : dans l'univers des X-men existent en effet déjà M, depuis 1994, et Dust, depuis 2002. En outre, une série d'animation a été lancée en 2013 au Pakistan met en scène "Burka Avenger" (si, si), enseignante de jour, justicière au nom de l'éducation pour les filles de nuit. (Quelques détails à lire ici et à écouter là.)

Ms Marvel, c'est donc l'histoire de Khamala Khan, une jeune pakistaine, musulmane pratiquante, vivant aux Etats-Unis, qui écrit une fanfic sur les Avengers et qui voudrait être (pas ressembler à, vraiment être) Captain Marvel, la superhéroïne blonde qui accompagne Captain America et Ironman dans certaines de leurs aventures. Et, bim ! Un soir où elle se retrouve à une fête pour essayer d'être une ado comme les autres, et où elle boit par accident une gorgée d'alcool, un étrange brouillard se lève dans la ville, et elle se réveille face à son idole, puis, encore mieux, elle se transforme en superhéroïne ! Dans la foulée, elle sauve une de ses camarades de la noyade : ce ne sera que le début de ses aventures, évidemment. 

Au final, le premier volume de cette série prometteuse m'a laissée quelque peu sur ma faim. J'ai aimé toutes les pages où l'héroïne se pose des questions, que ce soit sur son mode de vie différent de certains de ses camarades américains, sur les limites que lui imposent ses parents et qu'elle aimerait franchir, sur sa relation avec son ami Bruno, qu'elle trouve trop protecteur avec elle mais qu'elle est quand même bien contente d'avoir à ses côtés... En revanche, dès que les superaventures se mettent en marche, ça me laisse plutôt froide. Les pouvoirs de Miss Marvel sont tellement variés qu'ils en deviennent extravagants, même pour des superpouvoirs : elle peut changer de forme, rapetisser, grandir, cicatriser ses blessures mais seulement quand elle change d'apparence... Elle trouve un méchant presque par hasard, quand le frère de Bruno se retrouve mêlé à de sales embrouilles avec un homme nommé "L'inventeur" qui a des chats électroniques dans son sous-sol. Bref, autant de choses qui peuvent certainement réjouir les fans de Marvel mais auxquelles j'aurais préféré des aventures plus réalistes. 

Ms Marvel, c'est donc bien un comic, peut-être un peu plus actuel et original que d'autres, mais j'avoue si peu m'y connaître que je ne peux même pas l'affirmer. Cette lecture confirme que ce n'est pas mon genre de prédilection ; cependant, j'avoue m'être attachée à l'héroïne et avoir envie de savoir comment elle se débrouille avec ses nouveaux pouvoirs. Ca tombe bien, il y a un tome 2 : "Génération Y". Et certainement une ribambelle de suites qui s'annoncent. 

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08 août 2016

Semaine de la BD, #1 : Riad Sattouf, L'arabe du futur

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Pour cette semaine de la BD chez la petite Mu, le principe sera le suivant : découvrir des auteurs, des séries ou des genres que la petite Mu est la dernière - ou presque - à découvrir. 

En effet, les deux premiers tomes de l'autobiographie dessinée et racontée par Riad Sattouf ne datent pas d'aujourd'hui : le premier tome, paru en 2014, a remporté le Fauve d'or au festival d'Angoulême de 2015, et le deuxième tome est sorti dans la foulée en juin 2015. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire : à défaut, donc, de vous apprendre qui est cet auteur et de quoi parle cette bande dessinée, je me contenterai de vous livrer mes impressions sur un phénomène déjà connu. 

Je suis plutôt bonne cliente pour les autobiographies en bande dessinée. Qu'elles s'inscrivent dans un cadre historique, comme Persepolis, Couleur de peau : miel, Deuxième génération, ou pas du tout, comme Fraise et chocolatj'aime lire des récits de vie, voir le regard qu'un auteur porte sur lui-même, et, qui plus est en BD, un regard au sens propre : comment cet auteur illustrateur voit-il son propre corps, comment se le représente-t-il dans l'espace et le temps ? Je partais donc assez convaincue d'avance, avec, en outre, l'envie d'en apprendre davantage sur l'histoire du Moyen Orient, vue de l'intérieur. 

Je suis sortie de ma lecture un peu noyée sous le flot d'informations. C'est, parfois, je trouve, l'écueil de ces autobiographies dessinées. Le genre de la BD appelle la vivacité, exige de ramasser des morceaux entiers en une case efficace, tant par le dessin que par le texte. Dans une bonne BD, l'histoire se joue presque autant entre les cases que dans ce qui est dessiné. Or, quand on entre dans un univers qu'on ne connaît pas, ou mal, il est difficile de lire entre les lignes. J'ai eu parfois l'impression de passer à côté de faits qui devaient être évidents à Riad, enfant et adulte. Cependant, là où le pari est gagné, c'est que cette lecture donne envie d'aller chercher des précisions ou des compléments sur les faits historiques ou sociologiques abordés dans cette BD. 

De même, la BD n'étant pas spontanément un genre se prêtant aux développements ou à l'analyse, Saatouf prend le parti, justement, de ne jamais prendre parti. Les comportements de ses parents - le père et son admiration aveugle du "socialisme arabe", la mère et ses quelques coups de colère comme des coups d'épée dans l'eau - sont déstabilisants, et parfois clairement choquants. Mais aucun jugement de valeur n'est proféré par le narrateur. Dans le deuxième tome, le petit Riad qui grandit se laisse aller à exprimer davantage d'émotions : une "incroyable envie de pleurer" quand son père l'emmène chasser les moineaux, une peur bleue de l'école syrienne et de sa terrible maîtresse. Certainement que le choix d'une certaine distance vient d'une volonté de réalisme : il est toujours difficile pour un enfant - à la fin du tome 2, Riad n'a jamais que sept ans - de mettre des mots sur ses sentiments. En cela, la narration est très naturelle, car elle restitue par images des scènes que l'enfant a mémorisées, sans pour autant les avoir analysées. Finalement, il en est de même dans Persepolis, où Marjane Satrapi cherche bien à montrer à quel point il est difficile de poser un regard critique sur des lieux, des gens, des habitudes qui ont rythmé son enfance. 

Peut-être que le tome 3 (à paraître le 6 octobre) introduira peu à peu un regard plus critique ? A moins que ce parti pris de distance soit maintenu tout au long des cinq tomes annoncés ? Je reste en tout cas quelque peu sur ma faim, et j'aurai certainement besoin de relectures pour apprécier davantage cet énorme succès de la bande dessinée. 

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22 avril 2016

Dupuy-Berbérian : Le journal d'Henriette

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Oui, Henriette, ce n'est pas nouveau, et même que je l'ai connue à ses débuts, dans Je Bouquine, nanère. Enfin, ses débuts... c'est ce que je croyais, jusqu'à ce que j'emprunte hier ce que je pensais être le tome 3 des aventures que je connaissais, après Une envie de trop et Un temps de chien.

Dans ces deux premiers volumes, je retrouve avec plaisir les trois copines écervelées, le groupe Etalaaaaaaage qui danse en se grattant le dos, le chien Chirou, diminutif du Chiroubistan, pays en guerre, "parce qu'on ne peut pas sauver un pays mais on peut adopter un chien". Un peu trop de pages avec Fatman, le supergros héros et son entraînement à base de hamburgers, pages dont j'aime un peu moins le graphisme et dont les aventures tournent un peu en rond. Et puis, bien sûr, Henriette, ses lunettes, ses couettes, son pull bleu et son journal. Beaucoup de réflexions autour de la force de l'imagination, de l'espoir et du rêve, qui apporte un contrepoint optimiste aux nombreuses problématiques de l'adolescence vécues à travers Henriette : les complexes physiques, la peur de la solitude, les relations avec les parents (qui sont gratinés, il faut bien le dire)...

J'ouvre donc le troisième volume, et là, au secours ! Qu'est-ce que c'est que ce graphisme que je ne reconnais pas du tout ? Ces histoires dont je n'ai jamais entendu parler et qui ne s'enchaînent pas du tout avec les précédentes ? C'est en refermant l'album que j'ai la solution, en quatrième de couverture : en fait, il y a eu deux séries. Une première, dénommée Le journal d'Henriette, publiée d'abord dans Fluide Glacial entre 1985 et 1990, puis une nouvelle en 1996 qui reprend de zéro, dans Je bouquine, et qui est celle que je connaissais. Ouf, je retrouve mes marques !

Un petit mot, alors, sur la première Henriette, puisque je la découvre seulement. Dans l'album que j'ai lu, les planches sont en couleur, mais dans le magazine, elles étaient d'abord en noir et blanc. En outre, comme je le disais, les dessins sont différents. On retrouve bien sûr les visages des personnages, mais immédiatement, on voit que les traits sont plus durs. Le père, plutôt ridicule dans la deuxième série , est ici presque inquiétant ; Henriette, elle, est plus froide. Le ton général est plus violent, c'est du moins l'impression que j'ai eue.  En passant chez Je bouquine, les traits deviennent plus ronds, les couleurs plus franches, les personnages plus stéréotypés. Mais les dialogues ont gagné en efficacité. Dans la première série, je les trouve trop développés, trop explicites. Ceux de la deuxième permettent davantage au lecteur de lire entre les lignes, et l'humour en est plus percutant.

Petite étude d'une planche de la série initiale, sur CitéBD : clic.

Bref, on voit bien que le public visé n'est pas tout à fait le même. Je garde personnellement une nette préférence pour la série que j'ai découverte enfant, qui garde un pouvoir plus universel.

Neo-défi lecture 2016 : Un livre avec un personnage qui porte l'un de vos prénoms. (Là, la petite Mu vous dévoile une sacrée partie de son intimité...)

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08 novembre 2013

Raphaële Moussafir : Du vent dans mes mollets

Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un phénomène météorologique en bande dessinée

Coup de coeur pour cette BD que je n'aurai jamais lue sans le challenge !!

Déjà, j'ai beaucoup aimé la forme : un peu BD, un peu roman graphique, un peu livre illustré... 

Des dessins à mi-chemin entre caricatures, collages, pastels, une calligraphie précise et soignée : c'est ce que j'aime lire et voir en BD. 

Quant au contenu, il est d'une richesse que je n'aurais pas devinée. A la médiathèque, j'ai trouvé cet album au rayon BD jeunesse : après lecture, je pense qu'il s'adresse plutôt aux grands. C'est l'histoire de la petite Rachel qui, depuis quelques semaines, dort tout habillée, avec son cartable sur le dos, et qu'on envoie donc chez une pédopsychiatre pas forcément très avenante. Le récit est découpé selon les séances chez cette pédopsy ; par conséquent, comme dans toute thérapie, on part un peu dans tous les sens, tous les thèmes sont traités, des relations avec les parents à l'amitié, de la sexualité à la nourriture... L'humour est incisif car la petite Rachel ne mâche pas ses mots. Mais l'histoire n'est pas que drôle. La fin est scotchante, et je ne m'y attendais pas du tout : effet garanti, je ne pouvais plus me détacher des dernières pages, qui sont quasi parfaites du point de vue de la cohésion entre contenu et visuel. 

Je ne peux que vous recommander vivement la lecture de cette bande dessinée (assez courte). J'ai aussi découvert qu'il y avait un film : je suis sceptique, car vus la brièveté de l'histoire et son caractère fragmentaire, je ne vois pas trop comment en tirer un long métrage intéressant. Mais le film est actuellement disponible sur Canal à la demande, il y a de bons acteurs (Denis Podalydès, Agnès Jaoui), je pense donc le visionner d'ici peu - et je vous ferai bien entendu un petit article. A plus tard, donc ! 

 

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31 octobre 2013

Lang-Poinsot : Le donjon de Naheulbeuk

Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un lieu (imaginaire, certes) en bande dessinée

Amis lecteurs, si vous n'avez encore jamais entendu parler du Donjon de Naheulbeuk, sachez que c'est un énorme manque dans votre culture et qu'il va falloir y remédier au plus vite. 

Mais keskecé ? A l'origine, Le Donjon..., c'est une saga audio, diffusée gratuitement sur Internet, consistant en des micro-épisodes racontés à la manière des Deux minutes du peuple de François Pérusse (on retrouve le procédé d'accélération des voix, qui rend les dialogues tout simplement irrésistibles). Cette saga hilarante fait la parodie de l'univers fantasy qu'on retrouve dans Le seigneur des anneaux, par exemple, mais aussi dans de nombreux jeux vidéo. Comme ce feuilleton audio a rapidement connu du succès et a créé une communauté de fans, la similitude (en même temps que l'aspect parodique) avec les jeux vidéo est d'autant plus flagrante. 

Le principe, donc, c'est de prendre les personnages-types de la fantasy (un chevalier, un nain, une elfe, un voleur, une magicienne, un ogre et un barbare) et de leur faire vivre les aventures les plus abracadabrantesques - et stupides - possibles. Tous les gags sont permis, mais l'humour réside essentiellement dans les dialogues, du tac au tac : rappelons qu'il s'agit uniquement d'épisodes audio, à l'origine. 

Le succès ayant été grand, donc, cette saga a été mise sur papier, et transformée en bandes dessinées (et, apparemment, en romans). Alors, certes, on y perd : les dialogues n'ont pas tout à fait la même saveur. Je conseille donc d'écouter d'abord les épisodes sur Internet, car c'est ensuite un véritable bonheur de les retrouver sur planches de BD : on "entend" les dialogues, que l'on a gardés dans l'oreille, en les relisant, et, en plus, on a les images !

Par ailleurs, je pense que le principe peut plaire à tout le monde : à la fois les aficionados de jeux vidéo ou jeux de rôle (dotés, tout de même, d'un certain sens du second degré, évidemment) comme à ceux comme moi, qui n'y connaissent rien (ou pas grand-chose), mais qui aiment rigoler un bon coup. 

A savoir qu'il y a plusieurs "saisons" publiées en bande dessinée, elles-mêmes composées de plusieurs épisodes, mais qu'il existe de nombreux produits dérivés, CDs avec chansons, romans, donc, et bien d'autres choses encore ; sans oublier les épisodes audio d'origine, que l'on peut encore télécharger. Tout cela est à découvrir sur le site officiel, un peu fastidieux à explorer, mais qui recèle certainement de nombreuses surprises. 

Bonne lecture (ou bonne écoute) ! 

 

 

 

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Masbou-Ayroles : De cape et de crocs

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Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un objet en bande dessinée

Le challenge me donne l'occasion de plumer sur cette série dont je possède les sept premiers albums. Série ô combien louée tant par les amateurs de bande dessinée que par les "lecteurs littéraires", mais dans laquelle j'ai décidément beaucoup de mal à entrer. 

Je dois dire que je suis assez allergique au roman d'aventures, et, encore plus, à la BD d'aventures. Trop de péripéties m'ennuient tout autant que trop de descriptions pour nos jeunes lecteurs. Et, dans une BD, la difficulté est double, pour moi : à la profusion d'action racontée s'ajoute la profusion de dessins. J'ai clairement du mal à suivre et, très vite, je m'ennuie. 

Voici donc une série que j'aimerais adorer, mais que je n'arrive pas à trouver vraiment au-dessus de la moyenne. Bien entendu, j'en salue l'originalité, j'en apprécie les innombrables clins d'oeil à la littérature, je souris de temps à autre aux traits d'humour disséminés entre les rebondissement (j'ai un gros faible pour le personnage d'Eusèbe, cet anti-héros de race lapine, aux élans de bravoure très savoureux), mais, rien n'y fait, je n'arrive pas à rester captivée longtemps. Je n'ai pour l'instant toujours pas réussi à finir les sept tomes, et je dois à chaque fois recommencer du début. 

J'avais en revanche adoré cette bande annonce réalisée (je crois ?) par l'éditeur :

De Cape et de Crocs - Bande Annonce

Voir la vidéo en meilleure qualité :
http://www.editions-delcourt.fr/videos/BA_Decapeetdecrocs_medium.html" />

Voilà, n'hésitez pas, si vous êtes fans de cette oeuvre ambitieuse, à me donner des arguments, car, vraiment, je suis déçue d'avoir été déçue, et je ne demande qu'à l'aimer ! 

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30 octobre 2013

Yvan Pommaux : Le temps des loups (série Angelot du Lac)

  

Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un animal en bande dessinée

Un petit peu de nostalgie avec cette trilogie d'Yvan Pommaux, que j'ai toujours trouvée (et que je trouverai toujours) très réussie.

Yvan Pommaux, c'est le dessinateur et scénariste des Marion Duval, la BD fétiche des éditions Bayard Jeunesse, publiée dans Astrapi. Des enquêtes avec une jeune héroïne, évidemment propices à l'identification des jeunes lecteurs, mais qui présentaient déjà des aspects originaux, comme le fait d'aller explorer du côté de la littérature et des grands mythes, avec notamment les tomes 2 et 3, "L'enlèvement d'Elisa Beauchant" et "Attaque à Ithaque", qui brodaient autour de l'histoire d'Ulysse et de la guerre de Troie. J'ai par ailleurs toujours été fan du coup de crayon d'Yvan Pommaux, très carré, très précis, que j'adorais essayer de reproduire. 

Angelot du Lac, je l'ai découvert aussi dans Astrapi : j'ai suivi avec assiduité les épisodes du premier tome, "Le temps des loups", car j'ai immédiatement accroché à l'histoire, aux personnages, à l'atmosphère. J'ai dû avoir un "trou" dans mes achats ou emprunts du magazine, car j'ai raté le deuxième volume, "Le secret de la caravane". J'ai raccroché au troisième, "Les frères vengeurs". Du coup, est-ce par nostalgie de ces lectures enfantines, j'ai gardé un goût particulier pour les premier et troisième tomes, et trouve le second un peu en deçà. 

L'histoire se passe dans le Moyen Âge sombre, celui des meurtres de bandits, de la mendicité, des maladies épidémiques, des accusations de sorcellerie, des guerres de religion, et des loups. Je sais que les médiévistes militent pour une autre image de cette époque de l'histoire de France, mais on ne peut pour autant la nier, et je trouve qu'Yvan Pommaux a parfaitement su la raconter et la mettre en images, dans un ton à la fois très juste pour le jeune lectorat, mais aussi pour les plus grands. L'histoire, elle, est évidemment taillée pour plaire aux enfants : un jeune garçon est trouvé au bord d'un lac par une bande d'orphelins plus âgés, qui vivent de jonglerie, de chasse et de menus larcins. Angelot du Lac, tel qu'on décide de le nommer, est élevé par eux, mais en sera souvent séparé, tout au long de la série, pris dans de multiples aventures aux nombreux rebondissements. 

Dans le premier tome (que j'ai choisi pour ce post, parce que le titre allait bien dans mon challenge...), j'ai surtout aimé la création d'une ambiance, l'aspect quasi documentaire de certaines planches, et puis, je dois le dire, je me suis attachée aux personnages. J'ai peut-être une légère préférence, cependant, pour le dernier volume, qui met en avant l'univers du théâtre médiéval ; en effet, Angelot et sa nouvelle amie Agnès font la rencontre de "maître Songe-Creux", un dramaturge qui cherche à créer sa troupe de théâtre. Toujours dans le respect de l'Histoire, cet album montre la difficulté pour les gens du théâtre d'exercer leur activité à cette époque, et ce pour des raisons très matérielles : manque d'argent, mais aussi attaques de brigands, voire de troupes armées. Le souci du détail a été poussé jusqu'à faire jouer à Angelot et Agnès des extraits d'une véritable pièce médiévale, Le jeu de Robin et Marion, d'Adam de la Halle. Souvenir pour les agrégatifs 2009 ! J'avais d'ailleurs été ravie, en parcourant les premières pages de la pièce, de reconnaître des répliques que j'avais lues et relues étant petite, sans me douter qu'elles faisaient partie du patrimoine littéraire. 

Je recommande vivement ces trois albums aux enfants avides d'aventures bien racontées, aux adultes férus de Moyen Âge (je ne suis pas spécialiste, mais je pense vraiment que cette oeuvre ne leur déplairait pas), et puis aux enseignants (en primaire, en 5e pour les professeurs de français et d'histoire-géographie) qui souhaiteraient faire découvrir cette période aux élèves. 

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27 octobre 2013

Morvan-Delestret : L'Homme qui rit / Felipe : L'Homme qui rit

 

  

Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un sentiment en bande dessinée

Je viens de recevoir et, donc, de lire les deux derniers tomes de cette série, voici donc l'occasion de plumer sur cette oeuvre découverte il y a plusieurs années déjà. 

Resituons : j'étais encore étudiante, et j'envisageais de travailler à un mémoire sur ce roman méconnu, et pourtant ô combien passionnant, de notre Hugo national, à savoir, donc, L'Homme qui rit. Un récit foisonnant comme Hugo sait si bien en faire. Jugez-en vous-mêmes :

Le héros en est Gwynplaine, un jeune enfant vendu aux comprachicos qui, par une affreuse mutilation de la bouche, en ont fait à jamais un "homme qui rit". Sauvés in extremis d'un naufrage par ces comprachicos repentis, il doit désormais s'en sortir seul. Sur sa route, il croise un cadavre de femme raidi par la mort et la neige, et, sur son sein, une toute petite fille, encore un bébé, qu'il décide de sauver. Ils arrivent tous deux chez Ursus, un vieux philosophe saltimbanque aux mille tours, et son chien Homo (tout un programme, déjà dans les noms...), qui les adopte presque aussitôt, et baptise le bébé Dea. Bientôt, les deux hommes se rendent compte que Dea est aveugle. Seule condition pour qu'elle tombe éperdument amoureuse de Gwynplaine, ce monstre qu'elle ne voit pas. 
La petite troupe gagne sa vie en improvisant un théâtre ambulant, qui bat son plein : les gens viennent voir l'Homme qui rit, peut-être plus que la pièce en elle-même. Jusqu'au jour où tout bascule : Gwynplaine est capturé, emmené dans un château, où l'on lui apprend qu'il est lord Clancharlie, pair d'Angleterre. C'est le bouffon devenu seigneur. Il est mis au pied du mur et doit choisir entre son ancienne et sa nouvelle vie. A moins qu'il n'arrive à trouver le moyen de se servir de la seconde pour servir la première... 

Il y a, tout à la fois, des Misérables, du Ruy Blas, du Notre-Dame, dans cette histoire qui mêle amour, politique, aventure. Et c'est mon roman préféré : je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. A ceux qui voudraient le découvrir mais que les trop longues envolées hugoliennes - dont je suis peu friande, d'ailleurs, c'est bien pour ça que je préfère de loin son théâtre - inquiètent, je conseille sans honte l'édition abrégée de chez L'Ecole des Loisirs. Il s'agit en effet du véritable texte, seulement amputé de certains passages. Les puristes peuvent hurler au scandale, il n'empêche que je trouve que c'est une manière agréable de faire connaissance avec le texte ; libre au lecteur, ensuite, de se tourner vers l'édition intégrale (que je recommande, cette fois-ci, chez Le livre de poche, collection "Les classiques de Poche". Plus confortable pour la lecture que l'édition GF, par exemple, elle est très correctement commentée et annotée par Myriam Roman, enseignante à la Sorbonne, membre du "Groupe Hugo", avec la collaboration de Delphine Gleizes, qui, elle, est de Lyon II  - et que j'ai eu l'honneur de fréquenter de temps en temps. 

Bref. Revenons à nos moutons, à savoir, la BD. Si je l'ai découverte, c'est parce que, dans mon projet de mémoire, je comptais m'intéresser aux différentes adaptations visuelles du roman. Je pensais tout d'abord aux films, voire aux mises en scène, mais je suis tombée à ce moment-là sur cette bande dessinée, dont le deuxième tome venait tout juste de sortir. 

Et, si je salue l'idée et l'effort pour adapter un roman à la fois méconnu et complexe, je ne suis pas fan du résultat. Déjà parce que je n'adhère pas au graphisme. C'est très "bande dessinée d'aventure", avec de nombreux gros plans, des cases asymétriques, sans doute pour donner du mouvement et du rythme. Sur moi, le seul effet, c'est que ça m'embrouille et que je m'ennuie très vite. J'apprécie la bande dessinée mais je me rends compte que je reste très classique, et que je mets en premier critère celui de la lisibilité. Mais d'autres lecteurs de BD apprécieront sans doute justement ce que je n'aime guère. Pour ce qui est du texte, il reste assez fidèle à celui de Hugo... peut-être trop, d'ailleurs : ce qui passe bien en roman peut être rapidement indigeste en BD... 

Donc, je n'ai pas été spécialement convaincue. 

J'ai préféré cette adaptation-là, en un seul volume, du dessinateur et scénariste Fernando De Felipe : 

Le dessin est moins précis, les couleurs se fondent entre elles, le tout baigne dans une lumière bleutée, celle de la nuit, et l'ensemble se rapproche plus, à mon sens, du monde assez mystérieux et onirique proposé par Hugo. Les pages de présentation des "chapitres" (librement inspirés des nombreuses parties du roman) s'inspirent de l'univers médiéval et des cartes de tarot : encore une fois, cela me semble tout à fait en accord avec le projet hugolien. Par ailleurs, l'obligation de raconter l'histoire en un seul volume a conduit à trancher dans le texte, ce qui en fait quelque chose de plus digeste, malgré les ellipses qui nécessitent tout de même une lecture attentive et un lecteur concentré. 

Je regrette donc quelque peu l'achat de ces quatre tomes de la série de Jean-David Morvan et Nicolas Delestret, surtout au prix des bandes dessinées... Définitivement, je me dis qu'il vaut mieux que je passe d'abord par la case "emprunt"... encore faut-il que les ouvrages en question soient disponibles dans ma médiathèque ! 

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06 octobre 2013

Michel Kichka : Deuxième génération

Challenge Petit Bac 2013 : 1ère grille! : un chiffre dans la catégorie bande dessinée


Difficile de plumer une lecture qui remonte déjà à quelques mois... 

Un mot d'abord sur mes attentes, lorsque j'ai emprunté cet album : une histoire sur fond d'événements historiques (ici, en l'occurrence, la Shoah), dessinée en noir et blanc et mêlant le dramatique à l'humoristique, je m'attendais plus ou moins à quelque chose dans l'esprit de Persepolis

Bon... n'est pas Marjane Satrapi qui veut. En même temps, l'objectif n'est peut-être pas tout à fait le même, les styles sont uniques, etc, etc. 

J'ai traversé sans déplaisir les récits de vie croisés de l'auteur, Michel Kichka, et de son père, ancien déporté qui a passé une bonne partie de sa vie à éviter d'aborder avec précision les  années noires passées dans les camps, avant d'en faire au contraire sa principale activité (en intervenant auprès d'écoliers, par exemple, pour témoigner). Autobiographie, donc, sous forme d'hommage au père - cette oeuvre aurait toute sa place dans le chapitre que je mène actuellement avec mes troisièmes sur "Les figures marquantes de l'enfance". Toute la réflexion sur les origines, la famille... m'ont aussi rappelé - dans une certaine mesure - l'album Couleur de peau : miel plumé cette année. 

Michel Kichka s'est attaché à montrer les contradictions intérieures de son père, et les sentiments forcément contradictoires que lui-même a pu éprouver. Cela donne une série de scènes de vie passant parfois un peu du coq à l'âne : c'est l'une des choses qui m'ont le plus gênée. J'ai du mal avec les bandes dessinées qui ne déroulent pas clairement un récit (ce récit pouvant bien entendu se nourrir d'ellipses, de flash-backs...). Des dessins en rondeur, de l'autodérision permettent de désamorcer tout ce que le sujet pourrait avoir de pesant. Mais, à l'arrivée, je trouve le résultat imparfait. Cela manque de caractère, d'une véritable personnalité, tant esthétique que littéraire, comme Persepolis avait su montrer. 

Une lecture pas désagréable, donc, mais pas inoubliable. 

(Cette interview de l'auteur, sur le site ActuaBD, m'a davantage appris sur les motivations de Michel Kichka, ainsi que le monde de la BD en Israël - en revanche, il faut faire abstraction de la présentation déplorable du site, qui fait très mal aux yeux, je trouve...)

 

Posté par lapetitemu à 14:31 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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